I. Voir plus loin, page
siciliens eurent ordre de s'y rendre, et pendant huit mois entiers, ces reliefs furent réappliqués sur des vases et des coupes d'or avec une précision et un goût admirables. Verres lui-même, le connaisseur raffiné, le dilettante, comme on Ta appelé^, dirigeait le travail de chaque ouvrier; tout se faisait sous ses yeux. Il passait la meilleure partie du jour, assis dans ses ateliers, en négligé, c'est-à-dire sans toge et en manteau grec! dit Cicéron, qui se serait cru déshonoré de s'habiller à la mode de ces petits Grecs.
Aussi Verres passait à juste titre pour le premier connaisseur de Rome en argenterie. Le matin même de son procès, au moment où le plus redoutable orateur du temps allait plaider contre lui et conclure à une restitution énorme *, il allait voir quelques pièces rares d'argenterie chez son ami Sisenna. Il s'approchait des dressoirs étincelants, prenait délicatement chaque objet, l'examinait d'un œil passionné. Cependant les esclaves du maître ne le perdaient pas de vue et épiaient chacun de ses mouvements.
La vie d'un homme n'aurait pas suffi pour réunir une quantité pareille d'objets d'art; aussi Verres, qui s'y connaissait, avait choisi pour l'aider dans ses recherches deux artistes excellents, deux