Orellius, 2385, 3. Corp. Berol., I
dans des lieux que l’on appelait scholæ!, sequelæ ou curiæ, maisons de particuliers, maisons communes données à la corporation ou bâties par elle à ses frais‘. La lex collegii déterminait l’époque de ces assemblées et leur but. Trop fréquentes, elles portaient quelquefois ombrage à l'autorité qui défendait, par exemple, aux collegia tenuiorum de se réunir plus d’une fois par mois”. La crainte perpétuelle était toujours de voir quelque association prohibée se déguiser sous les dehors d’un collège autorisé,
Les monuments nous ont conservé la physionomie générale d’une décision prise par une de ces assemblées. Le scriba rédige l’acte, indique l’année par les consuls, le lieu où se tient la réunion, nomme le fonctionnaire au rapport duquel la proposition a été introduite, mentionne la proposition et la décision prise. Quelquefois cette décision était une adresse, un vœu qui était présenté à l’empereur et auquel celui-ci répondait, comme des exemples nous le montrent dans le Code théodosien, par exemple les constitu- Uons ad decretum naviculariorum.
Les votes se comptaient certainement à Îa majorité simple, car l'unanimité est impossible à exiger : lorsqu'un magistrat l’a obtenue lors de sa nomination, les inscriptions ont soin d’en faire mention, mais en thèse générale la majorité suffit, « lefertur ad uni-
versos quod publice fit per majorem partem*. » Quel-
quefois les ingénus seuls avaient le droit de vote". Dans les cités, la présence des deux tiers de l’ordo était nécessaire”; peut-être en était-il de même dans les collèges ; cependant l’analogie n’est pas absolument certaine, car l’ordo decurionum n’était pas ce que l'on appelait une universitas ordinataÿ.
Le collège se réunissait aussi pour des cérémonies en commun ou des banquets. Les fêtes religieuses étaient un des principaux éléments de la vie de ces corporations et on célébrait certaines d’entre elles avec beaucoup de solennité. Les tubicines avaient tous les ans un festin solennel dans le temple de Jupiter Capitolin et se réunissaient aux Ides de juin dans le temple de Minerve ‘. La fête annuelle des pécheurs du Tibre se plaçait le 7 juin ; on y célébrait les ludi piscatori. Pour les fontani, c'était la fête de Juturne. Peut-être un certain nombre de collèges avaient-ils pour patron la même divinité, comme Mercure pour les marchands* et Minerve pour d’autres artisans®; mais en outre chacun d’eux se choisissait un protecteur particulier et honorait parfois son propre génie: « Genie collegii fabrum », disent un certain nombre d'inscriptions. Ils paraissent avoir été fort attachés à ces cultes et, après le triomphe du christianisme, le collège des dendrophores, par exemple, eut à subir
. Corp. Berol. EL. 1492.