‹ Les Collections de Nouvelles de l'Empereur JustinienChapitre 4 sur 21 · SA · texte numérisé non relu

SA

Les premiers possesseurs du Marcianus 179.

En tête du manuscrit, sur le folio qui précède le premier folio numéroté, au verso, on lit (*) : « aotepôn raox +0ù ueyhou

() I y en a, en plus, deux en tête qui ne sont pas numérotés.

(2) Zanetti, Græca Marci bibliotheca codd. mss., 1, p. 103; Morelli, Bibl. manuscr., I, p. 403; Biener (notice de Bluhme), Gesch. der Novellen Justiniani, p. 617-621 ; Zachariæ, Imp. Justiniani Novellæ (Teubner), 1881, préface, p. vuietsuiv.; Kroll, Novellæ, 1913, préface, p. vit et suiv.; Monnier, Meditatio de pactis nudis, Nouv. Rev. hist., 1913, p. 135 et suiv.

() Imprimé dans Zach., Novellæ, præf., p. vin; Kroll, Novellæ, præf., p. VIII.

xotToD xvo0Ù cuvatüo0s Tob uahelvou (1) y th@yix ai ueydhn po” TD Tuto: GLÉÀ IX diapo. êy TEUTOLS 0 améctohos 0 xaÜnueotvos ka! rovuévos xal à GBiBAos Tüy daludy za à vouoxévoY 0 écunveubeis (2) TApA yxokdov DoËamarotov. xal 70 uéya BuSAioy ro Y9UuLoY. ai vEapo ai roy véuwy étavaobwets magà Méovros (*) rod ueyæhv Basthéws xx 120 uaxaotou iovorimavob o! énoyauatouevat abbevrixol. cdv ToUtotc ar 7à instiroù pxout » (+).

Nous apprenons par là que le grand juge Synator Malenus ou Maleïnus a fait don au monastère 7Ù r219%: de différents livres : un évangéliaire, un psautier, un Nomocanon (°) attribué à Nicolas Doxapater et « le grand livre légal » contenant les Novelles de Léon, les Novelles de Justinien et ses édits. C'est notre manuscrit.

Le monastère dont il s'agit est le célèbre monastère basilien de Sainte-Marie du Patir (*) des environs de Rossano en Calabre. Son nom complet se trouvait dans des actes qui en proviennent et qui avaient été transportés au monastère de Saint-Basile de Rome par ordre de l’abbé général des monas-

tères basiliens d'Italie, dom Pietro Menniti, à la fin du

(‘) Zach., pwhévou.

(*) Marc., épunveutetc.

(3) Marc., \éwvtos.

(s) Zach. Tù TOLXTE TOUTOU.

(5) Montfaucon, Palaeogr. græc., p. 62 et suiv., 301 et suiv., avait cru reconnaître ce Nomocanon dans un Vaticanus 2019 provenant du monastère du Patir ou tout au moins des monastères Basiliens de l'Italie méridionale (n° 58 du catalogue manuscrit de ces codes dressé sur l’ordre de dom Menniti). Il contient un epitome des canons avec un commentaire d’Aristène mais mis sous le nom de Doxapater. Au folio 155, ou lit une note d’un oivérop rc xour'. Il y dit qu'une fille lui est née (en 1232), puis un fils (en 1234) et que sa femme mourut ensuite. Montfaucon pensait que ce atvérop pourrait être notre Synator Maleïinus. Cependant Zachariæ (Novellæ, p. vu, note 3) en doute et M..Monnier (Nouv. rev. hist., p. 138, note 1) accentue l’expression de ce doute. On lit, en effet, folio 165%. Pi6Aloy keyduevov ypovxby Eyov xal thy vouoxivovov &ptépwsts 5oÙ b168 .. Ce Code serait donc un cadeau de ce Rabd.… et non de Synator Maleïnus.

(*) Pierre Batiffol, L'abbaye de Rossano, Paris, 1891.

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xvir siècle (1). Montfaucon :les a examinés (?) et donne ce titre : « uovn this ayodvrou Oeoréxou xal véus Sdmyntoius To marods ». IL'a été fondé à la fin du xr siècle par saint Barthélemy (*) et non par saint Nil comme le dit Montfaucon sur la foi du cardinal Sirleto (‘).

Le grand juge Synator ou senator Maleïnus est un membre de-cette famille des Maleïni célèbre à Constantinople et en Calabre. À Constantinople notamment'le magister Eustathe

Romain () en fut membre. Dans l'Italie méridionale et spécialement à Rossano d'où ils sont originaires, on trouve des traces de leurintervention dans des actes importants. En 1099, dans un acte en faveur du couvent de Saint-Jean Thériste de Stilo ou Saint-Jean le-Moissonneur, est nommé un Nicolas Maleïnus (°). Peut-être est-ce Le Nicolas Maleïnus, archevêque de Rossano, en 1105, qui lutta en vain lors de la fondation du monastère de Rossano pour qu'il ne fut pas soustrait à sa juridiction. Ce qu'il n'obtint pas puisque le pape Pascal IT consentit à l'abbaye le privilège de l'immédiateté par une bulle de 1105 ("). En 1144, un autre acte constate un compromis entre Léon Maleïnus et le même monastère Saint-

(*) Pierre Batiffol, La Vaticane depuis Paul III (Re». des questions hist., janvier 1889, p. 196).

(?) Palaeogr. græc., p. 380. On en a aujourd'hui perdu la trace. Batiffol, La Vaticane depuis Paul III, p. 197.

(8) Pierre Batiffol, L'abbaye de Rossano, p. 2.

(:) D'après une lettre du cardinal Sirleto qui se trouve en tête de la liturgie de Saint-Marc. Montfaucon, !. c., p. 384.

(5) Monnier, La Novelle 50 de Léon le Sage, Paris, 1912, p. 33, n° 6. (5) Montfaucon, p. 381.

*.(?) Batiffol, Abbaye de Rossano, p. 6 et 60, souscription du Vaticanus 2050 : «(le manuscrit) a été achevé le 8 août 1105, l’année où le pape Pascal a conféré le privilège de l’immunité à notre saint père Barthé- - Jemy pour son abbaye de la très sainte mère de Dieu dite toù foyoviurn. C'est cette même année que Bohémond revint en-Calabre, fuyant devant Alexis. Notre abbaye a dû la tranquillité (à cette disposition du pape Pascal) et d’être délivré des mains, des Maleïnoi, car bien vivement elle était inquiétée par Nicolas Maleïnos, l'archevêque, et par les siens »,

Jean-le-Moissonneur (‘). En 1167, un diacre, Michel Maleïnus, souscrit un acte de donation fait par l'archevêque de Rossano, Jean, à l'abbaye Saint-Jean-de-Calovito. Enfin un Synator Maleïnus signe en qualité de témoin la copie d'une bulle d’or du roi Roger accordant des privilèges au monastère TtÙ 72025. La Bulle est de 1130, mais sa copie authentifiée par la signature des témoins est d'au moins cinquante ans postérreure, d'environ 1189 ou 1190, comme le prouve Montfaucon (?). Notre manuscrit est de cette époque ou du début du xur° siècle. Il se pourrait donc, comme le dit Zachariæ (*) que ce Synator Maleïnus soit celui-là même quien a fait don au monastère du Patir. Il serait devenu « grand juge » de Calabre au début du xm° siècle. Si Kroll repousse cette identification, c'est, comme le fait remarquer M. Monnier (*), à la suite d'une confusion. Les témoins, et parmi eux Synator Maleïnus, n'ont pas signé la bulle d’or de 1130, mais ils en ontauthentifié une copie postérieure faite vers 1190. Le Synator Maleïnus témoin n'est donc pas nécessairement plus ancien que le Synator Maleïnus, grand juge de Calabre. Mais ils sont au contraire contemporains et peuvent être une seule et même personne.

Ce Code à donc été donné au monastère du Patir peu de temps après avoir été copié. Venait-il de Constantinople ? Faisait-il partie de ces nombreux Codes grecs qui ont été apportés en Occident après la prise de Rome par les Latins ? Ou bien a-t-il été copié en Calabre même. Zachariæ qui pose la question n'a pas osé y répondre (*). Les calligraphes de la Calabre et du royaume de Naples ont copié beaucoup de manuscrits. Mais les recherches faites (‘) pour distinguer

(") Montfaucon, p. 388.

() Montfaucon, ibid., p. 385.

() Zachariæ, Novellæ, præf., p. 1x.

() Monnier, Nouv. rev. hist. de droit, 1913, p. 137. (5) Zachar., Novellæ, præf., p. 1x.

(5) CF. Batiffol, Abbaye de Rossano, p. 78 et suiv.

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leurs œuvres de celles de la capitale n'ont pas encore été poussées au point de fournir des règles sûres. La question en dehors de tout renseignement précis doit rester encore sans être résolue.

Au xv° siècle, le manuscrit sortit du monastère du Patir pour devenir la propriété du cardinal Bessarion. C’est ce que nous apprend une note de la main du « cardinal de Nicée », placée à la suite de celle que nous venons d'étudier. « Leonis Novellærônes vx. ai veasai rod touoruyavod rat A kov BastAéoy. xriux Bnoouotwvos xandwakcos vxrlas Tr0Ù Tùy safivoyr : Locus 51. Authentice liber. b. Car. niceni Epi. Sabinen. ». Grâce à cette inscription, M. Monnier a identifié de façon très précise la date à laquelle ce manuscrit fut acquis par Bessarion ('). Bessarion, métropolite de Nicée en 1436, cardinal au titre de l’église des Saints-Apôtres en 1439, fut créé évêque de Sabine, le 5 mars 1449, par le pape Nicolas V. Il ne le fut que quelques mois et le 2 mai de la même année il fut créé évêque de Tusculum. Comme il se qualifie, dans la note, évêque de Sabine, le manuscrit a donc été acquis par lui dans ces quelques mois entre le 5 mars et le 2 mai 1449.

Bessarion, collectionneur infatigable de manuscrits précieux, qui dépensa, selon Platina, plus de trente mille ècus d’or pour réunir la plus belle bibliothèque de son temps, avait des relations particulièrement étroites avec les moines basiliens de l'Italie du Sud dont les abbayes récélaient des trésors en manuscrits grecs. Ancien moine Basilien lui-même, il avait présidé l'assemblée générale de réforme de l'ordre en 1446 (?) et en devint le cardinal protecteur. Il était donc un de ces personnages importants qui devaient recevoir le plus souvent ces visites dont parle don Paez de Castro à Philippe IL (3). « Il y a aussi dans les couvents de la Sicile et

(*) Monnier, Meditatio, p. 138.

(?) Vast, Bessarion, Paris, 1878, p. 160.

() Dans un mémoire, Sur l’utilité de fonder une bonne bibliothèque, cité

de la Calabre de vieux et précieux manuscrits grecs qui n y servent plus à rien et se détériorent chaque jour sans profit pour personne. Les prieurs viennent parfois à Rome en offrir comme cadeaux aux cardinaux et leur proposer d'en acheter ».

On sait que la bibliothèque de Bessarion est l'origine et reste toujours le noyau le plus précieux de la bibliothèque de Saint-Marc de Venise. Bessarion n'avait point d’héritiers et il ne voulait pas que ses livres, réunis de son vivant avec tant de peine, fussent dispersés après sa mort (1). Il les avait donnés, en s’en réservant la jouissance, au monastère bénédictin de Saint-Georges-Majeur pour remercier les moines de l'hospitalité qu’ils lui avaient accordée lors de sa légation à Venise. La révocation de cette donation lui fut permise par un bref de Paul Il, et, pour rendre sa bibliothèque plus accessible à tous, il en fit une nouvelle donation à la République de Venise, le 31 mai 1468 (). La bibliothèque de Bessarion devint alors la bibliothèque de Saint-Marc.

par Graux, Essai sur les origines du fonds grec Ge l’Escurial, p. 28. Les deux principales sources de la bibliothèque de Bessarion sont la bibliothèque du couvent de Saint-Nicolas de Casole près d'Otrante (Iakrb. d. Samml. d. Allerhæchst. Kaiserhauses. 19. Wien, 1898, p- 151) et Les bibliothèques des monastères Basiliens de l'Italie du Sud.

() Ut libri quos tanto studio et labore coegerim, me vivo, ita collocarentur, ut etiam defuncto dissipari alienarique non possent (Patrol. græca, Migne, 161, p. 701). Lettre au Sénat de Venise. Sur la bibliothèque de Bessarion : Valentinelli, Bibliotheca, ms. S. Marci Venetiarum (Venetiis, 1868), t. I, p. 1. — Morelli, Della publica libreria di San Marco in Venezia (Venezia, 1774), réimprimé dans les Operette di Jacopo Morelli (Venezia, 1820), t. I, p. 1-12. |

(?) Notre manuscrit ne figure pas dans l'inventaire qui suit l’acte de donation authentique conservé à la bibliothèque Saint-Marc sous la cote L. XIV. 14, publié par M. Omont. Inventaire des manuscrits grecs et latins donnés à Saint-Marc de Venise par le cardinal Bessarion en 1468, Paris, 1894, Rev. des bibl., 4, 1894; p.129. Il n’est pas dans l'inventaire des mêmes manuscrits dressés lorsqu'ils furent enfermés dans trente caisses pour être envoyés de Rome à Venise. L'inventaire par caisses a été publié d’après lé manuscrit de la Riccardienne de Florence par

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Utilisation du Marcianus du XV° au XX: siècle.

Depuis son dépôt à la bibliothèque de Saint-Marc où il est toujours resté, le manuscrit des Novelles à été plusieurs fois consulté et copié.

Le premier qui l'ait fait parait être Vigile Zwichem ('). Il dit, dans la préface de son édition de Théophile (?}, qu'on lui communiqua des manuscrits de la bibliothèque de Saint- Marc pendant son séjour à Padoue. IL les dut à l'amitié de Bembo et d'Egnatius qui étaient à Venise. Une lettre de Brencmann à Hombergk zu Vach (*) nous renseigne exactement sur ce que contenait sa copie du manuscrit. Elle contenait la constitution de Zénon rest xauvomoudy, les Novelles qui manquent dans l'édition d'Haloander (de 1531), les treize édits et les Novelles de Léon. Elle était écrite de la main de Zwichem et datée de Padoue. XZ. Ka! Mai anno salutis 1533. Lorsque Brencmann vit cette copie, elle était aux mains de Balch. Elle formait un supplément manuscrit d’un exemplaire de la première édition de Vigile Zwichem. Brencmann en recommande l'usage à Hombergk. Le manuserit devint la propriété de Meermann qui le communiqua avec

Lami (Deliciæ eruditorum, 1740, &. IX, p. 128-146) reproduit dans Migne, Patr. græc., L. CEXI, col. 701-714 pour les manuscrits grecs. Mais il est au contraire dans un inventaire alphabétique des manuscrits de Bessarion dont la partie grecque a été publiée par Montfaucon (Bibliotheca bibliothecarum ms. nova, 1739, t. 1, p. 467-477, d'après une copie de Constantin Palæocappa conservée dans le manuscrit grec 3064 (folios 16-32) de la Bibliothèque Nationale. Sous la lettre A, Libri Graeci, on lit: Authentica in pergameno (c’est le titre de Bessarion, Authentice). Il ne fut donc remis à la République de Venise que postérieurement à la donation principale.

{) Cf Stintzing, Geschichle der deutschen Rechtswissenschaft, I, p. 226. ,

(*) Voir cette préface dans Reitz, Théophile, I], p. 1132-1133.

(#) Publié dans Zepernich, Delectus scriptor. nov. illustrant., p.263.

trois autres à Spangenberg, lorsque, après avoir à peu près achevé son édition du Code, celui-ci songea à celle des Novelles (publiée en 1797). Ce sont les Codes désignés dans les notes critiques de cette édition comme Meermanniant I, I, II et Coder Zuichemi. « Antiqui codicis exemplum, manu Vigilii Zuichemi cum Patavii profiteretur anno 1553 plurimam partem descriptum auxilium ferente docto quopiam sodali, qui reliqua perscripsit nec non absolvit (1) ». Ge collaborateur est Henri Mathias qui, une fois sa collation faite, renvoya les Codes à Meermann, sans que Spangenberg ait pu les voir lui-même (?). Ce manuscrit contenait les Novelles de Léon et Spangenberg, qui l'appelle dans ses notes (*) Zuich., dit que c’est une collection de suppléments à Haloander. Il est vrai que Spangenberg ne parle pas de la Constitution de Zénon et des treize édits et qu'il ne donne aucune variante de ce Code en ces endroits. Mais, comme le dit Biener, il a pu le faire à dessein (*). On a perdu actuellement la trace de ce Codex Zuichemi.

Le Meermannianus III est, au contraire, conservé actuellement à Berlin. Il peut être identifié avec le Cod. Meerm. 178 (= Philipps. 1499) (*), qui contient : folio 11',le Nomocanon des 50 titres; /o/i0 156", la Collection des 87 chapitres; folio 179", la Collection des 25 chapitres ; folio 209", les Novelles de Léon; /o/io 301", 24 Novelles qui manquent à Haloander; /olio 303", les édits de Justinien, les Novelles de Justin et de Tibère. La partie de ce manuscrit qui contient les Novelles a donc la même matière que la copie de Zwi-

(°) Dans la préface de son édition des Novelles, tome II de son Corpus Juris civilis, 1797.

(*?) Monnier, Nouv. Rev. histor., 1913, p. 145, note 1.

(#) Spangenb., p. 8 et 252.

(*).Biener, G:;d: N.,1p.:555:

() Cohn, Verzeichniss der Meermannhss., p. 39. G. Studemund et L. Cohn, Codices ex bibliotheca Meermanniana Philippici graeci, Berlin, 1898, 95, p. 3%

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chem. Cependant il ne semble pas que ce soit une simple copie de cette copie. L'édition de Spangenberg prouve qu’il y à des variantes entre ces deux textes, notamment aux Novelles 56 et 137 et les suppléments de Zwichem aux Nov. 97 et 159 manquent dans le Meermann. II ().

En 1541 (?), parut à Bâle une édition des Novelles d'après le texte d'Haloander auquel on avait ajouté 25 suppléments d'après notre manuscrit sous le titre : Hæc sunt quæ variant partim, partim desunt in editione Haloandrina.

Antoine Augustin consulta lui aussi le Code de Venise en 1544. Il dit, dans une lettre à Mendoza (*), au sujet de l’édi- ‘tion des Novelles qu'il avait entreprise mais qu'il ne fit pas pas paraître, qu'il avait comparé avec soin les variantes de l'édition d’Haloander, des manuscrits de Florence et de Venise. Il ajoute qu’il y copia la constitution de Zénon, les 13 édits, les Novelles de Justin et de Tibère et l'index des édits des préfets du prétoire, des constitutions de Tibère, de Maurice, d’'Irène et de Constantin dont le texte même a été séparé du Code. Il copia aussi, folios 1-12, des fragments de Novelles qui manquent dans l'édition d'Haloander, sous le titre : « Iagakemdueva Toy veacüy Duardéewy ’louorimavod Pasihsos ». Cette copie nous a été conservée dans la bibliothèque de l'Escurial où elle forme le Codex Scorialensis & 17 (o

Vers 1548 environ, une copie entière du Marcianus fut faite par un « Graeculus » pour le compte d'Henri Scrimger. C’est le Palatino-Vaticanus 387, sur lequel il fit son édition des Novelles de 1558. Nous en parlons plus loin.

Cinq ans plus tard, l’autrichien Georges Tanner en entreprit lui aussi une copie, de novembre 1553 à février 1554.

(:) Stintzing, Gesch. d. deutschen Rechtsw., p. 206, dit que ces suppléments proviennent de l’utilisation du manuscrit de Vigile Zwichem.

(?) Biener, ibid., p. 351.

() Dans ses œuvres complètes, t. VIT, p. 185. Voir Biener, p. 552.

(‘) Miller, Catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque de l'Escurial, 1848, p. 143.

IL voulut la faire publier par les éditeurs de Bale. Ceux-ci hésitèrent et, sur ces entrefaites, Scrimger publia la sienne. Nous apprenons ces détails dans les lettres de Tanner éditées en 1879 par Stintzing (!). Il nous dit que déjà le Code de Saint-Marc était devenu illisible en quelques-unes de ces parles. Pour les raviver, le légat pontifical Becatelli lui fit subir un traitement chimique. Tanner semble avoir fait deux copies, la première sur une copie qui avait été faite pour Becatelli par un Graeculus, une seconde sur l’archétype de Bessarion lui-même (?).‘Ces manuscrits sont aujourd'hui perdus. Agylaeus s'en est peut-être servi pour sa traduetion latine en 1561, à Bâle (*).

Biener (‘) cite un autre jurisconsulte plus récent qui aurait aussi consulté le manuscrit de Venise, Jacob Girard. Mais on ne le sait que par une notice de Weiss (‘), qui ne dit pas clairement s’il voulait éditer toutes les Novelles ou seulement quelques-unes.

Au xx° siècle, le manuscrit de Venise fut enfin examiné en entier. Il est curieux de remarquer qu'il a fallu attendre ces dernières années pour voir notre meilleure source servir de base à des éditions des Novelles. Biener n'avait pas pu l’exa-

Fe à PA

miner en personne. Il avait chargé Bluhme de lui en donner une nolice. Celle-ci lui arriva seulement après l'impression complète de son Histoire des Novelles, et il l'imprima dans les dernières pages de corrections et d'additions (f).

() Stintzing, Georg Tanners Briefe an Bonifacius und Basilius Amerbach, 1554-1567. Ein Beitrag zur Geschichte der Novellen Editionen, Bonn, 1879. — Cf. Geschichte der deutschen Rechtswissenschaft, 1, p. 233.

(2) Stintzing, Geschichte d. d. Rechtsw., 1, p. 236.

(5) D’après les lettres de Tanner, on voit qu'Amerbach avait montré à. Agylaeus les manuscrits de Tanner déposés chez un éditeur de Bâle, et qu’Agylaeus demanda à Tanner de s’en servir pour sa traduction. Aussi cite-t-il dans sa préface le manuscrit de Tanner.

(*) Biener, G. d. N., p. 556.

() Weiss, Hist. litt. Novell., p. 5.

(s) Biener, übid., p. 617.

Le docteur Maier qui, vers la même époque, visitait les bibliothèques de Florence, de Venise et de Bologne, vit le Marcianus et en copia quelques parties. IL mourut avant d'avoir pu mettre en œuvre les documents réunis. IL dut copier les parties encore inconnues de ce manuscrit. Car Zachariæ eut communication de ces papiers à Tubingue{!). IL se servit de la copie qu'il avait faite de l’index des édits des préfets du prétoire ainsi que de la copie d'Heimbach pour éditer cet index dans la De/ineatio juris et dans ses ’Avéxdora.

Heimbach junior vit le Marciunus en 1833. IL en raviva l'encre pâlie par l'ancienneté et l'humidité à l'aide de procédés chimiques, comme il l'écrit de sa main sur la première feuille de garde « Hunc codicem novellarum Justiniani, partim vetustale, partim hominum indoctorum manibus, ex parte corruptum ex [llustri Petri Bettionis bibliothecarii auctoritate, remediis ex arte et disciplina chimica petitis, pristino nitori restutuimus. Dat. XXVI die mensis Jan. anni p. chr. n. MDCCCXXXIIT ». On a ajouté à cette note « manu propria scripsit G. Heimbach junior prof. Lipsiensis ». Il collationna ce manuscrit pour son édition de l'Authentique (?). Il y note les variantes du texte grec. Néanmoins, il ne semble pas que sa collation ait été complète Car ses variantes proviennent la plupart du temps de l'édition de Spangenberg plutôt que des sources originales.

Au contraire, Zachariæ en fit une collation complète (°). Ce fut la source principale de son édition de 1881. Il le dit dans sa préface de façon caractéristique « Novellas graecas ad fidem Venelr edo ».

() Zacha., ’Avéxdora, p. 258 : « Hunc indicem ego postea in Delineatione historiæ juris G. R., p. 105-107, edidi ex schedis Maieri et Heimbachüi, quarum illas beneficio Tafelii, philologi Tubingensis, has vero ipsius E. Heimbachii, viri mihi amicissimi, liberalitate nactus sum ».

(?) Heimbach, Authenticum, 1, Prolegomena, p. DCLXXxv.

(5) Zach., Novellæ, præf., p, ur. « Eum (Codicem Venetum) mihi non solum Venetiis inspicere sed etiam collationis causa per aliquot menses penes me habere licuit ».

Quelques années plus tard, Schæll en fit, lui aussi, une collation complète. Elle lui servit pour l'édition achevée par Kroll après sa mort en 1895, édition qui devait prendre place dans le Corpus juris civilis de Mommsen. Le manuscrit de Venise est toujours la source principale de Schæll. Mais ce n'est plus la source presque unique comme dans l'édition de Zachariæ.

Enfin, en octobre 1913, j'ai examiné personnellement le

Marcianus.

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