Les colonies animales et la formation des organismes
Lorsque parut la première édition de ce livre, ce ne fut pas sans peine qu'il arriva jusque sur le bureau de TAcadémie des sciences . Son odyssée a été contée ailleurs (1 ). Depuis ce moment, la méthode qui en avait été Tàme, la doctrine qui s'en dégageait ont conquis dans l'esprit des naturalistes une place que constatent même d'irréductibles adversaires (2), et se sont fait jour jusque dans les spéculations des philosophes et des hommes politiques. Nous avons pu nous-même les mettre à l'épreuve dans un multiple enseignement, et nous en servir pour coordonner rationnellement les plus menus faits de l'organisation, du développement embryogénique et même de la classification des animaux (3).
Il nous sera donc permis d'exposer ici, avec plus d'assurance que nous ne pouvions le faire il y a quelques années, le but que nous avons essayé d'atteindre en écrivant cet ouvrage.
Les causes et les lois comparatives. — : Darwin a, plus que tout autre, contribué à répandre cette idée que les formes vivantes résultent, au même titre que tous les phénomènes naturels, du libre jeu des forces physiques. Mais sa théorie de
(1) Préface du livre posthume de M. de Quartrefagbs : Les Émules de Darwin, p. lxviii.
(2) Voir notamment la Revue scientifique du 13 mai 1896.
(3) Edmond Perribr, Traité de zoologie^ 1892-1897. •