AUTRES
raux au Congrès d'Anvers, avait pu convaincre le rapporteur D' Deschamps de la possibilité d’un essai semblable en France.
De retour en France, le DT Bouchereau prépara un choix de cent malades femmes, étudiées avec un de ses internes le D' Marie. En avril 1891, le DT Marie, à la suite du concours de la médaille d’or des internes des asiles de la Seine, fit un voyage en Ecosse pour étudier le fonctionnement des colonies familiales créées, en 1860, à l’imitation de Gheel.
Leroux, directeur des affaires départementales, se consacra avec ses collaborateurs, Peletier et de la Moutte, au succès d’une innovation tendant à la mise en liberté surveillée des alénés chroniques tranquilles de la Seine.
: Des demandes d’essai d'assistance familiale furent faites à plusieurs départements. Le Cher, l'Allier, la Creuse et l’Orne furent l’objet d’un examen particulier. Le Cher sembla le plus propice, et le choix s’arrêta sur la localité de Dun, après un rapport de De la Moutte, directeur d’une commission chargée d'examiner les lieux. Les représentants de l’administration départementale furent reçus par le Maire, et le Député, M. Mauger, gendre du Maire, fit une conférence publique, à la suite de laquelle un grand nombre d'habitants s’inscrivirent comme candidats noOuTTICIETS.
Quelques temps après, le DT Marie. renouvela la propagande, vérifia les installations offertes, et par un traité avec les hospices de Dun obtint d'y établir
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le dépôt de passage des malades transférées de Paris par convois de huit.
En 1892, sur le rapport de E. Deschamps, conseiller général de la Seine, et sur l'inspiration du DT Marie, le Conseil Général de la Seine décida d'envoyer à Dunsur-Auron 100 malades, démenies séniles, pour être placées dans les familles de la localité, à titre d'essai.
Au mois de décembre 1892, un premier convoi arrivait à Dun et était réparti à raison de 2 ou 3 pensionnaires, dans quelques familles qui s'étaient offertes à soigner ces démentes.
Au moment où le principe de l’assistance familiale aux aliénés était adopté par le département de la Seine, la question des colonies d’aliénés fut mise à l’ordre du jour du Congrès des aliénistes, réum à Blois en août 1892. On y trouve encore, non seulement des adversaires mais beaucoup d’esprits qui considèrent la chose comme parfaitement irréalisable.
Riu rapporteur concluait :
19 A l'établissement de colonies agricoles annexées aux asiles toutes les fois que ce serait possible ;
20 À l’adoption du système d’asiles médico-agricoles (agricoles à la périphérie) si les circonstances le permettaient lors de la création d’un asile nouveau.
11 ne fut question des colonies familiales que pour poser en principe leur impossibilité.
Choix du siège de la colonie
Avant d'exposer les raisons pour lesquelles la ville de Dun-sur-Auron fut choisie pour l'établissement d’une colonie familiale, nous ne croyons pas sans intérêt de rappeler le passé de cette localité si riche d'histoire, que nous empruntons à un travail de
MM. Mauger et A. Marie.
Dun-sur-Auron, autrefois Dun, puis Dun-le-Roi, est une ville celtique des plus anciennes. Dès avant l’invasion romaine elle devait avoir une certaine importance. Toutefois cette cité a dû subir des changements si complets, qu’on ne retrouve plus les traces de son existence gallo-romaine, si ce n’est les vestiges d’une grande villa, en aval de Dun, à la Tourate.
Dun eut ses seigneurs particuliers : c’est ainsi que sous Henri [ nous voyons Eudes de Dun. Arnould de Dun, en 1012, assiste à la restauration de l’Abbaye de Saint-Ambroix.
En 1100, Philippe IT acheta à Eudes Arpin, alors vicomte de Bourges et Seigneur de Dun, le vicomté de Bourges et la Seigneurie de Dun pour 60.000 écus d’or.
Dun devient ainsi domaine royal. En 1175, Louis VII octroye une charte aux habitants de Dun.
Le 20 juillet 1183, au soir, eut lieu aux environs de Dun assiégé, un rude combat contre les Routiers, qui avaient envahi le Berry. Ils y furent en déroute et perdirent 7000 hommes.
En 1202, Philippe-Auguste fit réparer la maison forte de Dun et relever les murs du Château. On y construisit par
ses ordres une tour du modèle de la tour de Paris, que l’on couvrit de plomb, comme celle d’Issoudun, et dont on fortifia les abords par des palissades et des escarpements.
En 1236, Blanche de Castille ayant fait bâtir une halle à Issoudun, il en résulta un grave préjudice pour les pauvres de la Maison Dieu de Dun, qui possédait à Issoudun un local où elle faisait vendre du pain. Pour les dédommager, Blanche assigna aux pauvres de Dun unrevenu de 10 livres tournois sur la halle d’Issoudun, à condition qu’on ne vendrait plus de pain dans leur maison.
En 1256, Guillaume de Charenton, soupçonné d’avoir des relations criminelles avec la femme d’Etienne du Bois, seigneur de Bois Siramé, son cousin, fut condamné par le roi
à être enfermé dans la grosse tour de Dun.
Le 13 du mois de novembre 1285, un convoi ramena le corps de Philippe le Hardi, fils de saint Louis, décédé à Perpignan et s’arrêta à Dun.
Aux Etats Généraux, réunis en 1308, la ville de Dun envoya des délégués pour statuer sur l’affaire des Templiers.
La seigneurie de Dun fut plusieurs fois aliénée du domaine de la Couronne. En 1322, les bourgeois sollicitèrent si vivement Charles-le-Bel de la réunir pour toujours à son domaine, qu’il accéda à leur demande moyennant 4000 livres parisis, dont ils crurent nécessaire d’appuyer leur requête. C’est pense-t-on à partir de cette époque que Dun prit le nom de Dun-le-Roi.
En 1319, Jean duc de Berry fit construire le clocher de l’église Saint-Etienne de Dun-le-Roi, qu'il paya à Jean d’As, 3000 écus. Ce clocher brûlé en 1560, au passage du duc des Deux-Ponts, fut rebâti en 1601 par les habitants tel qu’on le voit aujourd’hui.
En 1412, Charles VI et le duc de Bourgogne vinrent mettre le siège devant Dun-le-Roi, dont la garnison était dévouée aux Armagnacs. Composée de 400 hommes d'armes commandés par Henri d’Ast et un chevalier limousin Jean
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d’Escoraillés, la garnison tint tête à l’armée royale dont l'avant-garde seule comptait 1000 lances et ne se rendit qu’après 6 jours de siège, obtenant d’avoir vie sauve.
Sous Charles VII, Dun-le-Roi devint la possession du connétable de Richemont. Ce fut à cette époque, 1427, que Pierre de Giac, favori de Charles VIT, secrètement favorable aux Anglais, fut arrêté à Issoudun, conduit à Dun-le- Roi, et enfermé dans le cachot qu’on y montre encore.
Par lettres patentes du 3 juillet 1438, Charles VIT accorde aux habitants de Dun-le-Roi le droit de tenir leurs foires au dedans de la clôture de la ville.
En 1485, le 11 novembre, Charles VIII vint à Dun-le-Roï et y approuva les statuts des tisserands de Dun-le-Roï.
En décembre 1575, Charles IX part de Bourges le 19 pour venir coucher aux faubourgs de Dun-le-Roi, d’où il repart le 20.
C’est en 1585 que le collège actuellement occupé par l’école communale de garçons a été fondé en vertu d’une ordonnance royale de Henri III.
Le 2 février 1591, M. de la Châtre, poursuivi par les chefs royalistes, s’enferme dans Dun-le-Roiï, d’où il sort le 5 février, à 7 heures du soir, pour se rendre à Bourges. Les royalistes ayant abandonné Dun-le-Roi, il put faire revenir son infanterie et ses canons.
En février 1593, La Chartre et le duc de Guise parviennent à faire lever le siège de Dun-le-Roi assiégé par les ligueurs. En reconnaissance de ce service, la ville de Bourges offrit au duc de Guise une somme de 1000 écus.
Dun-le-Roi et ses environs ont éprouvé les désastres de la Fronde et subi plusieurs sièges (1560-1562).
À partir de ces dates, l’histoire provinciale et locale semble éteinte pour ne renaître qu’en 1789.
Dun fut choisie à cause de sa situation géographique et économique, mais aussi à cause du
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caractère particulier, des habitudes, des mœurs du pays.
La localité n’est guère différente de ce qu’elle était au moment de la fondation de la colonie. C’est une curieuse petite ville de 4.000 habitants environ, située sur un plateau calcaire dénudé, que bordent VAuron et le canal du Berry. Dun conserve de nombreux vestiges de son passé, vieilles murailles, vieux remparts, vieilles portes, place du Châtelet flanquée de tourelles en ruine. Dominant la ville, un beau beffroi bien conservé, sous lequel une porte cintrée donne accès à une des rues les plus anciennes, où se trouvent encore des maisons du temps de la Renaissance et de Charles VIT. Le reste de la vieille ville est fait d’une rue centrale assez commerçante, mais calme, de laquelle” partent de nombreuses ruelles étroites, tortueuses, dallées de gros pavés arrondis, se terminant souvent en cul-de-sac, et dans lesquelles on rencontre de vieux puits.
Malgré cet aspect vieillot, 1l règne une grande propreté. De vastes places, plantées de vieux ormes et de marronniers, donnent à la ville un aspect à la fois rustique et coquet. Sur ces places bien ombragées, on trouve de nombreux bancs de pierre, massifs, où viennent se reposer et discourir les pensionnaires.
La fièvre, le tumulte de la vie moderne, ne viennent pas jusque-là. [ci, tout est calme et paisible. Le caractère doux et laborieux de la population contribue à créer cette atmosphère. Quelques rentiers ou bour-