‹ Les collectionneurs de l'ancienne RomeChapitre 13 sur 74 · Voir page 1 to · texte numérisé non relu

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2. Les riches avaient un triclinium (salle à manger) pour chaque saison. On connaît l’histoire de Lucullus et de ses nombreuses salles à manger.

3 . Malte seule avait fourni des lits pour cinquante tables, et chaque table comportait au moins trois convives.

aiguière d'une seule pierre fine entièrement creusée à la main avec son anse en or ciselé, autre dépouille du malheureux Antiochus; partout des vases, des plats énormes, des coupes, des aiguières, des brûleparfums ; le tout en or et en argent.

L’orfèvrerie, l’argenterie ciselée! c’est peut-être là que la passion arrache à Verrès ses plus grandes extravagances.

Non content d’avoir confisqué la vaisselle entière d’un grand nombre de citoyens opulents, il s’avise d’un expédient plus simple. L’orfèvrerie sicilienne passait pour la première du monde; il n’y avait pas de maison un peu aisée qui n’en possédât quelque échantillon précieux, soit pour les cérémonies religieuses, soit pour l’ornement de la table. Verrès vient-il à passer par une ville, aussitôt il fait venir un des .principaux personnages et lui donne l’ordre de faire apporter tout ce qui s’y trouve de pièces ciselées. Il examine chaque morceau un à un , choisit les meilleurs, en détache les ornements*, et rend le reste en faisant offrir une indemnité aux habitants. Souvent il faisait encore pis : à la table même des riches Siciliens qui l’invitaient à dîner, et sous les yeux des convives, il détachait les reliefs des plus belles pièces et les emportait avec lui.

Quand il eut réuni tous ces ornements détachés, Verrès ouvrit en plein Syracuse, dans le palais des rois, un vaste atelier. Les orfèvres et ciseleurs

i . Voir plus loin, page 86.

siciliens eurent ordre de s’y rendre, et pendant huit mois entiers, ces reliefs furent réappliqués sur des vases et des coupes d’or avec une précision et un goût admirables. Verrès lui-même, le connaisseur raffiné, le dilettante, comme on l’a appelé 1 2 , dirigeait le travail de chaque ouvrier; tout se faisait sous ses yeux. Il passait la meilleure partie du jour, assis dans ses ateliers, en négligé, c’est-à-dire sans toge et en manteau grec! dit Cicéron, qui se serait cru déshonoré de s’habiller à la mode de ces petits Grecs.

Aussi Verrès passait à juste titre pour le premier connaisseur de Rome en argenterie. Le matin même de son procès, au moment où le plus redoutable orateur du temps allait plaider contre lui et conclure à une restitution énorme *, il allait voir quelques pièces rares d’argenterie chez son ami Sisenna. Il s’approchait des dressoirs étincelants, prenait délicatement chaque objet, l’examinait d’un œil passionné. Cependant les esclaves du maître ne le perdaient pas de vue et épiaient chacun de ses mouvements.

La vie d’un homme n’aurait pas suffi pour réunir une quantité pareille d'objets d’art; aussi Verrès, qui s’y connaissait, avait choisi pour l’aider dans ses recherches deux artistes excellents, deux

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