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pays : « Les Anglais, dit-il, se reportent par la pensée
à l’époque où, selon la tradition du moins, ils possédaient déjatous les droits que leur reconnaît la charte et méme d’autres encore: les, Français ne font attention qu'à l'oppression actuelle dont ils sont débarrassés. Les Anglais possèdent une antique constitution locale dont les membres reçoivent la nouvelle concession et des gildes d’une ancienneté suffisante pour que leur confirmation soit équivalente à une nouvelle garantie des libertés acquises ; la commune française est un corps de formation récente qui a, grâce à une conjuration,. arraché à ses oppresseurs l’abolition d’une servitude héréditaire (Beauvais, Compiègne, Soissons). Les chartes françaises sont pleines de clauses protégeant les droits des seigneurs féodaux entamés par la concession de ces chartes ou bien abrogeantcompletement ces droits en vertu de l’alliance faite entre le roi et la commune contre leurs ennemis comrauns. Dans les chartes anglaises, il n’y a pas de traces d’un tel antagonisme ni de semblables précautions”. » On n’a qu'à parcourir en elfet les statuts des
gildes anglaises; ils renferment pour la plupart
une réserve expresse des droits de la couronne, de la
ville ou du seigneur. En Danemark également, les
oildes restées toujours sous la tutelle de lautorité
royale qui avait été pour beaucoup dans leur créa-
tion, se développèrent d’une façon normale et res-
r, Stubbs, Constitutional history of England, t, X, p, 427,
tèrent liées intimement à l'administration des villes. En Allemagne elles furent tour à tour combattues et soutenues par le pouvoir impérial et manifestèrent leur existence de facons bien diverses.
Partout l'influence de la gilde sur les chartes communales dépend non pas tant des différences de races et de tempéraments'que de la conduite du pouvoir supérieur envers elles. Nous avons vu que, dès son origine, la gilde a été l’objet de proscriptions de la part des Carolingiens, soit à cause du caractère paien dent elle gardait une empreinte fidèle, soit à un autre point de vue qui mélait à la fois la religion et la politique. De la part de l'autorité royale, le danger politique finit bientôt par devenir l'unique motif d'hostilité. Un capitulaire de Karloman de 884 laisse bien ressortir ce qui dans la gilde effrayait le plus : la faculté de se passer de l’appui de l'autorité royale : « Nous voulons, dit le texte, que les prêtres et les