‹ Les Colonies Familiales d'AliénésChapitre 40 sur 70 · AR · texte numérisé non relu

AR

AUS RASE) Etre »

Les nourriciers reçoivent une allocation journalière de 7 fr. 50 par malade. Des primes et gratifications leur sont accordées lorsqu'ils se distinguent par les bons soins donnés aux pensionnaires.

Les malades assistés à Ainay-le-Château ne sont tenus à aucun travail. Cependant près de la moitié s’occupent selon leurs aptitudes, à des travaux divers, pour lesquels ils sont rémunérés. Sur un total de 363 malades, 142 travaillent, les uns, une quarantaine, au compte de la colonie, les autres, une quinzaine, au compte des habitants du pays autres que les nourriciers ; enfin 102 malades s’emploient plus ou moins régulièrement à des travaux de culture, de jardinage, au sciage du bois, etc.

Les pensionnaires qui ne travaillent pas, les autres quand leur besogne est terminée, viennent volontiers à la salle de réunion de la colonie ; là ils trouvent des jeux, de la musique, de quoi lire et écrire à leur famille. Les administrateurs s’efforcent de rendre ce lieu de réunion le plus attrayant possible; c’est le moyen le plus sûr pour écarter les malades des cafés où ils n’ont que trop tendance à se rendre d’euxmêmes. Dans la plus grande mesure possible il faut éviter aux malades la tentation de boire de l’alcool, l’alcoolisme étant le plus gros inconvénient de la colo- nisation familiale des hommes.

Les incidents graves sont rares. Les évasions sont relativement peu fréquentes, il y en eut quatre au cours de l’année 1931. TS,

Si pendant son séjour à la colonie un pensionnaire se révèle inadaptable à la vie sociale, si un malade devient indocile, bruyant, menaçant, malpropre, il est réintégré en asile fermé. Les réintégrations se font, en général, à l’Asile Agricole de Chezal-Benoît, quelquefois aussi à l’asile de Moulins et à l’asile de La Charité-sur-Loire.

Les malades sont peu visités, les sorties peu fréquentes ; les raisons sont ici les mêmes que celles exposées dans notre étude sur la colonie de Dun-sur- Auron.

La proportion des décès est faible. :.

Par rapport à la population traitée : 3,77 %.

Par rapport à la population moyenne : 4,28 %.

La colonie familiale d’Ainay-le-Château, il faut bien le reconnaître, est à l’état stationnaire depuis plus de vingt ans.

Le nombre annuel des entrées est notoirement insuflisant, il ne fut que de 52 au cours de l’année 1931. Nous sommes persuadés que parmi les nombreux aliénés hommes internés dans les asiles de la Seine, une forte proportion pourrait bénéficier du placement familial ; une direction active, des visites fréquentes des médecins de la colonie dans les asiles parisiens pourront remédier à cette pénurie.

D'autre part, il semble que l'intérêt porté à la colonie par les services de la Préfecture, ainsi que par le Conseil Général de la Seine, ne soit pas diminué ; la Colonie vient d’être dotée d’une voiture automobile qui lui était nécessaire et facilitera singulhièrement la surveillance médicale des placements (visites, transport des malades, etc.). La Commission de Surveillance, lors de sa dernière visite, en juin 1932, a admis le projet de construire une nouvelle infirmerie de 50 lits dans le parc de la colonie. C’est là un signe qui peut faire bien augurer de l'avenir.

Quoiqu'il en soit, dans sa situation actuelle, la colonie pourrait recevoir rapidement cent pensionnaires nouveaux. Si l’on consulte le mouvement des malades au cours du 17 semestre de l’année 1932, on est heureux de constater que, actuellement, la

abr SW ok Sobf 200}

ch oc s667 CR OO CON CRT ENT VE rm pq per 8

ppiè me vargrdlol: Amon] un uma) 7700 vayeprlol : ameneilne ogumo) fo

- co€ ul

(aébrphes) | ce CYUEN , is |

colonie est en voie de relèvement numérique : au 4er juin 1932, le nombre des malades présents était de 423 contre 363 au 31 décembre 1932.

À la fin de l’année ce chiffre pourrait fort bien être de 500, effectif non encore atteint depuis le début du fonctionnement de cette institution.

Les demandes de placement se multiplient de jour en jour, la création d’annexes nouvelles reste possible, nous espérons que dans quelques années, cette colonie connaîtra une ère de prospérité et que 700 malades pourront être assistés en placement familial à Ainay-le-Château.

Page 1