‹ Les collectionneurs de l'ancienne RomeChapitre 5 sur 74 · Velleius Paterculus, I, i · texte numérisé non relu

Velleius Paterculus, I, i

Valère Maxime, qui écrivait sous Tibère, appelait la peinture une profession basse ( sordidum studium), et se demandait comment un Fabius, Fabius Pictor, avait osé signer ses tableaux *.

Sénèque, contemporain de Néron, considérait aussi la peinture et la sculpture comme indignes d’être rangées parmi les études libérales *.

Enfin Pétrone rappelle que, de son temps, on traitait encore les Apelle et les Phidias de « petits Grecs au cerveau fêlé ( Græculi délirantes ) 3 . »

Ceci se passait plus de deux siècles après la chute de Corinthe et de la Grèce; Rome était rancunière.

Dans l’origine, les premières spoliations avaient été faites au profit de la religion et de l’État; on se faisait un point d’honneur de consacrer aux temples et aux édifices publics toutes les dépouilles des nations vaincues. C’était encore le temps des grandes vertus, et, comme en Grèce, la chose publique passait avant le citoyen. Ce désintéressement ne fut pas de longue durée ; à chaque nouveau triomphe, le luxe et la corruption gagnaient du terrain, et l’esprit public s’abaissait. Les généraux devinrent bientôt moins scrupuleux, ils firent encore la part de l’État, mais aussi la leur, la part du lion 4 . Leurs

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