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210 b AGRICULTURE.
leurs voix sont toujours puissantes à l'une comme à l'autre Chambre ; leurs paroles toujours éloquentes ” à l’une comme à l’autre tribune: ce sont deux puissans, deux éloquens défenseurs acquis à l'agriculture, acquis à la culture de la betterave, acquis à la fabrication du sucre indigène ! ! ! Mais, -hélas ! pourquoi leur conviction agricole n'est-elle pas aussi stable que leur éloquence ? Pourquoi leur décision ministérielle n’a-t-elle pas été jusqu'à la fin dans les
principes de leur opinion économique ? Pourquoi un
projet de loi mortel à la fabrication indigène, mortel à la culture de la betterave , mortel à l'agriculture , a-t-il été primitivement conçu, élaboré, travaillé par eux; pourquoi est-il venu si vite démentir toutes ces éloquentes promesses de puissante protection pour le sucre indigène , pour la culture de la betterave et pour l’agriculture? Ces deux orateurs sont aujourd’hui deux des adversaires les plus prononcés du sucre de betterave. L’orateur à la Chambre des Députés c'était l'ancien ministre des finances (1); l'orateur à la Chambre des Pairs c'était l'ancien ministre du commerce et de l’agriculture (2).
Leurs successeurs ont adopté leurs principes et ont trouvé convenable de présenter aux Chambres les projets qu'ils avaient complaisamment laissés dans (4) M. Lacave-Laplagne. + &) M. Marti du Nord.
leürs cartons ; mais leurs prédictions ne sont pas encore accomplies. Elle n’est pas encore morte cette industrie, et il lui reste un espoir ! Le gouvernement a déserté la sainte cause de l'agriculture, l'agriculture s'adresse au pays, et ses représentans ne Jui failliront pas comme le gouvernement ;
Que les Députés jettent de toutes parts les yeux sur l’agriculture de leurs départemens ; qu'ils la voient partout languissante, partout souffrante faute de moyens et de bong Systèmes de culture.
Qu'ils réfléchissent qu'il y à tout au plus, en France, un quart des terres qui produisent à peu près ce qu'on à le droit d'attendre d'elles :
Que sur les trois autres quarts la moitié pourrait , avec un meilleur principe d’assolement , produire au moins le double de ce qu'elles produisent aujourd'hui ;
Et que l’autre moitié se compose de mauvais prés, de vaines pâtures et de terres basses qui sont presque Sans aucuns produits.
Etalors, reconnaissant que l'intérêt dominant de la France avec sa population de 35 millions d'individus, dont 25 millions habitent les campagnes, est de fonder sa prospérité sur son agriculture , ils vourdront ces Députés :
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Que les: terrains jusqu'alors inculies ou rebelles soient cultivés ou préparés à la culture ;
Que les terres qui ne rapportent rien commencent à rapporter un peu ;
Que celles qui produisent peu parviennent à produire davantage ;
Et que celles enfin qui sont déjà d'un bon rapport, arrivent promptement à une plus grande prospérité ;
Et puisque les divers gouvernemens qui se sont succédés semblent avoir pris à tache -d'anéantir tout ce qui pouvait être utile à l'agriculture ; puisqu'après la déception des planteurs de tabac est venu celle des cultivateurs de lin; puisqu'après la ruine de l'industrie linière on veut arriver à celle
de l’industrie sucrière ;
Puisque l'on a jusqu'à ce jour négligé de faire droit aux nombreuses réclamations de la Chambre ; puisque l'on n’a pas écouté ses justes représentations sur la détresse de l’agriculture ; puisque l'on n'a jamais rempli les promesses si souvent renouvelées de lui présenter des projets d'amélioration ; puisque cette année le discours officiel a été entièrement muet à cet égard : | Ke 19
L'AGRICULTURE. 213 ‘à Puisque cette grave question, enfin, est malheureusement une de celles où l'administration seule peuten quelque sorte prendre l'initiative, la Chambre regrettera sans doute de ne pouvoir proposer d'elle-même une mesure utile à l’agriculture, mais elle s'empressera du moins de lui donner une preuve d'intérêt en repoussant des mesures qui lui sont si hostiles ; et si le gouvernement lui enlève la gloire de contribuer directement et autant qu’elle le voudrait à ses progrès, elle n'aura pas du moins comme le .* gouvernement la honte de les avoir volontairement « paralysés.
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