TITRE II. — DES LIVRES DE COMMERCE
No 4 , MODELE de livre-journal. Art. 8, p. 9.
{Le modèle qui va suivre est celui d'un journal en parties doubles qui remplit également le vœu de la loi, et qui sert à établir le grand livre. Pour entendre ce journal, il faut bien se pénétrer de l'idée que le commerce a cinq objets principaux qui lui servent continuellement de moyens d'échange , et qui deviennent chacun la matière d'un compte, savoir : \o le compte des marchandises , qu'on débite de toutes celles qu'on achète, et crédite de toutes celles que l'on vend (débiter une personne ou un compte, c'est écrire que cette personne ou ce compte doit; créditer une personne ou un compte , c'est écrire qu'on doit à cette personne ou a ce compte); 2o le compte de caisse qui doit être débité de tout l'argent qu'on reçoit, et crédité de tout forgent qu'on donne; 3o te compte de billets a recevoir, qui doit être débité de tous les billets de ce lie espèce que l'on reçoit, et crédité lorsqu'on les donne en paiement oi/ par néaociation, ou après en avoir reçu la valeur à leur échéance ; 4o le compte de billets a PATER, qui doit êlrecréditéde tous les billets que l'on souscrit et donne en paiement^ et débité lorsqu'on les reçoit, après en avoir payé le montant à leur échéance, ou dans quelque autre cas que ce soit ; 5o le compte de profits et pertes, qui doit être débité de toutes les pertes que l'on éprouve, et crédité de tous les bénéfices que l'on fait ; car, en comptabilité, un négociant est censé recevoir ou avoir reçu les sommes que ses pertes absorbent et fournir , ou avoir fourni celles que les bénéfices produisent. En ouvrant ainsi, en outre du compte qu'il ouvre à chaque personne avec laquelle il fait des affaires à terme, cinq comptes pour lui-même, dans lesquels il classe séparément chaque nature d'effets qu'il est susceptible de recevoir et de fournir, ainsi que ses profits et pertes, le négociant peut voir, parte compte DE marchandises, le montant de toutes les marchandises qu'il a reçues et fournies; par le compte de caisse, le montant de/'argentqu'ila reçu et fourni; parle compte des billets a recevoir, la totalité des billets de cette espèce qu'il a reçus et donnés / par le compte des billets a païer , la totalité des billets qu'il a faits en paiement, et de ceux qu'il a retirés; et enfin, par le compte des profits et pertes , les perles et dépenses qu'il a faites, et ses bénéfices et revenus. Pour rédiger les divers articles sur le journal, on écrit en caractères demi-gros, en commençant chaque article , que tel individu ou tel compte doit à tel individu ou à tel compte. On l'exprime ainsi: Pavl doit à Caisse, e/c.^ ou habchandises doit àPiER^u pour telle raison, etc. Cest cetteopération qu'on nomme débiter celui qui doit , et créditer en même temps l'individu ou le compte qui est créan- . cier; car, d'après la définition que nous avons donnée des mots débiter et créditer, lorsqu'on écrit, Paul doit à Caisse, c'est évidemment débiter Paul et créditer le compte de Caisse. Ces notions nous semblent snffisantespour comprendre le journal qui va suivre.
LIVRES DE COMMERCE. — Art.
Modèle du Journal,
-Du 1er ivril J8S6.-
PAUL de Roueo, k CAISSE, fr. 4 000.
Pour paiement de 8oo maDdtl ordre Martin.
Dudit.
CAISSE k PAUL de Rouen , fr. 4,020.
Pour SA r«nai!tM «l'on* *>-aiio «•■. V:...__i
»• remise d'une traite sur Vincent de Paria, ^hue co iour. . .
Du 2 id.
PAUL de Rouen, \ PROFITS et PERTES.
fr.20. '
Pour droit de commission de demi pour cent,
pour paiement de son mandat 4,000 fr.
Dn 3 id.
(1) EFFETS A NÉGOC. \ PHILIPPE de La
Rochelle, fr. 1,990.
Pour sa remise sur Ljron, de 2,000 fr. prise k
demi pour cent de perte, don( il lui est donné
compte
Du 4 id
PIERRE de Ljon, k EFFETS^ NÉGOCIER.
fr. 2,000.
Pour ma remise sur Ljon, k Tue an pair. . . .
Du6id.
PHILIPPE de La Roelielle, ^ EFFETS ^
PAYER, fr. 1,990.
Pour son mandat, ordre François, au 6 avril.
Dudit.
EFFETS ^ NEGOCIER ^ PROFITS et PERTES, fr. 10.
Pour bénéfice de demi' pour cent sur la traite sur Ljon, 2,000 fr., remise V Pierre au pair. " Dn S id.
MARCHANDISES GENERALES k CAISSE, fr. 1,590. I
Pour acLat d'un suron de cochenille pesant 60^ Ht., Il 25 f. la liv fr. 1,500,
Frais de transport par mer jusqu'il ' Rouen, et d« 1^ ^ Paris, et commission 90
DulSid.
fr.
ETIENNE de Reims, ^ MARCHANDISES
GENERALES, fr. 1,800.
Pour envoi d'un suron de cochenilli
> livres, ^ 30 fr. la liv.
Du 16 id.
Ile pesant
MARCHANDISES GENERALES li PROFITS
etPERTES, fr.210.
Pour bénéfice sur la vente d'un suron de
cochenille pesant 60 liv
Dudit.
EFFETS îi PAYER îi CAISSE, fr. 1,990.
Pour paiement du mandat, Philippe, ordre
François . .
Du 17 id.
CAISSE îi CAPITAL^ fr. 20,000.
Pour espèces en Caisse ce jour. . ,
(1) D'apris les notions préliminaires, il est clair qu'il faut sous- «ntendre que c'est COMPTE d'efièts \ négocier, ou compte de Paul qui doit ^ tel COMPTE.
Nota. Comme le Journal doit dire sans aucun blanc ni ratures les négocianU et marchands se servent ordinairement d'un MEMO- RIAL ou BROUILLARD, sur leauel ils inscrivent sur-le-champ les divers arUcles de recette et dt dépense, qu'ils remettent ensuite au net sur le Journal .
No 5, MODELE du livre de copies de lettres Art. 8, p. 10. '
SALMON , de Chartres.
ÉTIEÎWE, de Bordeaux.
SIMON, de Tours.
Du 1er mai 1836.
J*ai reçu, monsieur, leSSavrilderoier yolre lettre contenant...., dont je vous ai crédité.
Je TOUS salue, etc.
Du 3 dudit.
Je vous expédie, monsieur^ conformément à votre demande du.... , avec facture, montant à....^ dont je vous ai débité,.elc.
Du 3 dudit.
J'ai tiré sur vous, monsieur, pour le 5 du présent, une traite de...., etc.
«, 8, 9, II, 12, p. 7, 9, 10, II. ^ 3
No 6, MODÈLE d'inventaire. Art. 9, p. 10.
(Cet inventaire se divise en deux parties .• la première comprend f actif y et la deuxième le passif : chacune de ces deux parties se subdivise ensuite en chapitt^s pl{ts ou moins considérables , scion les divers objets à constater.)
IifTENTAiRE cÉMÉHAL dc mcs cffets mobUicrs et immobiUerSj etdemes dettes w^ives et passives, dressé en exécution de l'art, 9^ c. comm., clos et fitTêté le 31 déc, 1830.
PBBMIÈEB PARTIE. — ACTIF.