‹ Les Colonies CotonnièresChapitre 12 sur 28 · livre étant de 453 grammes · texte numérisé non relu

livre étant de 453 grammes

Développement de la production cotonnière dans

les États-Unis d'Amérique.

Milliers de balles Poids moyen Millions de livres

(livres anglaises) anglaises 1780.80 8,9 225 2 41800... 177,8 295 40 180 320,7 250 80 182052 681,8 264 180 LKR ONE 1.312,7 339 445 16039272 2.053,2 38 . 790 1849... 2.469, 1 400 988 18591. 5.387,1 445 2.397 1860..." 3.012 440 1.325 OT 0.759, 4 453 2.607 1SSD RE 7.472,5 477 3.964 1899: 9.534,7 495 4.717

Le progrès comme on le voit a été continu, sauf de 1859 à 1869, décade pendant laquelle sévit la guerre de Sécession (1861-65) dont les effroyables ravages anéantirent presque un moment les cultures de cotonnier.

C'est pendant les dix années qui ont précédé ce désastre que le développement des cultures en correspondance avec un énorme essor industriel en Europe avait été le plus rapide et on sait la crise intense qu’amena l'arrêt des exportations américaines. C’est ce qu’on a appelé

avec raison en Angleterre « cotton famine, » et c’est pour

remédier à cet état de choses qu’une société anglaise s'était fondée sous le nom de « cotton supply association » pour favoriser la culture du coton dans d’autres pays. C'est aussi à cette époque qu'on tenta les essais que nous verrons plus loin en Algérie.

Voici pour compléter ces renseignements, d’après Harry Hammond les prix moyens en cents de coton mid-

ling à New-York dans le cours du xix° siècle.

SOUPER AUET. 28 1SCTENE AN EEE 31,59 AA LCA 16 LLOE PPT PER E 16,25 1820755 17 SPORE 11,35 FODO AE ER 10,04 KL SRSE TERRA 11,53 SMS MAS, 8,92 (KP AS ARRETE 7,64 ASSURE RACERr 12,34 RNA ASE 8,24 ELU OR AR PRADA 11 3 ROUEN MA MEANS 7,93 1e ES RPM NE Ne 101,50 LISA MEET ee 0,94

Il faut pour avoir pris ce développement que le coton ait trouvé aux Etats-Unis des conditions exceptionnellement favorables, cependant on sait que cette culture est strictement cantonnée dans le Sud, nulle part elle ne dépasse le 37° de latitude qui passe par l’entrée de la baie de Chesapeake -et le confluent de l'Ohio et du Mississipi, d'autre partelle reste en deçà du 100° degré de longitude ouest de Grenwich. Seulement aux époques où le coton atteignit des prix exorbitants, ou lorsque la guerre eut

dévasté les plantations du Sud, on le cultiva en dehors de

ces limites au nord de l'Ohio, dans les parties méridionales de l'Illinois et de l’Indiana et dans l'extrême ouest, la Californie, l'Utah et la Névada, mais la production y fut toujours restreinte et sans durée.

Le climat maintient la culture cotonnière dans les limites sus indiquées, en dehors d’elles, l'hiver est trop long, l’été trop sec ou trop frais. Le coton est cultivé maintenant comme plante annuelle aux Etats-Unis et d’ailleurs dans presque tous les autres pays; les rigueurs de l'hiver ne préoccupent donc pas les planteurs, mais il faut que cette mauvaise saison ne soit ni trop précoce ni trop prolongée, de manière à laisser à la plante le temps de se développer et de mürir sous ses fruits ; il faut de plus un été d’une chaleur intense accompagné de pluies fréquentes, mais non coutumières.

Le progrès croissant des moyens de transports a fait que la culture du coton comme d’ailleurs tous les genres de production tend à se concentrer dans les pays les mieux appropriés à son développement naturel et à céder ailleurs la place à d’autres plantes.

Néanmoins, si le coton a reculé au cours des dernières vingt années vers le sud, il s’est surtout étendu vers l’ouest, en 1850 : 12 0/0 seulement des produits venaient des Etats-Unis, à l’ouest du Mississipi ; — en 1860, l’Arkansas et le Texas sont mis en valeur et la part de l’ouest atteint 30 0/0 ; en 1880 et 1890 : 37 0/0 et en 1900 44 0/0.

Voici enfin, d'après le Census de 1900, un tableau qui

donne l'extension prise par les divers Etats depuis vingt

ans. Pour 1903, chiffres pris dans le Financial and commercial Chronicle de New-York, dont les statistiques

font autorité.

Surfaces ensemencées en 1879, 1889, 1899 et 19083 :

1879 1889 1899 1903 en milliers d'hectares Nirpiniés. Pure 18 16 10 14 Caroline du Nord. 307 459 403 447 Caroline du Sud.. 946 795 830 967 GÉDIPIORR ENRES 1.047 17358 1.405 1.668 RlOrIde ns 2 de 98 91 89 127 ANaDama 0 932 1.104 17221 1.564 Mississipi........ 342 1.153 4.159 1.339 Tennessee ....... 289 299 249 292 POUiSIanc, 2e V0. 346 508 DOU 624 FeXAS ne D12 1.574 2.784 ADO ATRANSAS Rene 417 680 656 785 Territoire indien . 14 28 177 306 Dkoma rire » » 96 187 MASSOUTL See 19 23 18 24 Total, y compris 5 autres États. ... 5.792 8.070 JÉIOPAATEOS

Cinq autres Etats non détaillés dans le tableau cidessus sont encore producteurs de coton, mais en quantité très restreinte. En effet, ces cinq Etats réunis n’ont fourni en 4899 que 1.500 balles sur 1.000 hectares cul-

tivés environ, et ce sur une production totale de 9 millions 535.000 balles.

Les derniers Etats énumérés au tableau, à partir du Mississipi, n'avaient à eux six, en 1879, que 1.316.000 hectares cultivés en coton: en 1899, ils en avaient 3.731.000 hectares, ils avaient donc en vingt ans augmenté leur culture en coton de 2.415.000 hectares alors que tous les autres Etats n'avaient augmenté la leur que de 1.503.000 hectares.

Par contre, de 1899 à 1903, le plus fort gain est en faveur des Etats du sud-est, augmentation de 1.065 :000 hectares contre 823.000 pour le sud-ouest. Il est vrai que les hauts prix du coton à cette époque avaient incité les cultivateurs du sud-est à accroître exceptionnellement leur culture cotonnière et d’ailleurs l’année 1903 a marqué un point culminant pour l'étendue des surfaces ensemencées en coton.

Néanmoins, il reste vrai dans l’ensemble que c’est dans les territoires du sud-ouest que se développe et se développera encore certainement la culture cotonnière. Les terres les plus favorables dans le sud-est étant déjà mises en valeur depuis longtemps et exploitées d'une manière intensive si l’on en juge par l’emploi assez large des engrais, on peut en effet évaluer à environ 30 francs par hectare la somme dépensée en engrais dans ces exploitations cotonnières de Caroline et.de Georgie, d’après les chiffres moyens du Census de 1900.

Et cette somme va diminuant à mesure que l’on s’a-

vance dans les Etats de l’ouest, les terres y sont encore neuves en beaucoup d’endroits et il en reste beaucoup d'excellentes susceptibles de fournir sans soins particuliers d’abondantes récoltes, les terres cultivées ne l’étant que depuis peu ne sont pas encore près de s’épuiser.

La production moyenne paraît ressortir en 1899 à un peu moins d’une balle par hectare, soit 495 livres anglaises ou 220 kilogrammes à l’hectare: en 1897, on atteignit 240 livres par acre ou 270 kilogrammes à l’hectare, c’est le chiffre le plus élevé recueilli dans les 25 dernières années. Les plus mauvaises récoltes ne sont pas inférieures à une moyenne de 160 livres par acre ou 180 kilogrammes à l’hectare.

En somme, la production moyenne des terres à coton paraît avoir peu changé depuis un quart de siècle, mais elle semble varier davantage suivant les régions. En 1899, dans l’ensemble, la moyenne étant de 220 kilogrammes à l’hectare s'élevait au dessus de ce chiffre dans les deux Carolines, le Mississipi, l’Arkansas et la Louisiane ; elle était inférieure dans les autres Etats. Le maximum était en Louisiane 285 kilogrammes, le minimum en Floride 458 kilogrammes et Oklahoma 160; le plus gros producteur, le Texas, donnait 205.

Les régions donnant plus d’une demi-balle à l’acre, soit plus de 280 kilogrammes à l’hectare, sont peu étendues ; d’après la carte du Census de 1900, on ne les trouve que dans les épaisses alluvions du Mississipi, quelques

cantons du Texas et de la Caroline du nord.

Le coton présente cette particularité parmi les cultures américaines d’être entre les mains des fermiers et des métayers ; les exploitations dirigées par les propriétaires eux-mêmes étant en minorité.

Dans les dix principaux Etats cotonniers, le faire valoir: direct ne donnait en 1900 que 43 0/0 du total, 20, 3 0/0 était aux mains des fermiers et 31, #4 0/0 des métayers ; en 1880, ces chiffres étaient de 60, 6 0/0, 12, 4 0/0 et 27 0/0. Le nombre des fermiers s'accroît donc plus que celui des métayers, ce qui indique un progrès dans l’État social des exploitants: le fermier jouit en effet d'une indépendance beaucoup plus grande que le métayer. Il faut remarquer, d’autre part, que parmi les exploitants noirs le métayer qui est soumis à la tutelle, à la direction du propriétaire obtient de meilleurs rendements. Chez

‘les blancs, au contraire, la proportion est renversée.

Le coton est une culture rémunératrice, au prix moyen de 9 à 10 cents la livre, soit à peu près 4 franc le kilogramme, il donne un produit brut à l’hectare supérieur

à toutes les autres cultures américaines.

20 Industrie.

L'industrie textile a pris en Amérique une importance considérable; si en effet leur sol produit les 4/5 de la production mondiale de coton, leur développement industriel, leur population nombreuse, aisée et rapidement

croissante, leur permet de consommer en grande quantité

les articles les plus divers, leurs chutes d’eaux abondantes, leurs houillières leur procurent à bon marché la force motrice. Toutefois, malgré toutes ces circonstances naturelles favorables, les Etats-Unis n’occupaient pas encore, d’après le Census de 1900, le premier rang dans l’industrie textile, mais ils ont conquis le deuxième et ne sont plus dépassés que par l’Angleterre. Ils ont même, en 1900, consommé plus de coton que celle-ci : 3 millions 855.000 balles de 500 livres anglaises ou 227 kilos contre 3.334.000 pour l'Angleterre et 4.576.000 pour tout l’ensemble du continent européen. Mais à cette consommation plus grande correspondent malgré tout une activité manufacturière moindre et une valeur inférieure de la production} En effet, on produit aux Etats-Unis plus de filés inférieurs et moins de numéros fins qu’en Angleterre, en France ou en Allemagne. Le nombre de broches employées, d’ouvriers de l’industrie cotonnière est moindre. Alors que la Grande-Bretagne compte en 1900 46 millions de broches et le continent 33 millions, les Etats-Unis n’en ont que 19 millions. Ils surpassent ainsi et de beaucoup chaque Etat pris individuellement, l’AIlemagne n'ayant que moins de 8 milllions de broches.

Russie Pologne 294020 7.500.000 —

ÉranCes. ere RO NRAEPEE 5.500.000 —

Il y a quinze ans encore les conditions économiques générales des Etats-Unis confinaient dans le Nord-Est toute l'activité industrielle, et ces Etats éloignés des ré-

gions productrices de coton n'avaient pas d'avantages G, — 3

sérieux sur l’Angleterre pour l'achat des matières premières et se trouvaient dansun état d’infériorité au point de vue achat de machines et même de main-d'œuvre exercée.

C'est là qu'il faut chercher la cause de la situation encore secondaire qu'occupait l'Amérique dans l’industrie cotonnière. Mais aujourd’hui l’essor merveilleux de l'industrie américaine dans toutes les branches de l’activité et le développement de l’industrie cotonnière dans les Etats même qui produisent la matière première ont transformé toutes ces conditions et surtout depuis 1897 la consommation intérieure a crû dans une proportion analogue. Toutefois on peut envisager le moment où elle cessera de s’accroitre aussi rapidement (nne prospérité pareille ne pouvant être éternelle) et où les ventes au dehors s’accroîtront de’ manière à donner un débouché à toute cette industrie.

Voici les chiffres de production, consommation, importation et exportation de cotonnades en 1870 et 1900 en

millions de dollars :

Produchonemi re "419750 399,2 Exportation. .…..... 3,8 24 Importation ...... 21,9 39,8 Consommation.... 195,6 399

L'industrie cotonnière estla plus ancienne des grandes industries américaines, la première filature méca-

nique établie date de 1790. On ne comptait que 72 bro-

ches après la guerre de 1812 avec l'Angleterre ; un premier effort manufacturier vit se fonder un assez grand nombre de manufactures autour de Boston et de Providence; des chutes d’eau moyennes offraient en ce pays une force motrice facile à utiliser. Depuis lors c’est surtout dans les Etats de Nouvelle-Angleterre, dans le Massachusetts, Rhode-Island, Connecticut et New-Hampshire qu'est restée concentrée cette industrie, ainsi que le fait remarquer le Census américain elle est en effetgrégaire, c'est-à-dire qu'elle tend à se concentrer en de grands

établissements ou en desgroupes d'établissements moyens.

Voici quelques chiffres d’après le dernier Census 1900:

1880 1890 1900 Nombre des établissem. ... 1.003 905 1,055 Capital (millions de doll.). 219,5 354 467,2 Nombre des ouvriers...... 185.472 218.876 302.861 Salaires (millions de doll.). 45,6 66 86,7 Valeur des matér. (id.) 113,8 154,9 176,6 Valeur des prod. (id.) 211 268 339,2

On peut mesurer les progrès de l’industrie cotonnière par lenombre de broches employées à le filer.

Il est intéressant de comparer ces progrès aux Etats- Unis et dans les autres pays, c’est ce que permet de faire le Census 1900 dans le tableau suivant complété pour 1903 par les chiffres du Vew-York Commercial et Financial Chronicle.

Milliers de broches ©

1861 1871 1887 1900 1903 Gde-Bretagne. 30.300 39.500 43.000 45.600 47.200 Continent... 10.000 19.000 23.750 33.000 34.000 États-Unis... 5.000 10.000 13.500 ‘19:130 22240 Inde eee DS 12290 RD ANUS AUU

Le fait le plus remarquable et le plus important non seulement pour les Etats-Unis mais même pour le monde c’est l’établissement del’industrie cotonnière dans le Sud, depuis une dizaine d'années, dans cette région qui produit tout le coton du pays et ne manufacturait pour ainsi dire pas jusqu’en 1880.

Et, en effet, jusqu'en 1865 l'esclavage qui n'est pas compatible avec la grande industrie en retarda l’établissement. Depuis,les Etats du Sud durent réparer les pertes causées par la guerre de Sécession. En 1870 quelques manufactures s'établirent, mais en 1880, elles ne comptaient encore que 600.000 broches ; en 1887 elles avaient 1.225.000 sur les 13.000.000 que comptaient déjà les Etats-Unis, en 1900 4.540.000 sur 19.130.000 ; en 1903 enfin 7.040.000 sur 22.240.000 Dans le centre et le Nord le développement se ralentit au contraire, puisque de 1887 à 1903 le nombre des broches est passé de 12.275.000 à 15.200.000 seulement,

Ce prodigieux développement du Sud tient à différentes causes, d'abord les salaires y sont certainement

beaucoup plus bas que dans le Nord ou le centre.

Les 97.559 ouvriers du Sud ne touchent en 1900 que 17.509.000 dollars de salaires, soit environ 480 dollars ou 934 francs par tête. Dans la Nouvelle Angleterre 164.944 ouvriers ont reçu 56.258.000 dollars soit 340 dollars ou 1.762 fr. par tête. Il faut ajouter que dans le Sud on emploie beaucoup plus d'enfants. En 1900 25 °/, des ouvriers cotonniers étaient des enfants, alors que dans le Nord 6,7 °/, seulement.

Il ya une autre cause du développement de l’industrie dans le Sud, c’est que les usines sont toutes pourvues du matériel le plus moderne. La première filature de coton où la force est distribuée électriquement a été construite dans le Sud.

La force motrice, grâce aux houillères de l’Alabama et du Tennessee et à des chutes d’eau étant à aussi bon compte que dans ie Nord et étant sur le lieu de production même de la matière première, il y a toutes raisons pour que l’industrie cotonnière prospère aussi bien dans ces Etats que dans ceux de la Nouvelle-Angleterre. Elle a déjà pris le pas sur ces Etats pour l'exportation. En effet, c’est de la Caroline du Sud que viennent 45 °/, des exportations de cotonnades d'Amérique et l’ensemble du Sud figure pour les deux tiers dans ce commerce ; on peut donc compter que le sud des Etats-Unis sera d'ici peu le plus fort concurrent de l'Europe pour les exportations de cotonnades communes dans les pays neufs.

Les Etats-Unis d'Amérique, comme nous l'avons vu

précédemment, fournissent la majeure partie du coton

employé dans le monde ; et tous les autres pays producteurs arrivent bien loin derrière eux. On trouve, en effet, le coton dans la plupart des pays de l’Amérique tropicale, mais la plupart d’entre eux le consomment sur place. La culture du coton s’y est généralement assez peu développée, certains même comme le Brésil, exceptionnellement favorisé par le climat, l'ont peu à peu abandonné pour se livrer à d’autres cultures plus rémunératrices à leur avis. Le Brésil s’est spécialisé dans la production du café ; les Antilles dans la culture de la

canne à sucre, etc...

B) Autres Pays d'Amérique.

Mexique. — Le coton est cultivé au Mexique sur les côtes des deux Océanset à l’intérieur du pays dans certains districts des Etats de Chihuahua, Cauchilla. Nuevo Léon et Durango. Le Mexique pourrait devenir le rival de ses voisins les Etats-Unis et des Indes, si tous les terrains favorables à la culture du coton étaient utilisés. Cette exploitation s’est faite dans le pays de temps immémorial. Elle était même plus importante sous les Aztèques que de nos jours. Actuellement, en effet, le Mexique ne peut compter au nombre des pays exportateurs de coton, il est même obligé d'en acheter aux Etats-Unis. Les méthodes de culture y sont fort primitives.

On peut répartir la production de la manière sui-

vante :

Zône du Gelfé2.1 162... 20.000.000 kil.

Zône du Pacifique ....... 12.000.000 Zône intérieure.... ..... 12.000.000

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