‹ Les collectionneurs de l'ancienne RomeChapitre 26 sur 74 · Cicéron, 2* Phil., 26 ; Velleius Paterculus, II · texte numérisé non relu

Cicéron, 2* Phil., 26 ; Velleius Paterculus, II

3 . « Signa, tabulas, quas populo Caesar una cum hortis legavit, eas hic (Antonius) partim in hortos Pompeii deportavit, partim in villam Scipionis. » Cicéron, 2* Phil. Antoine avait acquis la villa des Scipions.

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près complète. Amené de Samos dans la collection du triumvir, restitué par Auguste au Capitole, adoré tour à tour par chacun des Empereurs, il se retrouve encore à Rome au xvi e siècle dans le cabinet de Marguerite d'Antioche, duchesse de Camarino, mais mutilé, sans bras ni jambes. La duchesse en lit présent au fameux Perrenot de Granvelle, depuis cardinal et ministre de Charles-Quint, qui plaça le Jupiter dans ses jardins de Besançon (Granvelle était franc-comtois, et grand amateur de beaux livres surtout et de belles reliures). Lors de la prise de Besançon par Louis XIV, les magistrats offrirent au roi leur plus beau joyau, qui passa ainsi des jardins du cardinal dans ceux de Versailles.

C'est alors que Girardon, — du moins on l'en accuse, — eut la barbarie d’enlever près de deux lignes sur toute la surface de la statue pour rendre à son épiderme le poli et la blancheur que le temps avait altérés. Un autre sculpteur, Drouilly, acheva le massacre. Le bas du corps indiquait que le dieu était assis; Drouilly creusa les contours, dissimula le tout tant bien que mal par une draperie, et installa le torse debout sur une gaine. C’est ainsi que l’on comprenait la restauration au xvii* siècle. De Versailles le Jupiter d’Antoine est allé prendre ses invalides au Louvre*.

i. P. Bouillon, Musée des Antiques , tome I er ; Dulaure, Environs de Paris. Heureusement, la tête du Jupiter a été presque entièrement épargnée. Elle est admirable.

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Les curieux comptaient dans leurs rangs d’illustres amis des lettres.

Nous retrouverons plus tard Cicéron , Atticus , Varron, en visitant leurs bibliothèques *. Sisenna, un des bons historiens de Rome, Hortensius , le rival et l’ami de Cicéron, n'étaient pas moins curieux des beaux ouvrages. Nous avons vu le cas que Verrès faisait de l’orfèvrerie du premier; quant à Hortensius, Verrès lui payait ses honoraires en bronzes antiques, c’est tout dire. Notre orateur aimait aussi la peinture, et avait fait construire dans son Tusculanum un corps de logis tout exprès pour recevoir une vaste composition d’un peintre grec *.

Nous en savons plus long sur Salluste. Comme Verrès, Salluste est un de ces personnages perdus de moeurs à Rome et concussionnaires en province qu’il faut juger avec une certaine indulgence; ils n’étaient pas plus mauvais que leur siècle, et l’on peut au moins plaider en leur laveur les circonstances atténuantes : la passion sincère des belles choses.

Au surplus, j’imagine qu’il y a grandement à ra-

1. Varron possédait, entre autres, un beau marbre d’Arcesilas, la Lionne jouant avec des Amours, et une pièce unique, un bronze de Mentor, le grand ciseleur en argent.

2. Hortensius avait au Palatin une maison modeste qu’ Auguste habita. Ses villas, avec leurs parcs à animaux et leurs réservoirs à murènes, sont célèbres. Il pleura, dit-on, la mort d’une de ses murènes. Pline, IX, 81.

battre de ces jugements contemporains dictés par l'esprit de parti, et il me paraît plus prudent de ne pas accepter à la lettre la prétendue déclamation de Cicéron contre Salluste, afin de pouvoir faire ses réserves sur celle de Salluste contre Cicéron *.

Prenons donc notre historien-amateur pour ce qui nous en reste aujourd’hui, ses œuvres admirables et les antiques de premier ordre qu’il nous a conservées*.

Après la mort de César, son ami et son protecteur, Salluste dit adieu à la politique. Il acheta la villa du dictateur à Tibur, et un magnifique emplacement sur le Quirinal, où il éleva un palais, un temple, celui de Vénus Sallustienne 3 , un cirque, un marché, des thermes, et où il planta ces fameux jardins, la plus délicieuse promenade de Rome.

C’est là qu’on a déterré plusieurs morceaux admirables : F Hermaphrodite , le Faune portant un enfant, et le Vase Borghèse, trois perles de notre Musée du Louvre 4 ; — le Groupe de Papiria interrogeant son jeune fils sur les secret du sénat : « c’est une expression inconcevable que la curiosité

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