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Pautre ; que:si la colonie, pour être réellement utile, ne peut se passer de J’asile, sous forme d’infirmerie, l'asile de son côté, se perfectionnerait en s’annexant une colonie. Quel est l'élément qui doit prédominer ? Faut-il comme à Gheel, faire de l’infirmerie, l'annexe de la colonie, sou bien, au contraire, ne vaudrait-il pas mieux faire de la colonie l’annexe et le complément maturel d’un asile bien organisé ? Ici remaissent les divergences et chacun peut alors, selon ses prédilections particulières faire prédominer à son gré l’un ou l’autre de ces deux éléments ».
«Le résultat pratique de plus important que lon puisse tirer, selon nous, d’une visite à la colomie de Gheel, c’est la conviction générale que beaucoup d’ahénés chroniques sont susceptibles, sans danger, d'une plus grande liberté qu’on ne le suppose, même dans nos asiles les mieux organisés ».
À la suite de son rapport, Falret, soumet à l’examen de la Société plusieurs questions dont celles-ci entre autres : |
Peut-on placer isolément certains aliénés, choisis par les médecins, dans des familles de bourgeois et de paysans, dans le voisinage et sous la surveillance des médecins des asiles ?
Peut-on tenter la création d’un nouveau Gheel, c’est-à-dire d’un village d’aliénés, avec une organisation centrale régulière, un service médical sérieux et une infirmerie annexée, mais avec cette réserve expresse de n’y placer que des malades chroniques et d’en exclure tous les aliénés en traitement, agités, ou
Dr es
‘qui peuvent offrir un danger quelconque pour euxmêmes ou pour la sécurité publique.
Brierre-de Boismont, le 24 février 1862, à la Société Médico-Psychologique, présente un important mémoire, sur la colonisation appliquée au traitement des ahiénés. «La :colonie familiale sera, dit-il, .difficilement réalisable en France. Il faudra dresser dans les campagnes, des habitants à ce genre de vie, Or cette tentative ne peut être que très limitée au début, très lente dans sa réalisation, et elle soulèvera :d’ailleurs, l'inquiétude, leffror, l’opposition, la malveillance des voisins.
Bien des considérations sont à méditer et exigent “de grandes précautions, si l’on voulait organiser un village sur le modèle de Gheel. D'un côté rien de prêt, tout à créer, une expérience douteuse à ‘faire, des dangers à redouter ; de l’autre des asiles nombreux et bien tenus, où des milliers de malades sont humainement traités ; ne sont-ce pas là des motifs suffisants pour faire ajourner la création d’un nouveau Gheel en France ». Et en terminant « nous n’admettons actuellement la colonie qu'avec le :voi- ‘sinage de l'asile et la surveillance du médecin-directeur ».
Le 20 avril 1862, à la Société Médico-Psychologique, Moreau de Tours prend une part active dans une discussion sur la colonisation des aliénés. Il reste partisan ‘très convaincu et enthousiaste de .ce mode d'assistance. « Je persiste à croire que la création, en France, d’un ‘établissement semblable
à celui de la Belgique, ne saurait rencontrer d’obstacles sérieux. Le principe des colonies renferme une idée de progrès, cela est à peu près généralement reconnu aujourd’hui. Nous avons confiance dans l'avenir. »
A la séance du 26 mai 1862, Billod prend parti contre la colonisation. Pour lui, les aliénés ne sont pas mieux qu’à l'asile, et d’autre part les aliénés inspirent une terreur ou tout au moins une appréhension qui ne permettraient pas de trouver des populations décidées à adopter une mesure qui semblerait devoir mettre en péril non seulement leurs personnes, mais surtout leurs propriétés. « En présence, dit-1l, de cette double impossibilité d'appliquer le système de Gheel, il devient inutile d’en discuter le principe et d’en peser les inconvénients et les avantages ».
Il préconise le placement homo-familial pour les aliénés incurables, chroniques et inoffensifs. «L’exemple de Gheel ne me paraît pas devoir ni pouvoir être suivi et je ne pense pas que jamais, sous ce rapport, nous ayons la contrefaçon de la Bel-
gique ».
Pour Moreau de Tours, 1l n’est pas impossible de
créer une colonie, mais il faudrait agir doucement, prudemment. « 51 l’on confiait à deux ou trois familles, un aliéné travailleur, un bon, qui leur donnât des bénéfices, les voisins en réclameraient à leur tour et l’on arriverait peu à peu à constituer une colonie ». Et poursuivant son idée, il va beaucoup plus loin & la tentative me paraît très réalisable, surtout si
Von voulait se borner aux chroniques, et c’est là les trois quarts des aliénés ». |
Pour Bierre de Boismont, il n’est pas prudent de laisser des personnes aliénées au milieu des villages ; et dans un article des Annales Médico-Psychologiques de juillet 1862, il reste le partisan convaincu des asiles fermés ou mieux encore des asiles agricoles, type Fitz-James : 1l considère ce dernier système comme bien supérieur à la colonie familiale type Gheel.
Parchappe dans son discours d’inauguration de la statue d’Esquirol, le 22 novembre 1862, entre violemment en lutte contre l’idée de la colonisation familiale. Pour lui, rien n’est supérieur à l’asile, et si l’on veut placer l’aliéné dans une famille, ce doit être dans la sienne.
Après ces quelques années pendant lesquelles fut souvent discutée la possibilité d'application en France du système de Gheel, le silence se fait à peu près complètement sur la question. Quelques analyses de travaux étrangers, quelques compte rendus de sociétés savantes étrangères et c’est tout.
En septembre 1864, se tient à Lyon le congrès médical de France. A l’occasion de l’étude par les congressistes des colonies agricoles et du placement homo-familial, quelques orateurs viennent donner leur opinion sur la colonisation, sur le placement hétéro-familial.