‹ Les colonies et la métropoleChapitre 47 sur 77 · NS FR · texte numérisé non relu

NS FR

RE nt

SRE a e

| la consommation actuelle de la France, et que sous Dh: ce rapport nous serions déjà tributaires des étran- / Ed gers pour l'autre partie de cette consommation. LE Is ne savent donc pas entrevoir que si une guerre SET maritime venait entraver, pendant quelques années, VERRE nos relations avec nos colonies, nous serions ; Mu comme nous l'avons déjà été, ou privés éntièrement de cette denrée aujourd'hui pour nous en quelque sorte indispensable, ou réduits, pour nous la procurer, à payer à nos voisins des droits encore plus considérables. |

RE

“T5 3 ne >”

ALMA Et sans la guerre même, comment nos ministres RTE sont-ils assez peu prévoyans pour ne pas envisager en hommes d'État l'inévitable solution de la grande question vitale des colonies ?

ps Un des anciens orateurs du gouvernement disait, | k Re lors de la dernière discussion à la Chambre des Re Députés, qu'il ne s’occuperait pas de l'émancipa- Ha tion des esclaves ; il savait trop bien qu'un :seul RETAT mot sur cette grave question devait renverser tout

F ni l'échafaudage de sés raisonnemens, et nous avons ja “ Vs alors compris son silence. Nous nous attendons

HAINE encore à une pareille réserve dans la nouvelle dis- | sr 4 cussion qui va s'ouvrir ; c'est cependant sur ce ler- ER rain quil est convenable d'amener le gouvernement;

FA et c'est à quoi tendront nos efforts. Toutefois nous RES n'aborderons pas encore ici cette question dans ses MERS détails, nous lui réservons une discussion plus spé-

ciale (1). Mais comme, pour nous comme pour tout le monde, dans un temps plus ou moins rapproché, cette émancipation est inévitable , nous l'admettons proclamée et-nous demandons alors comment on satisfera , à cette époque, à la consommation du sucre en France?

À l'étranger sans doute? car n’ayant plus dans la métropole d'ouvriers qui le fabriquent puisque vous aurez tué leur fabrication, n'ayant plus dans les colonies des esclaves qui le cultivent puisqu'il n y aura plus d'esclavage, il faudra bien s’en passer ou Sadresser pour en avoir à ses voisins. L'étranger aura donc alors le monopole entier de votre con- , sommation. Mais l’étranger, nous direz-vous, paiera alors un fort droit d'entrée au Trésor ; nous n’en disconvenons pas. Mais quand ce droit sera payé, quand ces conditions fiscales seront remplies, qui era le sucre aux fabricans étrangers? Ce sera la FRET contredit ; ce seront les écus de la France que vous donnerez en retour, que vous ferez sortir du pays ; et si au lieu d'écus vous donnez en échange d’autres. produits français, le résultat ne sera-t-il pas toujours le même ; car, à votre tour,

il vous serait rentré des écus pour vos produits et

vous n'en recevrez pas ; ou bien encore , il vous serait rentré d'autres productions étrangères et vous n'aurez reçu que du sucre étranger, que du sucre

(1) Voir les chapitres XVII, XVIII et XIX.

à + à à 3" En “ 17 DR FN A «EE RE RG D PO REME EREDT RRSEE DEDED Era e ” x : , ee hottes pete Me mi . F s a". » > é ” - 2 "3 9 - RS Jen, - , ” » 5 “» + .

RTS Er e ere

de canne anglo-indien, que du sucre de betterave hollandais-prussien que vous auriez pu vous procurer vous-mêmes avec tant d'avantages et de profits, si des vues étroites et mesquines n'étaient pas venues , par une mesure funeste, Vous priver de cette immense et incalculable ressource

en

Que deraisons viendraient également militer en fa veur de la fabrication indigène si nous voulions énumérer ici toutes celles qui se rattachent plus ou moins directement à la politique intérieure du pays ?

. Nous ne rappellerons pas tout ce que nous avons dit sur les nombreux capitaux mis en circulation dans les campagnes, sur l'augmentation de la valeur des terres, sur le perfectionnement de l'agriculture, sur l'amélioration des bestiaux, sur la mise en activité des houilles de la France, et nous nous bornerons à démontrer de nouveau l’action civilisa= trice de cette puissante industrie.

D'abord sous le rapport de la science, en ce qu’elle fera faire des progrès incalculables à la richesse

du pays par les nombreuses découvertes que lui de-

vront la mécanique, la physique et la chimie.

Sous le rapport de l'hygiène publique , en ce qu'elle mettra à la portée des classes les moins aisées qui en étaient privées nine denrée saine et

| agréable, dont pendant long-temps la jouissance avait plus spécialement appartenu à quelques clas- | ses privilégiées.

Sous le rapport de la salubrité, en ce que non- À seulement elle assainit des terrains marécageux , | | des terres basses et des landes arides, par sa bien- | faisante culture; mais encore, et chose remarqua- si]:

ble, en ce qu'elle produit dans les ateliers une ME grande amélioration dans la santé des ouvriers, l'in- | dustrie sucrière étant peut-être la seule dans la- | qüélle l’ouvrier des fabriques rencontre toute espèce

de salubrité dans l'air qu'il respire, dans la matière

qu'il travaille et dans la denrée même qu'il a sous

les yeux et dont il doit inévitablement se nourrir pendant une partie de ses opérations.

Sous le rapport de la moralisation de l’ouvrier 4 | des villes et des campagnes dont elle améliore le “ru | sort en lui donnant le goût du travail et en l’enle- L: yant à l’oisiveté si funeste et si redoutable , qui dans HA | | les villes engendre les émeutes et les révolutions , ji | qui dans les campagnes engendre le maraudage et it | les délits forestiers, et qui dans les chamips comme | dans les cités est souvent l'inspiratrice des habitu- | des dangereuses et des actions criminelles.

0 Gent an mn re

Et enfin sous le rapport de la civilisation parmi les mille raisons qui partent si haut pour le R 15

Bee RE é . ‘ 3 RS

ce OT

maintien de la fabrication du sucre indigène, n'eussions-nous à présenter que celle si puissante et sh. victorieuse de l'extinction de la mendicité., com=. ment pourrions-nous ne pas être pts par nos.

hommes d'État?

De tous temps et dans tous les lieux la police à publié des lois contre, la répression du paupérisme, nous avons presque dit que de tous temps et en tous les lieux la police avait essayé de réprimer l'indigencel Les Égyptiens comme les Grecs, Hoinère comme Platon , les lois de Solon comme celles de Licurgue ont inutilement cherché à proscrire le paupérisme. De notre époque ; Charlemagne comme Constantin, l'ordonnance de 1614 comme la décla= ration de 1724, et plus tard l'ordonnance de 1750 comme Ja loi de 1791, la loi républicame de l'an II comme le décret impérial de 1808, et enfin différéntes dispositions dé notre Code pénal ont établi des péines plus où rhoins fortes contre la mendicité. |

Eh bien ! toutes ces lois de répréssion, toutes ces lois de rigueur ont-elles éteint le paupérisme? ontelles même diminué le nombre des indigens ? C'est à quoi malheureusement sont venues répondre d’une manière négative toutes les statistiques anciennes et modernes que nous avons interrogées.

Que devons-nous en conclure ? Que ce n'est pas dans des mesures de répression, dans des mesures

de châtimens que nous devons rechercher le remède à tant de maux, et l'expérience nous en à toujours prouvé l'inefficacité.

. Ce n'est point par des rigueurs que l’on dit Salutaires, ce n'est mêmé pas par des aumônes presque toujours mal réparties que l’on secourt utilement les hommes.

Ce n’est pas lorsque des malheureux ont passé leur jeune âge dans l'oisiveté et la moitié de leur vie dans la paressé, qu'il est temps de venir leur parler d’une vie active et utile à leurs semblables:

C'est donc ici plus que jamais qu'il faut savoir prévenir pour n'avoir pas à réprimer; c’est en donnant de bonne heure de l'ouvrage aux enfans sans ressource, c'est en occupant utilement les nécessiteux, cest en maintenant toujours les hommes dans des habitudes de travail, qu'on vient efficacement à leur aide, qu'on les perfectionne, qu'on les met à l'abri de la sévérité des lois, et qu'on les dispense de s'adresser plus tard à la charité publique!

Certes, nous nous faisons un devoir de reconnaître et de proclamer, car nous aimons à rendre justice à qui elle est due, que par le discernement qu’apportent aujourd’hui les administrateurs des pauvres dans la vérification des misères; grâce à l'existence des caisses d'épargnes qui sont de plus en plus fréquentées par les bons ouvriers ; grâce à là création des salles d'asile qui, dans les départe-

en. ne met ne =

manne

> Du 2 Le a 4 ” CAT S. * = à 5j gg are D la TO . ” 7 5 a ER =? < “# = . =

Br à eme

mens surtout, doivent tant à la protection éclairée et aux soins généreux des dames patronesses des classes les plus aisées; grâce enfin aux idées d'ordre et d'économie plus généralement répandues dans cette intéressante partie de la population , que l'on a l'habitude d'appeler les classes inférieures de la société, chaque jour voit dans nos villes diminuer le nombre de ces misères.

Mais dans les villages! Mais dans les hameaux ! Mais dans les campagnes! Que d'indigens que ne peut atteindre la charité publique ! Que de pauvres enfans qui ne sont pas recueillis dans les salles d’asiles! Que de malheureuses femmes qui ne sont pas enregistrées dans les bureaux de charité ! Que de débiles vieillards qui ne peuvent pas arriver dans les hospices ! Que de familles entières , enfin , qui naissent, souffrent et s'éteignent dans l'indigence !

Eh bient nous vous avons dit, nous vous avons établi par des preuves irrécusables que toute cette déplorable mendicité avait disparu des contrées dans lesquelles on cultive la betterave et fabrique le sucre indigène. Que d'actions de grâces doivent donc tous ces malheureux à cette bienfaisante industrie qui est venue si promptement mettre fin à leurs souffrances! Que d'imprécations ! Que de ma-

lédictions s’attirerait un gouvernement qui ne craindrait pas de venir volontairement leur enlever cette précieuse ressource et les replonger dans leurs misères !

Page 1