‹ Les collections de monnaies anciennes, leur utilité scientifiqueChapitre 9 sur 31 · Monnaie de bronze du satrape Spithridaie · texte numérisé non relu

Monnaie de bronze du satrape Spithridaie

Tate du satrape, coiffée de la tiare perse. i(. smeP'- Protome de Pégase au galop. Monnaie frappée probablement à Lampsaque, vers 334 avant J.-C.i au moment des préparatifs de guerre de Darius contre Alexandre.

I. Statèrc d'argent du satrape Tissapherne. TÉie du satrape Tissapherne, coiffé de la tiare perse, ceinte d'un bandeau, if. BAi:iA(iu>;). Lyre. Cette pièce a été probablement frappée à lasos, eo

DE MONNAIES ANCIENNES Sg

provoque notre curiosité et nous incite à considérer sous un aspect nouveau des points spéciaux d'histoire politique ou ad-

Fig. i5 '

ministrative, d'économie politique, de philologie, de géographie comparée, d'épigraphie, d'iconographie, de chronologie. Naguère, c'était un bronze qui donnait pour

375 avant J.-C. au moment de la campagne entreprise par Tissapherne au nom du roi de Perse, contre Dercyllidas (E. Babelon, Les Perses AchéménideSj Introd., p. xxxiii).

I. ANNIOC. Tète de M. Annius Afrinus, gouverneur de la Galatie et de la Lycaonie, sous Claude, i^. KAATAEIKONIEûN. Persée tenant la harpe et là tète de Méduse qu'il vient de couper. Bronze frappé à Iconium qui avait pris alors, en l'honneur de l'empereur, le nom de Claudiconium.

la première fois le nom punique de Massinissa et nous fixait sur les traits du fameux roi numide (fig. 12) *, ou bien c'étaient les beauxtétradrachmesdeTissapherne(fig.i4), ou de petites pièces, d'aspect presque insignifiant, qui portaient le nom et la figure du satrape perse Spithridate (fîg. 1 3) ou le portrait d'un gouverneur de Galatie, sous le règne de Claude, Marcus Annius Afrinus (fîg. i5)'; ces exemples, choisis entre mille, vous attesteront les ressources permanentes qu'offre à l'iconographie, pour l'attribution des statues de nos musées, cette immense galerie d'effigies monétaires qui commence au iv« siècle avant notre ère, avec les dy-

1. E. Babelon, dans le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1891, p. 253; le même, Mélanges numismatiques, 1. 1, p. 320, et t. II, p. 161.

2. E. Babelon, dans \?l Revue numismatiqueyiS%T, p. 212; le môme, Mélanges numismatiques, t. I, p. 57.

nastes lyciens et les satrapes perses \ pour ne s'arrêter qu'avec la chute de Tempire romain.

. Pour déterminer la date d'un monument figuré, quel terme de comparaison pourriez-vous invoquer plus précis que les monnaies dont la place chronologique est sûre, et qui constituent une suite ininterrompue de types dans lesquels se reflètent directement les caractères de l'art contemporain? Dans nombre de villes, chaque monnaie porte la mention de Tannée, quelquefois même, comme chez les Parthes Arsacides et dans le Pont, du mois dans lequel elle a été frappée * : quels précieux renseignements pour fixer les bases de la chronologie, sans lesquelles il n'y a pas d'histoire ? Et les transformations graduelles

1. E. Babelon, Les Perses achéménides, Introd., pp. XI à XVII et passim.

2. Perry Gardner, The Parthian Coinage (Londres, 1877, in-4"), p. 62 ; Th. Reinach, dans la Revue archéologique^ t. II de 1887, p. 229.

et successives des alphabets grec- ou latin, cypriote ou lycien, phénicien ou araméen, punique ou celtibérien, dans Tor-dre des temps comme dans Tordre géographique, qui vous les fournira, sinon le numéraire de chaque région, et si on les ignore ne s'expose-t-on pas aux erreurs les plus grossières dans le classement chronologique de maint monument épigraphique ?

Partout les dieux et les héros de chaque contrée vivent et s'agitent en des milliers d'épisodes. Jetez un regard sur la numismatique de la Crète : cinquante villes au moins de cette île fameuse y sont représentées, et quelle variété de types mythologiques ! La naissance de Zeus dans la grotte du mont Ida ; Minos, le premier législateur ; Artémis Dictynna, Cydon allaité par une louve, le monstre marin Itanos, les mythes d'Her-

mes, d'Héraclès et d'Europe ; Thésée, le labyrinthe, le Mïnotaure ; le géant Talos, précurseur des modernes Cretois, qui bran-

dit une pierre et fait trois fois par jour le tour de l'ÏIe, pour empêcher le vaisseau des Argonautes confédérés d'y aborder (fig. i6).

Vous parlerai-Je à présent des monnaies delaThessalie, qui interprètent les légendes de Poséidon Onchestios, de Zeus Akraios, de Phrixos et d'Hellé, de Philoctète, de Machaon ; sur lesquelles nous voyons la san-

I. Sotère d'argent de Phaestus. TAAON. Le géant ailé Talos faisan! le lour de l'Ile de Crèle en brandissant une pierre, if. 4AI£TlâN. Le taureau Cretois, cornupète. Monnaie frappée au iv siècle.

dale que Jason laissa tomber dans TAnaurus, les chevaux fougueux qu'on élevait dans les plaines fertiles du Pénée (fig. 17),

la nymphe Larissa portant une hydrie, remettant sa sandale, regardant son miroir, types d'une grâce idéale que ne surpasseront pas les artistes syracusains "? Rappellerai-je les légendes du bouclier béotien, de THéraclès de Thèbes, de l'Hermès criophore de

I. Didrachme de Larissa, en Thessalie. Tête, de face, de la nymphe Larissa. ïJ. AAPISEAIÛN. Cheval grattant le sol d'un pied de devant et baissant la tôte. Monnaie frappée au iv* siècle.

. 2. Voyer Percy Gardner, Thessaly to Aetolia (Catalogue of Greek Coins in the British Muséum), Londres, i883, passim; Barclay V. Hcad, Historia numorum^ pp. 246 et suiv.

.Tanagra ? Voyez les belles monnaies de l'Argolide, avec Héra et ses symboles, Apollon Lykios, le combat de Danaos et de Gelanor pour la domînaiîon du Péloponèse; la touchante histoire de Cléobis ei Biton traînant eux-mômes le chariot sur

lequel leur pieuse mère est assise pour se rendre au temple d'Héra (fig. i8)'. En Arca-

I. Monnaie de bronze d'Argus, à l'effigie d'Antonin le Pieux ; il ne. reste de la légende qu'une par^ .tie du mot [ANTÛNEI]NOC. i{. [APr]EIQN ; le type représente Cléobis et Eiton traînant le chariot sur -lequel leur mère est assise.

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