‹ Les Colonies Familiales d'AliénésChapitre 41 sur 70 · DE QUELQUES PROBLÊMES COMMUNS AUX DEUX COLONIES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PROBLÊMES COMMUNS AUX DEUX COLONIES

Recrutement des malades Ses difficultés

La prospérité des colonies familiales dépend directement du renouvellement régulier des malades. On pourrait croire que le médecin de colonie n’a que l'embarras du choix parmi les malades aptes à vivre en placement familial, que son rôle se borne à une sélection facile parmi de trop nombreux candidats à Dun ou à Ainay. Il n’en est rien, et bien au contraire, la question du recrutement des malades a toujours été et est encore la source de grandes difficultés. Allant beaucoup plus loin, nous dirons même, qu'il est de toute nécessité d’apporter une solution urgente à ce problème, si l’on ne veut pas voir à bref délai, périchiter une œuvre qui assure aux nombreux chroniques des Asiles une existence plus libérale et mieux adaptée à leur état mental. À l'heure actuelle où de nombreuses critiques s’élèvent contre l'encombrement des services asilaires,

où l’on entend formuler bien souvent le reproche que l'asile est plus une garderie qu’un hôpital de traitement, ne serait-il pas possible de se tourner vers l'assistance familiale et de rendre à chaque institution son véritable but : à l’asile, les malades aigus, à la colonie familiale, les chroniques calmes et inoffensifs, susceptibles cependant d’une réadaptation sociale, et à d’autres institutions les malades qui ne relèvent ni de l’un, ni de l’autre.

La solution de l’encombrement des services n’est pas dans la construction d’asiles nouveaux, tels qu’on les conçoit actuellement, mais dans le remaniement de l’assistance aux aliénés. Nous sommes convaincus, que grâce à l’intelligente activité des médecins des asiles, à leur persévérance opiniâtre, les pouvoirs publics comprendront cette nécessité. Mais ces intéressantes questions sortent du cadre de notre étude, qui est de montrer ce qu’est actuellement le recrutement des malades des colonies familiales et d'essayer d'apporter avec modestie quelques suggestions pour parer immédiatement aux difficultés présentes.

Les malades destinés à être placés dans les familles sont recrutés dans les asiles du département de la Seine situés, soit à Paris, soit dans la banheue, et dans les asiles de Province ayant des malades hospitalisés au compte de ce département.

De 1892 à 1905, chaque médecin devait choisir

dans son service, les malades qu’il jugeait aptes

vivre en colonie. De l’asile, ils étaient transportés

l’asile Clinique Sainte-Anne, à Paris, et hospitalisés au service de l'admission. Là ils étaient de nouveau examinés sévèrement, et quand le choix était définitivement arrêté, ils étaient dirigés vers le Colonie Familiale.

Le chiffre des entrées par ce moyen était st faible qu’il fallut adopter un autre procédé qui est encore en vigueur.

Chaque semestre, le médecin directeur de la Colome envoie à ses Collègues du département de la Seine une lettre pour leur demander s'ils ont dans leur service des malades susceptibles d’être placés en famille. Le médecin traitant établit une liste de malades. Le médecin de la colonie, quelque temps après, arrête définitivement cette liste, en ne maintenant, après examen dans le service de son collècue et d'accord avec lui, que les malades qui lui paraissent présenter toutes les garanties d'aptitude à la vie spéciale qu’ils vont mener.

Cette méthode est la seule qui assure un recrutement judicieux de malades susceptibles de vivre en colonie familiale. Le médecin traïtant qui voit chaque jour ses malades, connaît leur délire et leurs réactions, est tout indiqué pour faire le premier choix. Le médecin de la colonie, appelé à soigner et à surveiller les pensionnaires, choisis par son collègue et par lui-même, se montrera d'autant plus sévère qu’il connaît les ennuis d’un choix défectueux. Il sait quels soucis entraînera pour lui une désignation de malades qui n’est pas tout à fait scrupuleuse.

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