‹ Les collections de monnaies anciennes, leur utilité scientifiqueChapitre 8 sur 31 · E. BabeloD, Description des monnaies de la · texte numérisé non relu

E. BabeloD, Description des monnaies de la

Republique romaine, t. f, p, 295,

la coopération d'une véritable armée d'ouvriers pour monnayer les espèces nécessaires à la circulation générale; à tel point qu'un jour (en 274), sous le règne d'Aurélien, une rébellion, fomentée par le rationalis Felicissimus, ayant éclaté dans les ateliers de la Monnaie de Rome, les monétaires s'y trouvaient si nombreux que la répression du désordre coûta la vie à sept mille soldats \

Une ville comme Éphèse, par exemple, frappe monnaie durant l'espace de huit

I. Vopiscus, Aurelien, 38; Aurel. Victor, de Caesar., XXXV, 6; Eutrop. IX, 14; Vict. Epitom. XXXV, 4 ; Suidas, v» jiovixdfpio;. Cf. Fr. Lenormant, La monnaie dans Vantiquitéy t. II, p. 418, et t. III, p. 201; le même. Monnaies et médailleSy p. 70; Mommsen, Hist, de la monnaie romaine^ t. III, pp. 95 et suiv. ; surtout A. Sorlin-Dorigny, dans la Revue numismatique^ iBgi, pp. io3 et suiv.

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siècles et demi et produit plusieurs centaines de types monétaires différents. Si vous les

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disposez dans l'ordre des temps, vous pourrez suivre pas à pas l'histoire de l'art dans la capitale de l'ionie; vous assisterez à ses débuts, à son épanouissement, à sa décadence; vous contemplerez, se déroulant sous vos yeux, l'imposante théorie des dieux honorés dans cette ville, l'Artémis éphésienne et ses symboles, le cerf et l'abeille,

I- Monnaie de Tibère, frappée à Lyon. TI ■ CAESAR ■ AVGVST ■ F ■ IMPERAT ■ V. Tite laurte de Tibère. ^. ROM ■ ET ■ AVG. L'autel de Rome et d'Auguste à Lyon; de chaque cûié, sur un cippe, une Victoire tenant une ci

3o LES COLLECTIONS

Zeus Yetios, Apollon Hîkésios, Apollon Einba9ios;des divinités allégoriques comme le dieu du mont Pion, les dieux fleuves Kayster, Kladeas, Kenchrios et Marnas; différents épisodes des légendes relatives à l'établissement des Ioniens en Asie Mineure; Coresos, un des fondateurs mythiques du temple d'Artémis, et jusqu'à Heraclite, le philosophe de la mélancolie.

Fig. s ■

1 . Monnaie de bronze d'Éphèse. EAICAP ■ OAVMniOC ■ AdPlASOC. Buste de l'empereur Hadrien, la .ete laurée, la poitrine couverte de l'égide. i(. £<l>ECIRrJ. Le temple d'Artémis, à huit colonnes tt à

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Pour rhistoire politique, vous en suivrez toutes les phases par les monnaies qui montrent Éphèse subissant tour à tour la suprématie athénienne ou la domination des Perses, s'alliant avec lasos, Rhodes, Cnide et Samos, ballottée entre la tyrannie et la démocratie, frappant ensuite au nom d'Alexandre, de Lysimaque, des Séleucides, des Ptolémées; prenant, au gré de ses maîtres successifs, les noms d'Arsinoé et d'Eurydicée, retournant à son nom d'Ephèse, ouvrant son atelier aux rois de Pergame, affirmant son alliance avec Mithridate, enfin accueillant dans son port la galère qui portait le proconsul romain. Un grand nombre de ces événements, dont le souvenir est consacré par les monnaies, ne

fronton triangulaire ; on distingue les ornements du toit et les figures qui décorent le fronton; les sculptures de la base des colonnes sont aussi apparentes, et l'on sait que plusieurs d'entre elles sont parvenues jusqu'à nous. L'Artémis éphésienne, enfin, est debout sous le portique, avec tous ses attributs.

sont connus, précisés ou datés que par elles.

Dans Tordre économique, nous voyons Éphèse adopter tour à tour, pour la taille de ses espèces, suivant les avantages de son commerce extérieur, le système phénicien, le système rhodien, le système attique; nous constatons des associations commerciales dont rhistoire, sans les monnaies, n'aurait nul souvenir : alliance d'Ephèse avec Aradus de Phénicie, avec Alexandrie d'Egypte, avec Cyzique, Smyrne, Mytilène, Pergame, Mesembria, Périnthe et vingt autres villes; sous nos yeux se forment et se dénouent, au gré des intérêts ou sous la pression des événements, ces ligues hanséatiques dont le moyen âge n'eut pas le secret et dont l'histoire est encore à écrire.

Et quant aux annales municipales d'Ephèse, les bases essentielles en sont constituées par la série — qui s'accroît chaque jour — des prytanes éponymes dont les noms, au nombre de près de quatre cents, ont été jusqu'ici relevés sur les mon-

naies '. La numismatique éphésienne énumère encore la suite des proconsuls de la province d'Asie, avec la date de leurs fonctions, et les noms de différents magistrats locaux, tels que le grammateus, Parchiereus, le hiereus, Tepiscopos. Quelle inappréciable ressource pour la fixation chronologique des textes ou des inscriptions où ces mêmes personnages se trouvent sporadiquement mentionnés 1

Ephèse,, Messieurs, n'est pas une exception. Parcourez, comme Anacharsis, toutes les contrées du monde hellénique : partout, aussi bien qu'à Éphèse, — à Smyrne, Clazomène, Cyzique, Alexandrie, Antioche, Panticapée, Athènes, Corinthe, Syracuse, — enfin à Carthage et à Rome, vous trouverez dans les monnaies le reflet des com-.

motions politiques, de l'histoire de l'art, de

I. Voyez la- monographie numismatique d'Ephèse : Barclay V. Head, On the chronological séquence of the Coins 6f Ephesus, Londres, 1880, in-8o; le même, Historia numorum, pp. 494 à 498.

la vie municipale, de l'activité commerciale, du rayonnement au dehors ; de cette diversité d'institutions, d'usages, de traditions locales ; de celte décentralisation, en un mot, qui est pour un peuple — l'bistoîre de la Grèce le démontre avec éloquence — la meilleure condition du progrès social.

I. Statère d'or de Panticapée. Tête de Pan, couronnée de lierre {Pan était l'emblème parlant de Panticapée). i(. nAN. Griffon marchant sur un épi et tenant un javelot dans sa gueule. L'épi est l'emblème de la fertilité agricole de la Ghersonnèse Taurique ; le griffon est le gardien mythique des mines d'or de l'Oural où les anciens plaçaient la légende de la Toison d'or. Monnaie du iv siècje avaDiJ.-C.

Tandis qu'Éphèse nous donne le nom de

ses prytanes éponymes, dans d'autres villes, la monnaie est signée par des magistrats

Fig. lo '

d'ordres divers : ici, ce sont des fonctionnaires administratifs, l'archonte, le stratège, le prytane, le boularque, le nomothète, l'éphore, les duumvirs ; là, ce sont des contrôleurs financiers, le tamias, l'épîmélète,

I. Tétradrachme de Clazomène. Tête d'Apollon, de face; dans le champ, la signature de l'arlUte graveur de cet admirable coin monétaire : 6EOao- TOL EnOEl. ij. Le nom du magistrat municipal -MANAPQNAS, et te Cygne, emblème d'Apollon; cet oîKau était commun dans le delta de VHermus.

Monnaie de la première moitié du iv* siècle.

l'étésamène; ailleurs, c'est l'agonothète ou président des jeux publics, le gyn)nasiarqu«, le théoiogos ou imerprète des oracles, le

néocore préposé à l'entretien des temples, l'hieromnémon; les propoloi et lesamphictions à Delphes; l'archiâtre ou chef des médecins à Héraclée d'Ionie. Il y a même des villes, comme Byzance, Pergame, Laodicée, où les monnaies nous apprennent que les femmes pouvaient Être investies des plus hautes fonctions publiques '.

I. Monnaie d'or de Carthage. Têle de Tanit, couronnée d'épis, le cou entouré d'un large collier. i(. Le cheval numide ; à l'eiergue, en lettres puniques, les initiales de magistrats municipaux.

X. Sur ta gynécocralie chez les Grecs, voyez : Ecktael, Doctr. mimor. vet., t. IV, pp. 304, 206;

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, Par suite de cette variété infinie des monuments numismatiqiies, chaque jour fournit à qui veut étudier, une découverte inté-

ressante ou au moins quelque utile appoint

surtout : Pierre Paris, Quatenus feminx res publîcas a(%enM( (Paris, Thorin, iSgi, in-8»); G. Radet. La Lydie au temps des Mermnades, pp. :î[ à .J23; Imhoof Blumer, Monnaies grecques, p. 157; W.-Wrolh, Mysia (catal. du Musée britannique), p.145.

I. Monnaie de bronze de Massifiissa. Tête laurée de Massinissa, le sceptre sur l'épaule, if. Le cheval numide; derrière, un sceptre planté en terre. Sur l'exemplaire reproduit ïc\, le. nom punique de Massinissa, à l'eïergue, est presque entièrement effacé.

dans l'un ou l'autre des nombreux domaines de l'érudition moderne ; chaque trouvaille

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