JüVÉNAL, III
pour ses statues , pour ses figures d'ambre , ses meubles d'ivoire et d écaille 1 . »
Eros est un autre type : c’est l'amateur désolé. « Eros pleure chaque fois qu’il aperçoit des murrhins jaspés ou quelque beau morceau de citre. Il tire de gros soupirs du fond de son cœur, car il n’est pas assez riche pour acheter et emporter chez lui les Septa tout entiers. Que de gens, ajoute Martial, font comme Eros, mais sans que leur œil se mouille 1 Que de gens se moquent de ses soupirs qui en ont autant sur le cœur 2 ! »
Mamurra est plus amusant. Tous les jours il se rend aux Septa. D'abord, « il flâne des heures entières, passant en revue les jeunes esclaves qu’il dévore des yeux ; non pas, s’il vous plaît, les premiers venus que l’on met à l’étalage, mais les sujets réservés que l'on cache au vulgaire et aux gens de notre sorte. Quand il en a assez, il va voir les meubles ; il découvre les tables de prix 3 protégées par des housses, il se fait descendre un beau meuble en ivoire placé tout en haut de la montre, puis il ira mesurer à quatre reprises un lit d’écaille 4 : quel dommage! il n’est pas assez large pour sa table de citre. Le voilà qui consulte son nez : ce bronze a-t-il bien l’odeur du corinthe 5 ? Il critiquera même tes sta-