LES AVANTAGES DU PLACEMENT FAMELIAL
Avantages pour les malades
Actuellement la majorité des pensionnaires de Dun et d’Ainay sont des malades n’ayant plus de famille ou dont la famille, lassée par un séjour trop long à l’asile, les a délaissés. Le premier avantage est pour eux le recouvrement d’un foyer familial. Beaucoup, parmi tous ces chroniques, conservent une certaine affectivité, émoussée 1l est vrai par de nombreuses années d’asile, mais dont le réveil se fait progressivement, sous l'influence de cette vie nouvelle ; chez les femmes les sentiments maternels réapparaissent à la vue des petits enfants. Aussi n’est-il pas rare de voir des malades s’attacher, aimer les enfants des nourriciers, s’occuper d’eux, les promener. L’attachement aux nourriciers est souvent profond. On a vu à Dun une démente vésanique diriger le ménage d’une nourricière devenue impotente, et encore mieux, le cas d’une hallucinée persécutée, obligée de quitter un placement dont la nourricière devenue paralytique était délaissée par
Thèse Bobé. 45
ses enfants, héritiers trop pressés. La persécutée estima de son devoir de ne pas abandonner celle qui l'avait hébergée et lui avait permis de vivre en liberté, aussi chaque jour allait-elle lui prodiguer des soins attentifs et complètement désintéressés,
On pourrait multiplier les exemples de ce genre.
Un autre avantage que les malades ‘savent apprécier par-dessus tout c’est la liberté et le retour à la o1e normale. id
Ce qui frappe, c’est la Joie et le bien-être qu’ils éprouvent d’être soustraits au milieu de l’asile, de ne plus avoir de promiseuité et de contact avec les agités, les malpropres, les imconscients, de ne plus être soumis à une discipline stricte, à l’obhgation de ces dortoirs où sont pressés les uns contre les autres, ceux qui crient, débrent, qui se plaignent et ceux qui voudrarent pouvoir se reposer. La plupart ont ressenti l'ennui des murs, des cours fermées, de cette vie toujours la même, dont le cours uniforme n’est interrompu que par des événements toujours identiques, la visite médicale quotidienne, les corvées de quartier et les heures de repos.
Ce changement d’horizon, cette liberté plus grande a sur le psychisme des malades une influence heureuse. Des déments peu profonds, des chroniques inoffensifs, conservent bien souvent, en dehors de leur délire, un certain degré d'activité intellectuelle qui ne trouve pas à s'exercer à l’asile. Ils pagneraient à se trouver dans un cadre plus normal. On sait qu'après un internement prolongé, beaucoup de ma-
lades, tombent dans cet état de déchéance que les médecins écossais appellent « asylum dementia ». C’est un état d’atonie intellectuelle et morale qui vient compliquer l’affaiblissement sénile des facultés. Placé dans une famille et dans un milieu normal, ce malade, qui végétait de la même existence monotone depuis des années, arrive à utiliser les facultés qui lus restent et se reprend à vivre. Peu à peu, il s’intéresse à la maison, aux enfants, prend part à la conversation, se remet à acquérir quelques notions élémentaires et à s'occuper. « C’est encore un dément, dit le Docteur Marie, il ne peut être abandonné à ‘lui-même, et ne peut subvenir à ses besoins, mais il est tedevenu en quelque sorte une valeur sociale.»
Cette réadaptation à la vie normale qui se fait progressivement, les malades ne sont à même de l’apprécier qu'après un certain temps de séjour à la colomie, tandis qu'ils appréerent d'emblée la très grande liberté qui leur est laissée.
Cette hiberté n’est pas et ne peut pas être absolue. L’aliéné calme et paisible peut sortir à sa volonté, se promener sans être suivi par un gardien, mais malgré cette liberté de circulation, il est réellement en tutelle et dans un état évident d’infériorité par rapport au reste de la population. Il est entouré à son msu comme d’un vaste réseau de surveillance qui l’enveloppe. Tout en ne se manifestant pas sous forme de murs, de portes et de gardiens, ce contrôle n’en est pas moins réel, il impose à chaque instant des limites à sa liberté et le fait vivre constamment
dans une atmosphère pleine de restrictions morales en même temps que matérielles.
Par cela même qu'il est malade, il est compris dans cette partie dela population qui impose à l’autre une pitié bienveillante et sur laquelle elle s’arroge un droit de tutelle que chacun impose à l’aliéné par le seul fait de la supériorité de la raison sur la folie. Cette surveillance générale que la population saine exerce, à tout instant, sur la population infirme n’est pas un des moindres attraits de Dun et d’Ainay pour un observateur attentif. On se demande comment 1l est possible de donner à des aliénés la même liberté qu’on laisse à des hommes sains d’esprits, et comment, dans de semblables conditions, les accidents ne sont pas plus fréquents, alors que ces malades sont abandonnés à eux-mêmes, sans aucune surveillance directe. Cela s'explique par ce fait qu’un certain nombre d’aliénés sont sous la tutelle d’un certain nombre d'habitants, ceux-ci étant toujours prêts à leur servir de guide et d’appui, les gouvernant à leur gré comme des enfants, soit par la douceur, soit par la ruse.
Moyen d’assistance supérieur par la liberté laissée au malade, le placement familial est aussi un moyen de traitement.
On lit dans Féré que « l'agent le plus puissant du traitement des maladies mentales consiste dans l’isolement»
Pour Esquirol, le traitement « consiste à changer radicalement le milieu dans lequel vit le malade, en
le séparant de sa famille, de ses amis, de ses serviteurs, en l’entourant d'étrangers, en changeant toute sa manière de vivre ».
La colonie familiale réalise parfaitement cet isolement toujours préconisé. Le malade est soustrait à toutes ses habitudes, il est éloigné des lieux qu'il habite ordinairement, séparé de sa famille, de ses amis, de ses serviteurs, entouré d’étrangers. Le malade est transplanté dans un milieu différent de celui dans lequel il nourrissait son délire. L’isolement est ici réalisé sans séquestration.
Outre la thérapeutique par la liberté, l’assistance familiale permet d'appliquer aux malades un traitement moral qui sera la recherche d’émotions et de sentiments favorables qui sont créés par le milieu familial.
Après un séjour de plusieurs mois, voire même de plusieurs années à la colonie, on constate chez beaucoup d’ahénés chroniques, une amélioration qui reste la meilleure preuve qu’on réalise ainsi, pour des malades qui n’ont plus rien à gagner à l'asile, un traitement plus actif.
Une lacune importante de l’existence du malade à l’asile, est de s’opposer à sa rééducation psychique. Plongé dans une sorte de cristallisation de la pensée, la vie factice du milieu lui interdit plus ou moins l’utilisation de ce qui lui reste de raisonnement.
Le placement de l’ahiéné chronique inoffensif dans une famille est un bienfait pour l’aliéné, qui est
ainsi replacé dans kes conditions de la vie normale dans un milieu qui à été le sien.
Mais dira-t-on puisque le placement SR est une méthode de traitement pour beaucoup d’aliénés et que ce traitement a un effet favorable sur leur état mental, en guérit-on un certain nombre ?
En matière de maladie mentale, le critériam de guérison est donné par l’aptitude à la réadaptation sociale. En colonie familiale le mode d’existence est intermédiaire entre la vie asilaire et la vie normale, plus proche, beaucoup plus proche de cette dermière que de la première. Si le séjour en colonie se prolonge, on peut dire’que la guérison est pratiquement réalisée.
À cette affirmation, on objectera que le nombre des sorties est restreint.
Or, il faut avoir présent à l'esprit que les colonies familiales sont des lieux d’assistance en même temps que de traitement et les pensionnaires des colanies y sont conservés en très grand nombre pour Punique motif d'assistance, Si beaucoup de malades avaient des ressources personnelles où familiales, ils pourraient sortir définitivement des colonies et être réputés socialement guéris. Maïs comme nous l'avons dit au début de ce chapitre, la plupart sont des sans familles et des raisons humanitaires font qu'ils sont conservés là où ils se sont constitués une nouvelle vie, un nouveau foyer, adoptés par une nouvelle famille.
Donc, on guérit pratiquement à Dun et à Ainay,
que l’on en sorte ou que l’on ne cesse d'y séjourner comme assisté, puisque dans les deux cas, on n’est pas isolé du mulieu social, que l’on vit parmi une population composée d'hommes de mentalité normale, que l’on demeure enfin dans un foyer familial de gens sains d'esprit.
Nous insistons tout particulièrement sur l’importance donnée ici à l’aptitude à participer à la vie. sociale comme base de l’appréciation du degré d’aliénation et de l’appréciation de la guérison des psychoses. Cette importance n'est pas exagérée autant qu’on pourrait ke penser si lon se bornait à la recherche des symptômes de la folie.
En effet, c’est l’imaptrtude à participer à la vie sociale qui décide de linternement ; tant qu’un « malade » n’est pas obligé d'interrompre sa vie sociale y compris sa vie fammhale, al n’est pas plus « malade » que celui qui continue à travailler, que celui qui conserve ses occupations ordinaires.
En résumé, nous admettons que ka « guérison » de Jahéné, son améhoration si l’on veut, est marquée par le retour du malade dans l’anbiamee normale. Ce fait justifie notre affwmmation que la simple capacité de séjourner pendant un important laps de temps dans une colonie familiale équivaut à une guérison ou à une améhoration. |
Si nous avons un peu insisté, c'est pour bien montrer le réel avantage de la colonie familiale pour les malades. Cet avantage est considérable sous le rapport de la guérison sociale des aliénés qui sont
réadaptés à une existence aussi proche que possible de la normale. Ensuite, pour une forte proportion des malades, la colonie familiale mérite bien réellement son nom par le séjour prolongé que font beaucoup de malades dans une même famille, séjour équivalent à l’acquisition d’un nouveau foyer.
Avantages pour la population
Le premier des avantages est de constituer une industrie locale. Avant la création de la colonisation familiale, Dun et Ainay étaient des villes mortes. Elles sont redevenues des centres d’affaires relativement importants. Le montant des budgets des deux colonies dépasse six mullions. Cette somme importante sera dépensée à peu près intégralement dans la région. Voici pour le commerce local. Maisles nourriciers eux-mêmes, en prenant des malades chez eux, trouvent un avantage pécumiaire et réalisent un bénéfice appréciable. Il a été calculé, qu’en moyenne, dans un placement de deux malades, si la nourricière est une ménagère ordonnée, entendue, le bénéfice peut être évalué au prix du loyer de tout le logement.
Non seulement les colonies d’aliénés apportent une source de profits directement, par elles-mêmes, mais par la main-d'œuvre fournie par les pensionnaires, par certains et non pas tous.
Les hommes fournissent de la main-d'œuvre à peu
près uniquement agricole, ils s'occupent à des besognes inférieures, habituellement ils gardent des bestiaux, ramassent du bois mort, nettoient les étables, Peu importe, la population sait apprécier ce travail. Quelques-uns ont possédé une réelle habileté manuelle, très recherchée. Les services d’un ancien ouvrier en instruments de chirurgie sont fréquemment mis à contribution, le malade possédant une véritable virtuosité pour tremper les outils d’acier. On pourrait citer des exemples de tailleurs et de cordonniers. Le plus curieux des cas est celui d’un arriéré illettré qui exerça le métier d’horloger avec tant de conscience et de compétence qu’il se créa une clientèle importante et fidèle.
A Dun, les malades ont permis l'extension de l’industrie de la confection de lingerie à domicile, et comme les parisiennes sont manifestement plus habiles que les nourricières, elles ont éduqué celles-ci.
Les femmes participent plus que les hommes aux travaux ménagers intérieurs. Elles y prennent une part active, se livrent à quelques occupations maternelles, conduisent les enfants à l’école et les surveillent dans la maison quand ils sont petits.
Les hommes s'occupent souvent du jardin de leur nourricier, scient le bois.
L’occupation la plus fréquente pour les deux sexes et aussi l’une des plus appréciées est celle de commissionnaire, particulièrement dans les placements ruraux d’Ainay, à cause de la dissémination de ces placements et de leur isolement des agglomérations.
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Au cours de leurs déplacements, les malades recueillent beaucoup d’ebjets perdus et les actes de probité à mettre à leur compte sont relativement fréquents.
À côté des actes de probité, doivent être signalés à l'actif de la colonisation familiale les actes de eourage et de dévouement accomplis par des pensionnaires : on C@tera plusieurs sauvetages par des malades d'enfants tombés dans le canal ; plusieurs fois des malades ont arrêtés des chevaux emballés.
Les populations ont retiré du placement famihal des avantages très importants sous le rapport de l'hygiène. La propreté des bourgs, moyen prophylactique contre les épidémies, est l’objet d’une attention soutenue de la part des médecins des colomies. Les Municipalités le comprennent très bien, d’autanit que les malades hommes sont aptes à aider au nettotement.
Les cabinets d’aisance, très primitifs dans les campagnes, ont été améliorés, mesure excellente encore pour maintenir un bon état sanitaire du pays.
Un autre avantage hygiénique que lon n’a pas encore constaté à Ainay, e’est celui de la construc: tion de logements neufs d’après le indications fournies par les médecins des colonies familiales. À Dun, au contraire, beaucoup de logements sont construits par d'anciens bateliers qui se retirent dans la localité avec lintention de parfaire les revenus de leurs petites économies en prenant en pension des aliénés. Ils demandent des renseignements, à l'avance,
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sur le cubage nécessaire et réglementaire pour les chambres destinées aux malades, sur la position des cabinets, du puits, etc. d’où des logements d’un type unfforme que lon constate en nombre appréciable à Dun et qui réalisent un ensemble modeste d'hygiène et de confort, véritablement remarquables.
La création des étabhssements de bains dans les centres et certaines annexes des colonies, ont amenés chez les habitants, des habitudes régulières de propreté. Les bons de bains sont délivrés gratuitement, une fois par mois aux familles des mourriciers. Peu à peu, lhabitude de se baigner a été prise, par les femmes surtout. Les habitants non nourriciers sont admis à titre onéreux dans ces Établissements selon les possibilités du service.
Le rôle des médecins est très efficace dans la prophylaxie des maladies infectieuses. Leur action fut très estimée par la population et les autorités municipales, lors d’une grande épidémie de typhoïde, qui sévit à Ainay, un mois après l'installation de la colonie. L’imfluence médicale se fait encore sentir sur la tenue des imtérieurs des nourriciers ; sur la fréquence des vacemations (les pensionnaires étant vaecinés réguhèrement) ; il en est de même à propos de l'hygiène infantile : une remarque est si vite faite par le médecin qui visite un placement, et un conseil est si vite donné, qu’à la longue la suggestion opère.
Enfin, nous signalerons un avantage qui a été très apprécié, au début particulièrement de la création des colonies familiales. Ce fut un notable abais-
sement des dépenses des bureaux de bienfaisance. En effet, les premiers nourriciers furent généralement ceux que le besoin pressait.
Cependant, au fur et à mesure du développement des placements, l'influence sur les dépenses communales d’assistance diminua et tendit vers un minimum. C’est qu’en effet, les placements pauvres n’offraient pas assez de confortable et que les pensionnaires refusaient bientôt d’y aller ; seuls les malades de propreté laissant à désirer, de caractère difficile, pouvaient y faire exceptionnellement un stage provisoire, de sorte que ces placements disparurent progressivement.
En résumé, les avantages pour la population sont d'importance.
La colonisation familiale créa une sorte d'industrie locale avantageuse.
Elle fournit de la main-d'œuvre agricole ou industrielle selon le sexe des malades. Les malades rendent des services ménagers très appréciés des nourriciers.
Au point de vue de l'hygiène, la colonisation familiale a apporté une amélioration considérable dans la tenue des habitations des nourriciers, dans la tenue des bourgs. Pour l'hygiène individuelle, elle a créé des établissements de bains où la population est admise et donné de bonnes habitudes grâce aux Conférences aux nourriciers, et aux conseils du personnel médical.
Avantages pour l'Administration de L’Assistance départementale
Ce point de vue que nous abordons, mais que nous: ne développerons pas se résume en ceci : désencombrement des asiles de la Seine et économie réelle sur le budget départemental.
L’encombrement des asiles est une question qui de tout temps a préoccupé et les médecins et l’administration départementale. Cet état de chose est à beaucoup d’égard regrettable et préjudiciable. On lit dans une note sur l’assistance familiale des aliénés par le Docteur P. Brousse au (Congrès d’assistance de Rouen de 1899 : « L’asile encombré ne peut offrir de place libre et facile aux entrées précoces, d’où un retard à l’internement et à l’admission des malades, après la phase initiale du début, le seul propice à l’intervention curative. Si encore les chroniques à l’état naissant pouvaient être l’objet d’une attention spéciale et soutenue et concentraient sur eux les efforts du médecin ! Maïs, non, ils sont répartis dans les sections de 50 à 60 malades chacune, catégorisés non pas chiniquement, mais en gâteux, agités, semi-agités, tranquilles et travailleurs. On voit que c’est là une classification d’infirmier, mélangeant les variétés les plus disparates et les confondant.
Dans les sections, le médecin passe chaque jour, comme le général devant ses troupes, il ne peut
voir que la masse en bloc et perd de vue lindividu. Que peut faire, dans ces conditions, l’aliéniste le plus distingué ?
Le public nous demande des cures et notre organisation administrative permet à peine um diagnostic précis, car on ne peut considérer comme un diagnostic précis les certificats officiels et les registres légaux. Je le demande à tous, est-il une affection qui nécessite pour être connue et traitée, un examen plus approfondi, une observation plus minutieuse, plus prolongée, plus intime que la folie ? Aucun . médecin de nos asiles pubhes ne saurait nier que l’organisation actuelle de la plupart de nos services d’asiles proprement dits, nous met dans l’impossibihté matérielle de procéder à un tel examen de tous les malades confiés à nos soins, dès lors on ne saurait nous reprocher notre impuissance thérapeutique, alors même que la guérison de la folie serait une question plus avancée et mieux résolue ».
Depuis cette époque les médecins d’asile n’ont jamais cessé de déplorer l'encombrement de leurs services. À lheure actuelle, plus de 30 ans, après cet exposé de la situation par Paul Brousse, la situation est la même, et le nombre considérable des entrées dans les asiles de la Seine, la rend peutêtre encore plus aiguë.
Or, le nombre est grand des déments chroniques dans les asiles. H y en a actuellement 1.500 dans les colonies familiales c’est un commencement de désen-
combrement. Mais un choix plus rationnel permettrait d’en envoyer davantage.
Tous ceux que leurs fonctions appellent à s’intéresser au sort des aliénés maintenus dans les asiles de la banlieue de Paris, reconnaïssent qu’il est indispensable d’étudier la question de l’encombrement, son importance et son urgence ne sauraient être contestées.
Un des moyens de désencombrement des asiles est le placement familial.
En 1899, au Congrès d’assistance publique, entre autres conclusions on avait adopté la suivante « L’asile doit être considéré comme un instrument de traitement et de guérison, et comme corollaire, à côté de l’asile, les colonies et l’assistance familiale doivent être développées le plus largement possible pour obvier à l'encombrement des asiles.
Le médecin de traitement indiquera les catégories des malades qui sont en état de jouir de l’assistance familiale et surveillera les colonies ».
Un autre avantage à considérer quand on étudie les colonies familiales, est la question de l’économie réalisée par ce mode d’assistance. Il y a en effet, un fait incontestable, c’est que le nombre des aliénés augmente dans une proportion telle que leur entretien devient une charge excessive pour les contribuables. L'économie dans la construction des asiles, et une meilleure organisation du travail des malades valides ne sauraient être trop encouragés dans le but de diminuer les charges ; mais ces moyens ne
sont pas les seuls : l’assistance famihiale permet de réaliser des économies, tout en assurant aux malades tous les soins nécessaires. Actuellement le prix de . journée à Dun est de 10 fr. 18 et à Ainay de 11 fr. 50, alors qu’il est de 25 fr. en moyenne dans les asiles de la Seine. L’économie annuelle serait facile à calculer.