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libres. Comment arrivèrent-iis à former cet immense réseau qui enferma dans ses mailles toutes les branches de l’industrie ?
Parmi les causes qui ont pu agir sur le développement du système corporatif dans l'empire romain, il y en a trois qui nous semblent dominantes : l’extension des travaux publics; l'institution des secours publics; les efforts des empereurs pour diminuer la classe oïisive et improductive, joints à leur tendance de réglementer d’une facon minutieuse toutes les classes de la société. Ces causes, assurément, sont plus où moins directes; mais on ne doit pas négliger dans la matière qui nous occupe les influences générales qui, en répandant le bien-être et en développant le commerce, n'ont pu qu’améliorer la situation des ouvriers.
Parmi ces influences générales, il faut placer au premier rang les travaux publics de toutes sortes qui furent exécutés sous les empereurs et principalement sous les Antonins. Ces travaux étaient dirigés par l'État, par les municipes, par des fonctionnaires ou des magistrats qui, à l'exemple d’Auguste, faisaient construire ou réparer des routes. C'était une impulsion générale portant à l’embellissement, à l'extension des villes, à la multiplication des voies de communications, en un mot à uue foule d'ouvrages de grande utilité ou de simple parure. Dès le début de l'empire, toutes Les corporations s’adonnant à l'industrie du bâtiment ou aux ouvrages d’art durent ressentir les effets bienfaisants et vivifiants de cette administration,
car à cette époque les esclaves commencèrent à être remplacés par des hommes libres dans les travaux publics ‘, sans doute parce qu'ils ne pouvaient suffire à leur tâche.
Il est inutile de refaire pour chaque empereur l’historique de tous les monuments plus ou moins utiles, plus ou moins considérables qu'il fit élever; leurs ruines suffisent à en rappeler l'importance. Notons seulement deux noms fameux : Trajan et Hadrien; le premier qu’Eutrove appelle le grand bâtisseur de l’univers, orbem terrarum ædificans* ; le second qui parcourait les provinces entouré d’une armée d'ouvriers, subventionnant largement les villes qu’il traversait pour les aider à faire les travaux dont elles avaient besoin, leur laissant le modèle de ces corporations qu’il avait presque militairement organisées *.
Il est surtout trois genres de constructions qui ont immortalisé le génie romain et forment pour ainsi dire les types de leurs travaux publics : les aqueducs, les routes et les égouts « Zn tribus magnificentissimis « operibus Romæ, écrit Denys d’'Halicarnasse, e£ qui- « bus maxime apparent illius tmmpertiopes, porno aquæ- « ductus, viarum munitiones et cloacarum structuras».
Tout le monde connaît l’ancienneté de la construction des égouts de Rome et l'importance qu'un pareil service devait avoir quand la ville se fut déve-