‹ Les collections botaniques du Musée royal de physique et d'histoire naturelle de FlorenceChapitre 27 sur 57 · DEF · texte numérisé non relu

DEF

mais aussi à celle de la médecine, de la pharmacie, de l’ethnographie, ainsi qu'aux arts et à l’industrie.

Je commençai par mettre de côté les fleurs, fruits et graines que produisaient les plantes rares des serres chaudes et tempérées de notre jardin botanique, et je priai des botanistes italiens et étrangers de m'envoyer tout ce qu'ils pourraient recueillir de produits végétaux des pays lointains. Les études de géographie botanique auxquelles je me consacrai plus spécialement dès 1849 me firent sentir davantage la nécessité de donner à cette collection une plus grande extension; je redoublai

donc de zèle et d'activité. Je recueillis dans plusieurs voyages, sans sortir d'Europe, beaucoup de produits importants, mème de pays lointains. L’Exposition aniverselle de Paris en 1855 me fournit l’occasion d'obtenir de quelques Commissaires étrangers beaucoup de produits importants, surtout de la Guyane et de la Nouvelle-Hollande. Ces occasions se présentèrent de nouveau aux Expositions de Londres, en 1862 et de Paris en 1867, d’où je pus rapporter des milliers de produits et d'ouvrages de toutes les parties de la terre, grâce à la générosité des Commissaires des diverses nations. En considérant de quelle utilité pourrait être le concours des Consuls italiens hors d'Europe, mème sans être botanistes, je m’adressai à eux pour les prier de m'envoyer des choses que je leur indiquais, et qui pouvaient enrichir notre collection, et de tâcher d'engager des personnes du pays à en faire autant. Je me fais un devoir de témoigner ici ma reconnaissance pour le zèle avec lequel beaucoup d’entr’eux ont contribué à enrichir notre collection, et de mentionner tout spécialement le Chev. Joseph Biagi qui a été longtemps notre consul à Melbourne en Australie, M° Joseph Pilastri, autrefois consul à Beyruth, maintenant à Bombay, M' Jacques Gomperts, consul à Paramaribo dans la Guyane hollandaise, M° Richard Colucci, consul à l'Ile de Chypre. C’est par ces moyens que les objets contenus dans la collection des produits végétaux ont pu atteindre le chiffre d'environ vingt mille, presque tous reçus en cadeau, et que cette collection a pu devenir une des plus riches et des plus complètes que l’on connaisse, et avec laquelle ne peut rivaliser que la riche collection de Kew, faite avec les mo-

RAR TG RD PP DE ANNE SOS TL Pa PL PANNE LE 2 RENE VC TRE RE 9 RC RG RE RC TOR AR. Rae DEC et Li pro LUE Val ea AA RAT ee ee À FT x MATE “ Vi Da PUR rt VOA RCE AREA RES à RACE NEA ù t | “a: Fa : + : . + dt { À #3 Fi k : : ve +

Î nas

2e CRE

yens grandioses dont dispose la Grande-Bretagne, maîtresse d’une grande partie de la terre. Chaque produit végétal et chacune de ses applications aux arts et à l’industrie s'y trouvent richement représentés, qu'ils viennent du centre de l'Amérique ou de l'Afrique, ou qu'ils viennent des terres les plus éloignées de la Chine, du Japon ou de l'Océanie. Ces régions lointaines sont au contraire richement représentées grâce aux collections de M: Perfetti, de M' Gover, et d’autres, et mieux que toutes, la grande Ile de Bornéo est illustrée par les importantes collections qu'y a faites notre concito yen l’illustre botaniste Odoardo Beccari.

Nous recevons presque toutes les semaines de nouveaux envois et de nouveaux dons, et la salle destinée à cette collection n’est déjà plus suffisante pour la contenir. Outre la visite des simples curieux, notre Galerie des produits reçoit continuellement celle de botanistes, de médecins, de chimistes, de pharmaciens, de voyageurs, d'industriels qui viennent étudier différents sujets et prendre note de ce qu'ils pourront trouver dans les pays qu'ils ont l'intention de visiter. Des personnes qui ne peuvent pas venir écrivent pour avoir des renseignements ou des objets d'étude pour leurs ouvrages et recherches.

En 1859 la Collection des produits végétaux s’est enrichie de l’importante collection de produits médicinaux, industriels et autres, achetés à la famille de feu le Professeur Antoine Targioni-Tozzetti. Depuis lors je me suis occupé de former une collection des différentes parties de plantes et de préparations pour l'étude de l'anatomie et de la physiologie végétales, et une autre collection d'anomalies ou aberrations de l’état normal des organes des plantes, pour l'étude de la tératologie ; j'ai fait aussi comme complément de cette dernière collection un herbier tératologique à part. Mon intention est de séparer de la collection des produits celle d'anatomie et de physiologie, et de la placer, avec les préparations en cire faites sous l’habile direction de l’illustre Professeur Amici, dans une salle qui sera destinée aux études et aux recherches d'anatomie et de physiologie végétales, et de placer aussi dans une salle à part la collection tératologique dont j'ai fait mention. Ce projet pourtant ne pourra s'effectuer que lorsqu'on aura mis à exécution le

RS AR 2 NES cpu M ET CE SE OT en ee A D RS Ge in At Qu A ge

iohgf ie

nouvel arrangement scientifique du Musée, que j'ai déjà soumis à l’approbation du Conseil directif de l’'Istituto superiore, et qui est en ce moment à l'étude selon le projet présenté par l’ingénieur M° Rimediotti.

Pour mieux faire connaître cette collection aux voyageurs et à tous ceux qui s'intéressent aux sciences naturelles et aux arts, J'en donnerai ici une description qui, quoiqu'un peu sommaire, pourra cependant servir de guide à ceux qui viennent la voir.‘

La collection des produits est rangée sur des étagères, ou armoires vitrées, dans une des plus grandes salles du Musée (Planche 3). Un balcon en galerie forme autour de la salle un second étage, auquel on parvient par un escalier commode. Au milieu de la salle se trouve un grand groupe de troncs d'arbres rares ou remarquables ; ceux de diverses espèces d’Araucaria, À. brasiliensis Rich., A. Cunninghamü Ait, du Dattier (Phæœnix dactyhifera Linn.), du Palmier nain (Chameærops humilis Linn.), du Doum (Hyphæne thebaica Mart., Gucifera thebaica Delill.) de la Thébaïde, Pakmier singulier dont le tronc se bifurque au lieu d’être simple et droit en forme de colonne comme le sont toujours ceux des Palmiers ; des troncs de Vigne sauvage ( Vitis vinifera Linn.), de Bruyère (Erica arborea Linn.), de Clématite (Clematis Vitalba Linn.), de Genévrier (Juniperus macrocarpa Sibth.), remarquables par leurs grandes dimensions ; une immense grappe ou régime de fruits du Raphia Ruffia Mart., grand Palmier du Madagascar ; les grandes feuilles en éventail du Barassus flabelliformis Linn. et celles pennées du Cocotier (Cocos nucifera Linn.), les unes et les autres des Indes orientales ; plusieurs échantillons de bois magnifiques d'Egypte, de la Guyane etc. ; des Bambous; un Agave americana Linn. de Palerme ; le Papyrus de Syracuse; le Chanvre de Bologne ; un tronc entier, et un autre fendu pour en montrer la structure, d’une Fougère arborescente, Dicksonia antarctica R. Br., et le singulier Xanthorrhæa arborea R. Br.

1 Je parlerai longuement de tous ces produits dans ma Géographie bo-

tanique à laquelle je travaille depuis bien des années, et que j'espère pouvoir publier bientôt. |

Re ME A PSM DS DRAM LOU BEN PERRET PET CANNES

à SAN +

Ja

Grass Tree, l'un et l’autre de la Nouvelle-Hollande ; une grande et belle Cycadée, le (Macrozamia spiralis Mig.) de la Nouvelle- Hollande ; une immense rondelle du bois du Kauri (Dammara australis Lamb.) arbre précieux de la Nouvelle-Zélande, donnée au Musée, ainsi que la photographie qui représente tous les travaux qui se rapportent à cet arbre, par le Chev. Biagi ; du blé né de grains trouvés dans les catacombes d'Egypte; une grande caisse en bois de Camphre de la Chine, une caisse recouverte de fibres de Cocotier des Indes orientales etc. Dans les espaces qui ne sont pas occupés par les armoires le long du mur se trouvent encore quelques troncs et quelques figures qui représentent des arbres de divers pays, célèbres par leur âge et leur grandeur, et d’autres plantes.

Les objets fabriqués sont toujours à côté des produits naturels de la plante qui a fourni la matière pour les faire, afin qu’on puisse voir immédiatement avec quelle partie de la plante l'ouvrage est exécuté. Ils sont distribués par familles naturelles. Tous les objets portent des étiquettes sur lesquelles sont indiqués l’usage, la partie de la plante, les noms scientifique et vulgaire, la provenance, le nom du donateur et la date de la donation.

A. Cryptogames.

1. Algues. — Dans cette famille, qui renferme les organismes les plus simples de tout le règne végétal, se trouvent beaucoup d'espèces d'algues qui pour leur richesse en gélatine servent d’aliment dans beaucoup de pays, et sont employées dans la confection de colles végétales, et mème de médicaments. Nous citerons comme dignes di mention spéciale: le Chondrus crispus Linn. qui croît en Islande, et que l’on nomme communément Lichen marin, employé en médecine comme le Lichen d'Islande ; l'Euchema spinosum des Indes orientales ; le Plocaria candida de Malacca; le Sphaerococcus echinatus de la Chine; le Fucus esculentus, et beaucoup d’autres espèces d'algues du Japon, de formes et couleurs diverses; l'Evchnema deliciosum

BOT TV, RATS EN TRES EN OR en NP PE PRE NT Te AR Re als ce PURE AL PONS CVS ONE LCR TR QT

y a: AAA PRE TS AE ac 4 : Fr 2 LEA | n NA NU, Les LA HT FDA re 0e

r PT d7, 4 ‘ “ d ++ + DEL" à 5 : g V4 4 ls à bi Ci 16 Run ’ 4 Tee L ; ‘ »

d'Australie ; le Gracillaria confervoides de Van Diérmen ; diverses espèces du genre Laminaria, entr’autres le Duroillea potatorum d'Australie. Nous citerons aussi les nids de l’Hirondelle Salangane de la Chine, puisque l’on avait supposé que cette hirondelle les faisait avec des algues marines. Nous conservons aussi quelques pierres des rives du lac de Neuchâtel, rongées d’une façon singulière ; on attribuait cette érosion à quelque acide particulier à une petite algue, l'Euactis calcivora À. Braun, tandis qu'il paraîtrait au contraire que cette algue protège, en s’appliquant dessus, la pierre qui n’est rongée par l’eau que dans les endroits qu’elle ne recouvre pas.

Une des préparations en cire représente, comme la concevait l'illustre prof. G. B. Amici, la structure du Nostoc, algue d’un jaune foncé, de consistance gélatineuse, qui croît sur la terre humide aussi dans nos pays. |

2. Lichens. — La collection de lichens est remarquable par le nombre des espèces de toutes les parties du monde, de Sardaigne, d'Algérie, des Iles Canaries, des côtes occidentales de l'Afrique, des îles du Cap Vert, de Ceylan, de Guayaquil etc., qui servent à teindre les étoffes, et qui fournissent l’Orseile avec lequel on colore les tissus en un beau rouge amaranthe. L’Orseille s'obtient chez nous principalement du Roccella tinctoria Linn ; la famille Rucellai, qui en faisait commerce du temps de la République florentine, lui doit son nom.

Parmi les lichens nutritifs ou médicinaux, riches en fécule, les visiteurs remarqueront le Lichen d'Islande (Cetraria islandica Ach.), habituellement employé contre la toux, et la célèbre Manne du désert (Parmelia esculenta) qui croît sur les rochers du grand désert du Sahara et d’autres déserts voisins, et que les vents transportent de temps en temps dans des contrées éloignées où elle retombe sous forme de pluie, et en assez grande abondance pour blanchir le terrain. Nous en possédons divers échantillons de pays différents, et aussi de celle tombée en Octobre 1869 à Djarbekir, en Asie Mineure.

On voit encore dans notre collection les lichens qui atteignent leur plus haute limite sur les roches escarpées des régions

supérieures du Mont Blanc, et ceux des parties arctiques de la

ns (re zône glaciale, que j'ai rapportés les uns et les autres de mes voyages dans ces régions.

On voit aussi les lichens qui vivent sur les laves, et que j'ai rapportés de l’Etna et du Vésuve; quelques lichens qui servent d'ornement etc.

Page 1