‹ Les collections botaniques du Musée royal de physique et d'histoire naturelle de FlorenceChapitre 7 sur 57 · PA NES · texte numérisé non relu

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ne furent pas découragés pour toutes ces pertes ; ils entreprirent de nouveaux voyages et réussirent à former un nouvel herbier, qu'ils rapportèrent avec eux dans leur patrie, où ils arrivèrent heureusement le 12 Septembre 1788. C’est en Espagne qu'ils publièrent, d’abord en 1794, le Prodromus Florae Peruvianae et Chilensis en un volume in-folio, qui renferme la description des nouveaux genres de plantes qu'ils avaient eu le bonheur de trouver, et plus tard, de 1798 à 1802, la Flora Peruviana et Chilensis, ouvrage en 4 volumes in-folio, avec la description de toutes les espèces recueillies au Pérou et au Chili : les deux ouvrages sont illustrés par beaucoup de planches. C'est à eux aussi qu'on doit les publications sur les Cinchona, sur les Laurinées etc., en partie faites en commun. Ce fut dans son voyage en Espagne que Webb se lia à Madrid avec Pavon et qu'il en obtint une collection d'environ 4000 espèces de plantes du Pérou et du Chili, qui grâce à leur origine sont, comme on peut bien le croire, extrèmement précieuses.

Jacques Julien Labillardière, célèbre botaniste, fut chargé en 1786 par le Gouvernement français, de parcourir la Syrie avec mission de reconnaître les plantes indiquées d’une manière vague dans les anciens ouvrages des médecins grecs et arabes. Dans ses excursions il fit une riche récolte de plantes, qu'il illustra dans ses Icones plantarum Syriae rariorum descriptionibus et observationibus ilustratae, Lutetiae Parisiorum Decas Prima-Quarta 1191-1812. T1 venait de publier les deux premières de ces décades lorsqu'il quitta de nouveau la France comme naturaliste de la célèbre expédition envoyée à la recherche de La Pérouse dont on n'avait plus depuis bien des années aucune nouvelle. Tout le monde sait que les deux navires La Recherche et L'Espérance, sous les ordres du Capitaine Dentrecasteaux, après un long et dangereux voyage autour du globe,retournèrent en Europe sans avoir pu atteindre le but qu'ils s'étaient proposé à leur départ, car malheureusement on ne trouva alors aucune trace du naufrage qui coûta la vie à l’illustre navigateur et à ses infortunés compagnons : mais ce voyage fut utile à la géographie et aux sciences naturelles, surtout à la Botanique, grâce aux découvertes importantes de Labillardière,

qui à son retour, dans deux ouvrages célèbres, Novae Hollandiae plantarum specimen et Sertum austro-caledonium, fit connaître les plantes de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Calédonie, pays alors presque vierges pour la botanique. On sait que de Labillardière, de retour de l'Australie, fut ainsi que tout l'équipage du navire capturé par les Hollandais, qui étaient alors en guerre avec la France, et que toutes ses collections furent portées en Angleterre, mais on sait aussi que grâce à la haute influence de sir Joseph Banks, l’illustre compagnon du Capitaine Cook dans son premier voyage autour du monde, elles furent rendues à la France. Banks poussa mème la délicatesse jusqu’à vouloir éviter que les caisses ne fussent ouvertes, de peur qu’une seule idée de l'illustre botaniste pût en être enlevée. Après la mort de Labillardière, Webb acheta cet herbier si précieux, que tant de personnes se sont disputé et que nous avons le bonheur de posséder par son legs généreux. C'est dans cet herbier qu'on trouve toutes les plantes recueillies par Labillardière dans ses voyages et illustrées dans ses ouvrages, et mème les descriptions authentiques qui ont servi à leur publication. Il renférme aussi beaucoup de plantes précieuses que Labillardière avait obtenues de botanistes célèbres de son temps, telles que celles de Suède et de Laponie envoyées par Thun-

berg, du Piémont par Allioni et par Bellard, du Cap de Bonne-

Espérance et des îles d'Afrique par Commerson etc.

Tout le monde sait que René Louiche Desfontaines vers la fin du siècle passé entreprit un voyage botanique dans la Régence de Tunis et en Algérie. Son herbier, fruit des récoltes de trois ans de courses longues et périlleuses dans les déserts et dans la chaîne de l'Atlas, renfermait à peu près 1600 espèces de plantes, parmi lesquelles 300 environ étaient tout-à-fait inconnues aux botanistes. À son retour en Europe il publia son excellent ouvrage, la Flora atlantica, où il donna la description de toutes ces plantes et des planches pour les espèces nouvelles. Plus tard il décrivit plusieurs autres espèces nouvelles, surtout dans son ouvrage sur le Jardin des Plantes de Paris. Après sa mort, son herbier fut vendu aux enchères, et Webb eut le bonheur de l'avoir pour la somme de six mille francs. C’est

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un herbier extrèmement précieux non seulement pour les plantes illustrées par Desfontaines, mais aussi pour celles que Desfontaines avait reçues de plusieurs de ses contemporains, et parce que l’illustre De Candolle, élève de Desfontaines, y avait beaucoup travaillé : c’est dans cet herbier qu’on trouve en effet les matériaux qui ont servi à son Astragalogie, comme De Candolle lui-mème écrivait à Webb dans sa lettre du 6 Mars 1834, que j'ai publiée dans l'Eloge de Webb, à la page 99. Il faut néanmoins avouer que l’herbier de la Flora atlantica est possédé par le Museum d'Histoire naturelle de Paris: nous n'en possédons que des doubles.

L'Herbier de Philippe Mercier de Genève, que Webb acquit pour trois mille francs, se composait principalement de plantes de Suisse, des Pyrénées, de la Corse et d’autres pays de l'Europe, ainsi que de quelques collections exotiques, telles que celles des plantes de Porto-Ricco de Wydler, du Mexique de Berlandier, etc. Get herbier est rendu précieux surtout par les plantes que De Candolle donna à Mercier, et qui ont été décrites dans ses ouvrages.

Les botanistes trouveront dans le tableau de nos collections l'indication de toutes celles qui composent l'Herbier général léguëé par Webb. Une simple inspection de cet herbier suffit pour en montrer la grande richesse, et l'importance qu'il a pour l'origine des plantes qui le composent, importance que Webb tâcha de rendre encore plus grande en priant les botanistes qui venaient consulter son herbier d'écrire sur les étiquettes des exemplaires qu'ils avaient étudiés le nom de l'espèce à laquelle ils les reportaient dans leurs ouvrages.

Les herbiers particuliers que Webb avait formés, sont les suivants :

1o Herbier des Iles Canaries. C’est assurément la collection la plus riche et la plus précieuse des plantes qui aient été recueillies dans l’Archipel des Canaries. Elle se compose non seulement des plantes récoltées par MM. Webb et Berthelot, et illustrées dans leur grand ouvrage de l'Histoire naturelle de ces îles, mais encore de celles recueillies par Broussonet, par Despréaux, par Bourgeau, par Bolle, etc.

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21 2 Herbier des Iles du Cap Vert, qui comprend les plantes

“ trouvées dans ces îles par Vogel et par M. J. D. Hooker, et 4e décrites par Webb et en partie par moi dans les Spicilegia Gork+, gonea, et envoyées plus tard à Webb par M. Bolle.

9° Herbier des Iles de Madère et de Porto Santo, fruit des récoltes que Webb y fit dans son séjour de 1829 avec Heimecke et le botaniste Lowe, et illustrées par ce dernier dans ses Prémitiae Faunae el Florae Maderensis et Portus Sancti, Cambridge 1851. On y trouve aussi quelques plantes que le mème Lovwe recueillit dans un second voyage fait à Madère en 1828, et les plantes données par le D'° Lemann, et qui ont été décrites par Lowe dans ses Novitiae Florae Maderensis, Cambridge 1858.

4° Herbier des Iles Açores. Il se compose d’une collection de plantes qui ont été rapportées de ces îles par MM. Guthnik et Hochstetter en 1838, et Hewett C. Watson en 1842, et de plantes envoyées par Carew Hunt, consul anglais aux Acores en 1845. Ces plantes ont été illustrées, comme on le sait, dans la Flora azorica de M. Seubert.

9° Herbier de Maroc et des Iles Zafarines, qui comprend les plantes trouvées par Webb dans l'Empire du Maroc en 1827, et dans les Iles Zafarines en 1830 : on y trouve aussi les plantes qu'il a rapportées d'Oran en Algérie.

Tous ces herbiers, que Webb a voulu conserver à part pour ces îles et pour ces pays qu'il a particulièrement chéris et en partie illustrés par ces ouvrages, forment 48 paquets.

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