Pline, loc. cit
3 . 1 m. 3 o sur o m. 12 environ. Pour entretenir le citre et lui donner de l’éclat, il faut, dit Pline, le frotter à sec avec la main au sortir du bain. Le vin n’y fait pas tache; on dirait que ce bois est né pour le vin.
amateurs millionnaires ; une bagatelle de 200 à 2 5 o, 000 francs.
Une des premières tables importantes de citre fut apparemment celle de Verrès 1 2 . Cicéron se hâta d’en acheter une au prix d’un million de sesterces (environ 200,000 fr.) , et Pline s’étonne avec raison que Cicéron, avec sa modique fortune, in illâ paupertate , ait pu payer un prix aussi exorbitant pour l’époque. La table d'Asinius Gallus était estimée 1,100,000 sesterces; celle de Céthégus , 1,400,000 (280,000 fr. environ).
Les tables anciennes étaient naturellement les plus estimées; passant de cabinet en cabinet, elles acquéraient autant de quartiers de noblesse *. « J’aime une table simple, qui ne soit ni remarquable par la variété de ses taches, ni célèbre dans la ville pour avoir appartenu à une série d’amateurs à la mode.» Qui parle ainsi? Sénèque , qui possédait à Rome, dans les salles à manger de son palais, cinq cents tables à trois pieds d’ivoire, entièrement pareilles : « poids matériel auquel ne saurait s’attacher une âme pure et qui se rappelle son origine, »
1. In Verr., Il, IV, 6 . Pline prétend que la première table de ce bois fut celle de Cicéron. Cela paraît douteux; comment Cicéron, qui ne s’occupa de collectionner qu’après la condamnation de Verrès, aurait-il pu posséder une table de 200,000 fr. au moment où il accusait si énergiquement le préteur?
2. Sénèque, Tranquill., I, 1; Juvénal, Sat. 1. La table de Cicéron, la Cicéronienne , existait encore du temps de Pline.
I I 2 COLLECTIONNEURS
dit-il avec une mélancolie et une candeur qui désarment*.
Un mot sur les tapisseries, pour compléter cet aperçu de l’ameublement d’une galerie romaine.
Le moyen âge, qui a tiré un si brillant parti des tappi\ à ymaiges , n'a fait que continuer l’antiquité. Sans remonter à la Bible et à Homère, disons seulement que l’Orient s’est toujours distingué dans la confection de ces belles tentures à sujets fabuleux ou héroïques, œuvres d’art et d’industrie tout à la fois. A l’époque qui nous occupe, les ateliers de Babylone et d’Alexandrie avaient encore leur vieille réputation et passaient pour les plus habiles *. Sous Attale, roi de Pergame, on imagina d’entremêler la laine de fils d’or, et quand ce prince eut légué ses États aux Romains, les tapis attaliques, aulœa Attalica, commencèrent à s’introduire à Rome et y firent fureur.
Les tapisseries du Portique de Pompée étaient renommées : >
Porticus aulceis tiobilis Attalicis.
Celles que Verrès avait enlevées à Heïus de Messine valaient, suivant Cicéron, 200,000 sest. (40,000 fr. environ).