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geois, de petits commerçants, de modestes artisans, des mariniers et surtout des ouvriers agricoles, constituent cette population.
La plupart des habitants ont une maisonnette au milieu d’un petit lopin de terre qu'ils cultivent dans leurs moments de loisirs. À leur sobriété s’ajoute un souci de leur intérieur qui est en général bien tenu.
Toutes ces considérations étaient évidemment très favorables aux malades si spéciaux que sont les aliénés, et d’autre part venait s'ajouter un autre avantage en faveur du choix de emplacement de la colonie. Les habitants de Dun avaient vu disparaître tour à tour deux sources de revenus, d’abord l’exploitation des mines de fer des environs et ensuite la culture de la vigne ruinée par le phylloxéra.
Le pays était donc dans la pauvreté. Le placement des malades venait en modifier les conditions économiques. Îls avaient des chances d’être bien accueillis.
Enfin le climat de la région est un climat de plaine, modéré, sec et très salubre.
Toutes ces raisons ont contribué à faire choisir Dun pour l’emplacement d’une colonie familiale. Le choix fut parfait, il a répondu à toutes les espérances, nous le verrons par la suite.
Le principe de la colonisation accepté, le choix de l’emplacement déterminé, quel système d’assistance allait-on adopter ?
Des études faites par de nombreux auteurs, il résultait deux systèmes en présence : le système belge séculaire, le système de Gheel, qui consistait
à placer des malades directement chez l'habitant, sans passer par l'intermédiaire d’un asile ou d’un quartier d’observation. La sélection était absente, aigus et chroniques se trouvaient mélangés.
Dans le système écossais au contraire, les malades arrivent dans les colonies par transfèrement des asiles, après avoir été traités en premier lieu dans les hôpitaux d’aigus ; le placement familial est souvent le troisième stade d’une sélection répartie par échelons successifs dans plusieurs services fermés. Les malades qui bénéficient du séjour à la campagne et de la vie de famille sont des malades relativement tranquilles et affaiblis intellectuellement.
Très judicieusement, ce fut le système écossais qui fut adopté pour être appliqué à la colonie de Dun.
Débuts et développement
Dans ce paragraphe, nous ne pouvons faire mieux que de prendre pour guide un travail de M. le Dr Pasturel, atuel médecin-directeur de la colonie famihale de Dun-sur-Auron. Nous verrons comment cet organisme nouveau si critiqué dans ses débuts, n’a jamais cessé de croître, de progresser, et que le succès a couronné l'effort et la ténacité de ses innovateurs.
Par Arrêté Ministériel du 5 octobre 1892, M. le Dr Marie fut appelé à prendre la direction de la
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colonie en voie d'organisation. Il avait eréé, il n’était ‘que juste qu’il fût désigné pour être le premuer témoin du succès de cette belle œuvre.
Après s’être rendu sur place et après de nombreux travaux préliminaires d’entente avec les autorités ocales, de visites des locaux, il ouvrit en fait la colonie le 17 décembre 1892, en y recevant un premuer transfert, qui fut suivi à bref délai de deux autres, le 22 et le 27 décembre, portant en tout sur 24 malades.
Dans les premiers temps, la tâche fut délicate et souvent ingrate. Si paisible et si malléable que fut la population, la venue de folles devait forcément provoquer une émotion facile à comprendre. Le Dr Marie fut secondé par M. Lesage, député à l'époque, qui employa toute son influence au succès de cette œuvre et par M. Mauger, aujourd’hui sénateur du Cher, qui lui prêta son concours le plus actif. La municipalité elle aussi, s’efforça d’aplanir les difficultés inévitables du début.
Les transferts se succédèrent, et la population aliénée de la colonie atteignit pour le premier trimestre de 1893, le chiffre de 73. Il y avait eu en réalité 82 transférées, mais comme on avait été obligé d’en réintégrer 9, le chiffre exact des malades présentes était de 73.
Un an environ après l'ouverture de la colonie, à la fin de l’année 1893, le nombre des malades transférées était de 108. Ainsi se trouvait réalisé le vœu du Conseil Général d'envoyer à Dun 100 malades la première année.