V. 52, et SÉNÈQUE, Ep, V
2. Une partie de ces vases a été attribuée à un Qaulois, Zénodore l'Arverne, celui qui ^t pour Néron sa statue colossale en bronze. Pline, XXXIV, 18. Les œuvres d'orfèvrerie antique sont très-rares et les collections publiques n'en possèdent qu'un petit nombre d'échantillons.
DE l'ancienne ROME. 87
et le lecteur se souviendra que Verres décorait ainsi son argenterie aux dépens de celle de& Siciliens ^
Tous les amateurs ne s'y prenaient pas comme Verres, mais tous avaient, comme lui, à leurs gages un ou plusieurs orfèvres, la plupart grecs, pour restaurer leur argenterie, la recomposer avec des fragments anciens, ou fabriquer de nouvelles pièces à la mode du jour'.
« O mes petits Lares! dit plaisamment un personnage de Juvénal, vingt mille sesterces de rente sur bonne hypothèque, un peu d'argenterie bien
unie voilà tout ce que je vous demande. Joignez-
y un ciseleur bien intelligent et un modeleur pour lui tailler la besogne, c'en est assez pour un homme qui doit toujours rester pauvre^. »
L'orfèvrerie antique comprend les modèles les plus variés, depuis les pocula que Pytheae couvrait de ciselures microscopiques, et qu'il vendait 10,000 sest. les 2 onces (env. 18,000 fr. le kil. ^), jusqu'aux grands tytnpana , plateaux énormes
1. « Ornabantur etiam vasa emblematis , dictis &icà xou i^6e6>T)<j6ai , quod vasis adjicerentur et revellerentur quum libitum erat. »> Lazare de Baïf, de Vasculis, 1549.
2. Elle variait beaucoup, au dire de Pline, XXXIII, 49. Plutarque cite, dans le personne] de la maison de Crassus le triumvir, des orfèvres, des argentiers. {Crassus, III.)
3. Juvénal, Sot, IX. Trimalchion a de même > un cerarius (voir page 94).
4. Le prix courant de Pargenterie ciselée était de 5,ooo sest. la livre, soit 1,000 fr. les 327 gr. ou 3, 000 fr. env. .le kilogr.
Libra quod argenti millia quinque rapit.
» Martial, III, 62.
pesant 85o livres d'argent, environ 278 kil. (les plus petits étaient de 32 kil.), et tellement recherchés qu'ils valurent souvent la proscription à leurs malheureux possesseurs ^
Cette admirable vaisselle garnissait des consoles de bronze, de marbres précieux, d'i«roire, garnies d'argent et placées dans le triclinium du côté opposé aux lits de table, pour l'agrément des convives et la commodité du service.
Verres et son ami Sisenna étaient de grands amateurs d'argenterie; le triumvir Antoine, qui ne leur cédait en rien, «se servait de vases d'or pour ses usages les plus impurs, inconvenance dont eût rougi Cléopâtre elle-même*. »
Plutarque a une jolie anecdote sur l'orfèvrerie d'Antoine; la voici dans c% bon vieux français d'Amyot :
« Philotas, médecin, natif de la ville d'Amphissa, disoit d'auantage à mon grand-père Lampryas que quelque temps depuis il fut au seruice du fils aisné d'Antonius, qu'il auoit eu de Fuluia, et qu'il mangeoit ordinairement à sa table auec ses autres familiers, toutes les fois qu'il ne mangeoit point auec son père : comme donques il fust- un iour uenu un médecin qui faisoit merueille d'alléguer et d'arguer, tant qu'il rompoit la teste à tous ceux qui estoient à
1. Pline, XXXIII, 62 et suiv. Athénée compte soixantedouze vases à boire ayant chacun un nom et un usage différents.