CHAPITRE PREMIER
A) Etats-Unis.
4° Production.
Les habitants des États-Unis ont célébré en 1884, le centenaire de l'établissement définitif de la culture du coton dans leur pays et ils pouvaient se montrer fiers des résultats obtenus, car les exportations qui s'élevaient en 1784 à 71 balles seulement, atteignaient en 1884 le chiffre énorme de 3.916.581 balles, résultats aujourd’hui presque doublés.
Il n’y a presque pas d'exemple d’uné progression aussi rapide acquise par une culture dans un pays dans un temps aussi court.
Le cotonnier est une plante essentiellement tropicale et c’est précisément de l’Amérique tropicale où il croissait à l’état spontané qu'il a été importé aux États-Unis.
Le coton était produit en grande quantité aux Antilles, on le rencontrait aussi sur le continent, depuis le Mexique
jusqu’au Pérou, et lorsque les Espagnols s'emparèrent de
ces pays ils trouvèrent chez les indigènes des étoffes de coton qui leur parurent assez remarquables pour qu'ils les envoient à la Cour de Madrid parmi leurs trophées de conquêtes.
En 1536, de Véca faisait connaître l'existence du cotonnier vivant à l’état sauvage en quelques points du bassin du Mississipi et du Texas, mais il n’y était pas encore cultivé à cette époque, et l’on doit attendre près d’un siècle pour en découvrir les premières traces. En 1621, Bancroft signale quelques cultures en Virginie où W yatt encourageait cette exploitation.
Robert Horne mentionne également la présence de cotonniers en Virginie en 1666. Dans une lettre de 1682, Samuel Wilson estime que le coton pourrait être produit dans la Caroline du Sud, comme à Chypre et à Smyrne.
Au milieu du xvr° siècle, les colons de la Virginie joignirent la culture du coton à celle du tabac à laquelle ils s’adonnaient alors exclusivement.
En 1722, Charlevoix dit qu'il a vu des cotonniers sur les terres d’un nommé Le Noir, dans la Louisiane, et le capitaine Roman signale une machine inventée par Krebs pour séparer la fibre de la graine.
En 1733, un suisse du nom de Peter Purry fonda une colonie dans la Caroline du Sud (Purrysburg) et y apporta des graines de coton. En 1754 un compatriote de Purry Samuel Auspurger importait cette culture en Georgie, en 1741 il adressait quelques échantillons de coton en Angle-
terre et s’efforçait de démontrer que la nature du sol
comme le climat se prêtait admirablement à la culture de cette plante.
Mais, à cette époque, les produits ne pouvaient être considérables, car l’égrenage fait à la main exigeait une manipulation longue et dispendieuse. Enfin, en 1742, Dubreuil imagine la première machine à égrener et c'était là le facteur le plus important du développement de la culture du cotonnier.
C’est seulement dans les vingt dernières années du xviu® siècle que la production aux Etats-Unis, prit un essor définitif.
En 1784, on exporta de Virginie huit sacs de coton à destination de l’Angleterre, pesant ensemble 1.200 livres. Les perfectionnements apportés à la fin du xvin° siècle aux métiers à filer et à tisser par Heartgreaves, Cartwright et Crompton ; l'invention par Whitney d'une nouvelle machine à égrener permirent le développement de l'emploi industriel de ce textile, et les Etats-Unis dont en 1790 les exportations ne fournissent que la 1/600 partie de la consommation du Royaume-Uni, commencèrent dès lors à le produire en quantités qui devinrent rapidement colossales.
Le tableau suivant tiré du Census de 1900 permet de juger la progression de la production au cours du xix° siècle.
La récolte y est évaluée sous deux formes, en balles unité de transaction commerciale, mais de poids assez variable suivant la compression, et en livres anglaises (la