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tème de Gheel: « Je icrois, pour moi, dit-il, :qu’il «est impossible de faire quelque chose d'aussi détestable. Pour des alénés, traitement et liberté ne peuvent aller ‘ensemble. C’est une institution très mauvaise sous le rapport médical et sous le rapport moral. Mieux waut cent fois pour les aliénés une diberté restreinte, réfléchie, scientifique. Vouloir -disperser les aliénés dans des colonies au milieu de ‘la cam- ‘pagne, .ce sont :là des rêvemes anglaises, de même que le non-restraint ».
La discussion reprend à ‘la Société Médico-Psy- <hologique le 30 juillet 1860. Moreau de Tours :demande la parole pour xépondre aux critiques présentées par Ferrus sur la colonie de Gheel. « Il y à une distinction à faire -entre la question de principe ‘et la question de fait. L'idée théorique a toutes mes sympathies, je fais mes réserves quant à la situation actuelle de Gheel... Il vaut mieux peut-être laisser Jes aliénés :iraîner leurs chaînes à Pair libre que de les laisser -enfermés:sans entraves dans un:cabanon.…. Une chose me frappe, «c’est que tous les médecins étrangers -qui ont ‘visité Gheel ont demandé qu’on essayât ce système dans leur pays. »
Ferrus n’est pas convaincu et :continue à «exposer -ce que sont, pour lui, iles inconvénients graves de la colonie. « Je me suis -encore demandé si c’est une très bonne société pour les familles et les enfants que la compagnie des aliénés. L’aliéné se erée d’ailleurs dans la famille où ilest placé des passions analogues à ‘celles qui surgissent pour lui dans la sienne
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propre. Je défie qu’on guérisse des aliénés dans ces conditions. Il faut une règle aux aliénés au point de vue de leur traitement ; en raison de leur irresponsabilité, il leur faut une discipline et une surveillance ».
Archambault fait observer qu’une colonisation n’est applicable qu'aux aliénés tranquilles et ravailleurs. Alors pourquoi ne pas laisser ceux-là dans leurs villages, sous la surveillance du maire et du médecin. |
Moreau de Tours et Ferrus continuent à échanger leurs arguments. A la fin de la discussion, ce dernier n’est plus aussi catégorique « je veux Gheel, dit-il, avec une liberté surveillée ».
En présence des vues aussi divergentes de Moreau de Tours et de Ferrus, Trélat président, propose de nommer pour cette question une commission d'étude.
MM. Michéa, Moreau, Mesnet, Falret et Ferrus, sont chargés de visiter Gheel et de faire un rapport à la Société sur l’état actuel de cette colonie.
À la réunion de la Société Médico-Psychologique du 30 décembre 1860, Jules Falret présente un rapport au nom de la commission de Gheel.
Ferrus ayant succombé dans l’intervalle, fut remplacé par Trélat et Baillarger.
Le fait le plus frappant qui émane de cet exposé c’est que Gheel a été jusqu'alors méconnu parce que non étudié avec suffisamment de soin. « Depuis 1841, dit-il, Gheel a été profondément remanié. Des ré-
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formes ont été proposées dans un rapport de l’inspecteur général des établissements de bienfaisance belges, publié en 1842. La loi sur les aliénés en Belgique, promulguée le 18 juin 1850 et le règlement spécial de l’établissement de Gheel, daté du 17 mai 1851, consacrèrent d’une manière définitive l’opportunité de ces réformes ; en substituant dans la direction de cette colonie l’autorité puissante du gouvernement central aux hésitations et aux tiraillements des autorités locales, ils devinrent le point de départ de toutes les améliorations qui furent réalisées depuis cette époque. Les deux points principaux de cette réforme sont l’organisation de l’administration centrale et du service médical... En étudiant avec impartialité la situation sur les aliénés dans la commune de Gheel, on arrive à se convaincre qu’on en a beaucoup exagéré les inconvénients, et que, surtout depuis les réformes qui ont eu lieu dans ces dernières années, les malades y sont, en général, dans de meilleures conditions qu’on ne l’imaginait a priori ». ;
A la suite du long rapport de Falret, les esprits sont moins hostiles au système, l’idée d’une colonie familiale en France prend corps.
Dans sa conclusion Falret discute sur ce que doit être la colonie par rapport à l’asile. «Ilest un terrain neutre sur lequel les opinions les plus divergentes peuvent se rencontrer. Ce terrain neutre, c’est un système mixte dans lequel on admet que les deux moyens, loin de s’exclure, se complètent l’un par