Quintiuen, XII
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culture n’a pas encore perfectionnés , étaient bien faits pour trouver des amateurs passionnés. Ces mêmes qualités, nos plus fins gourmets les recherchent aujourd’hui, et avec raison, dans les écoles du xv* siècle et du moyen âge*.
Avouons cependant que ce goût dégénérait quelquefois en véritable manie.
Insanit veteres statuas Damasippus emendo,
dit Horace. Quel était ce Damasippe? On l’ignore, mais Horace nous en a laissé quelques traits, a Un marbre était-il grossièrement sculpté, un bronze travaillé d’une manière sèche et dure ; vite, il en offrait 100,000 sesterces. » Pour qu’un vase antique fît son affaire, il fallait tout au moins « que ce coquin de Sisyphe ait pu y laver ses pieds 2 . »
Horace, lui, était un connaisseur d’une autre trempe. Juge délicat en antiques, son goût faisait loi. Écoutez plutôt Davus, son esclave, qui le gourmande 3 :
« Vous voilà cependant cloué devant un tableau
1. Ce goût est si bien de tous les temps que, même en Grèce, on faisait de l’antique comme de nos jours certains artistes font du moyen âge. La petite Minerve de Besançon, de la galerie Pourtalès, le grand Apollon en bronze Louvre, un petit Jupiter de la Bibliothèque (n° 2923), sont, avec beaucoup d’autres figures , des exemples de l’archaïsme d’imitation. Winckelmann, II, a3i, Ampère, III, 227.
2. Horace, II, Sat. 3 . Cicéron parle d’un Damasippe dans sa lettre 124, ad Fab. Gall. C’est peut-être la même personne.