ESSAIS TENTÉS PAR D'AUTRES NATIONS EUROPÉENNES
-le prix de revient à plus de 470 pesetas les 400 kilos. Portugal. — Le gouvernement a nommé au. mois d'août 1904 une..commission spéciale pour étudier les moyens de développer la culture du coton. Celle-ci est présidée par le gouverneur de l’Angola et composée de ministres d'Etat honoraires, Directeur général du ministère des colonies, et représentants des associations de l’industrie, du commerce, de l’agriculture, des colonies et du continent. Les travaux terminés en mars 1905, la commission proposa un projet de loi adopté par le ministère, et dont voici les principaux points : 1° Faire coter dans les bourses de Lisbonne et de Porto les cotons des colonies par l'intervention des associations communales qui se chargeraient d’acheter tout le coton récolté aux prix cotés d'accord avec les bourses étrangères, Angleterre, Allemagne, France ; 2° Exemption de tous impôts territoriaux en Afrique et tous droits d'exportation et d’entrée au continent, ce qui représente un bénéfice de 0 fr, 18 par kilo. par comparaison avec les cotons étrangers ; 3° Sélection des semences et distribution dans les postes cotonniers établis dans les régions les plus propices à la culture du coton :
4° Réduction des tarifs de chemins de fer et de transports par les bateaux de la Compagnie Nationale et ouverture des voies de communications nécessaires. Enfin organisation d’une association spéciale pour
gonner tout le développement voulu à la culture du
“coton, profitant des concéssions obtenues du gouvernement Portugais. û
La culture commence déjà à prendre une certaine importance qui intéresse vivement les compagnies coloniales et les indigènes.
Les importations d’'Angola, de 17,000 kilos en 1903 sont montées à 107.000 en 1904. En 1905 elles ont dû augmenter encore, et provenir non seulement de l’Afrique occi-
dentale, mais aussi du Mozambique où des plantations très importantes ont été faites par la société du Mozambique et d’autres sociétés coloniales. |
Les qualités obtenues sont belles et supérieures au
good middling américan. Dans l’Angola comme dans le Mozambique, il y a des terres assez vastes pour produire une quantité de coton énorme et les conditions de culture
sont des plus favorables.
Les trois grandes associations dont nous avons étudié l’action sont maintenant à peu près sorties de la période d'étude et entrent dans la période réelle d'exploitation commerciale. Partout on a marché vite, les résultats acquis prouvent la vitalité de ces entreprises et ils sont des plus encourageants. Mais il ne faut pas croire que la production africaine puisse devenir bien considérable, proportionnellement à la consommation mondiale en peu d'années. On ne peut implanter une nouvelle culture et la développer au milieu de races souvent peu disposées au travail, faire l'éducation des indigènes, etc..., en un temps si court. Le développement de la culture du coton dans les colonies est une grande œuvre, mais c’est une œuvre de longue haleine. Mais aussi, non seulement c’est là le meilleur remède contre la rareté et l’instabilité des cours du coton, non seulement c’est la libération de l’industrie textile du marché américain et de sa spécu-
lation, mais à un point de vue plus général, c’est le G. — 12
développement assuré des colonies qui pourront produire ce « King cotton »; c’est leur capacité d’achat par là même augmentée et, comme contre coup, le développement de toutes les branches de leur commerce avec la
métropole et l'accroissement de l’industrie métropoli-
taine.
Vu: Le Doyen, Vu : Le Président de la Thèse, Ch. LYON-CAEN. P. LESEUR.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recieur de l’Académie de Paris,