Ampère, Hist. rom. à Rome, II, 2o
du grand; les Étrusques le lui avaient légué, c’était devenu le propre de son génie.
Quand les guerres saranites et puniques lui eurent donné Tarente, Capoue, Syracuse, l'Italie méridionale et la Sicile, avec les merveilleux chefsd’œuvre que les artistes grecs y avaient semés, ce rude soldat se sentit subjugué pour la première fois.
Mais reconnaître une supériorité, avouer une impuissance, n’était pas dans sa nature. J’ai dit que le Romain était un esprit pratique ; son parti fut bientôt pris. Il dépouilla les provinces conquises au fur et à mesure de la conquête, et transplanta à Rome les productions de leur génie. Pendant deux siècles entiers, de 266 à 62 avant Jésus-Christ, la Grande Grèce, la Sicile, Athènes, Corinthe, la Grèce entière, la Macédoine, l’Asie Mineure envoyèrent tour à tour à Rome leurs trésors sur les chars des triomphateurs : avec Scipion l’Asiatique, l’argenterie ciselée, les tapisseries, les bronzes; avec Mummius, les marbres, les corinthes, les peintures; avec Pompée, les perles et les pierreries 1 .
A leur suite arrivèrent les artistes, les uns captifs, les autres mandés à Rome pour des travaux d’embellissement *. L’art grec émigra tout entier et se