‹ Les Colonies Familiales d'AliénésChapitre 59 sur 70 · PE LU · texte numérisé non relu

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les autres non, allumées soit dans la forêt, soit chez les nourriciers et qui ne causèrent que dés: er

absolument insignifiants. pu TJ Ris : Les excès de boisson, cependant tit amet assez fréquents, ne vont pas jusqu’à inciter les malades à la violence, Tout se borne à are disputes ou bousculades. | 5

À Dun, un système mis en application par le D: Rodiet, s’est avéré efficace pour restreindre la consommation de l’alcool chez les sujets dub sortis des asiles se remettent à boire.

Lorsqu’ une malade reprend ses habitudes d’alcoone elle est surveillée. Le marchand de vins qui vend de l’alcoo! à la malade, d’ordinaire du rhum ou de l’eau-de-vie, est toujours découvert. La pensionnaire est retirée de son placement et envoyée dans une annexe à la campagne, où n’existe pas de marchands, si possible, ou, s’il y a lieu, réintégrée dans un asile fermé ; elle est, en tous cas, soumise à un contrôle actif. La nourricière ne manque pas généralement de se plaindre et vient réclamer au centre de la colonie une autre pensionnaire. À cette demande, il lui est répondu : « Vous devez empêcher votre malade de boire, et, dans tous les cas, nous prévenir immédiatement de ses mauvaises habitudes. D’un autre côté, si votre pénsionnaire a été retirée c’est la faute de M. X... marchand de vins. S'il n’avait pas vendu de l’alcool à une malade, vous auriez encore chez vous cette femme, à laquelle vous teniez. Vous n'aurez pas d’autres malades

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avant longtemps, à moins que M. X.. ne s’engage par écrit à ne plus vendre d’alcool à nos pensionnaires. »

Le marchand de vins à qui cette aventure, plusieurs fois sera arrivée, se tient sur ses gardes, d’autant plus que la nourricière ne se contentera pas d’ordinaire de l’injurier, mais lui retirera sa clientèle, la plupart du temps ; par ses récriminations et ses plaintes chez les voisins, elle contribue à lui faire du tort auprès des autres nourriciers. Les débiteurs s’aperçoivent, avec ce système, qu’ils perdent plus qu’ils ne gagnent à vendre des boissons alcooliques aux malades de la colonie. Certains d’entre eux ont adopté une autre méthode, ils mélangent d’eau, dans une forte proportion, le rhum ou V’eau-de-vie qu’ils vendent aux aliénés. Ainsi coupé, l'alcool est moins dangereux et la fraude, en définitive, est profitable au malade, qui, s’il n’en a pas pour son argent, s’intoxique moins rapidement.

Lorsque toutes les recommandations sont inutiles, le retour dans un asile fermé est nécessaire. C’est le seul moyen d'éviter toute une série de rechutes aux malades, des inconvénients à la population et bien des ennuis aux médecins de la colonie.

l'est, du reste, préférable de ne pas envoyer d’alcooliques à la colonie familiale.

Pour en finir avec ce chapitre des réclamations que les habitants font contre les pensionnaires, nous dirons que les plaintes les plus tenaces, les plus véhémentes, les plus justifiées aussi à certain

point de vue, concernent les épileptiques ayant des crises convulsives pendant le jour. Les nourriciers et autres habitants ont une véritable terreur des malades « qui tombent ». Les épileptiques doivent donc être bannis du placement familial. |

Il nous reste à traiter de toute une catégorie de faits, regrettables en soi, mais que la population tolère aisément, ou néglige. Ce sont les extravagances de quelques pensionnaires ou les actes divers offensant la pudeur. |

Les ‘extravagances sont très facilement tolérées par la population d’autant plus que le côté amusant en est le plus habituellement perçu, et qu’en réalité, aucun dommage matériel n’en résulte.

Les extravagances de costume sont, en général, sans importance.

Quelques pensionnaires parent leurs vêtements de colifichets excentriques ou se fardent d’une façon trop apparente. On veille seulement à ce qu'il n’y ait pas exagération trop ridicule. On voit quelquefois des persécutées mégolomaniaques porter l’été des fourrures et un manchon, des voilettes blanches épaisses. Des déments atteints de collectionnisme ornent leurs vêtements de décoration les plus invraisemblables. Les habitants se détournent à peine, ou jettent sur ces pauvres déments un regard amusé ou plein de pitié. |

Des hallucinés répondent à haute voix dans les rues aux « Invisibles » qui les persécutent, se retournent en proférant dans le vent des protestations

et des reproches. Tant que ces réponses ne sont point injurieuses ou malsonnantes, personne n’y fait attention. Si des gesticulations accompagnent les réactions aux hallucinations, s’il y a des injures qui entraînent des altercations fréquentes, on peut être conduit à réintégrer le malade en asile fermé. Le plus souvent des jeunes gens sans pitié traitent le malade de « maboul » et à cela se borne l’affaire, care malade suit le conseil qu’on lui donne d'éviter les endroits trop fréquentés par des passants. Certains malades qui, pour proférer leurs injures, leurs protestations, s’isolent, peuvent alors être conservés à la colonie familiale quoique leur délire soit beaucoup plus actif que celui d’autres qui délrent publiquement. |

Parmi les extravagants se rangent les oa qui se persuadent ou, parfois, que, par plaisanterie, l’on persuade, de pouvoir épouser telle personne du pays. Il suffit alors de déplacer le malade pour mettre un terme à ces chimères matrimoniales.

Un autre genre de réaction dont la population a eu parfois à se plaindre, est la réaction épistolaire. Des malades profitent de leur liberté pour expédier de nombreuses lettres, des pétitions aux pouvoirs

publics, à des célébrités dont les noms ont été révélés

par les journaux.

Ces manifestations n’attirent qu’exceptionnelle:

ment les réclamations des destinataires à qui l’on conseille la résignation s’ils ne veulent rendre nécessaire le réinternement d’un malade qui profite avee

trop d’expansion de la liberté partielle dont il jouit à la colonie familiale. Cependant, toutes les fois que des pensionnaires sont soupçonnés d'envoyer des lettres For ils sont réintégrés dans un asile fermé. |

Nous signalerons perse que des accès d’excitation psychique ont été provoqués chez des pensionnaires par certains articles maladroits. sur lés asiles et les médecins d’asile, pre dans de ÉrRURS journaux quotidiens. : 2;

Les actes délictueux contre la due semblent n’intéresser que superficiéllement les habitants, soit parce que la notion de pudeur, telle du moins qu’on la comprend rigidement, c’est-à-dire la pruderie ou la pudibonderie, leur est plus où moins étrangère, soit parce que de tels actes apparaissent plutôt risibles et désarment la tentation de se plaindre soit encore parce qu’ils ne causent véritablement guère de dommages effectifs.

A Ainay, on a eu connaissance d’un seul cas frisant la bestialité, attouchements sur un chien par un jeune inconscient. L'exhibitionnisme est plus fréquent, mais là encore, le dommage réel est à peu près nul, même pour des enfants, ceux-ci en voient bien d’autres lors de la saillie des bêtes. Si une vieille démente se déshabille, si une délirante encore jeune se promène en tenue incorrecte par le bourg, ces faits très rares à la vérité, sont sans importance, il n’en résulte aucun mal. La malade est renvoyée dans un asile ou gardée quelque temps

à l’infirmerie, puis on lui cherche un autre placement.

L’exhibition proprement dite a été notée un peu plus souvent et causa des réintégrations de malades, mais il faut rester très réservé devant des dénonciations qui.ne sont pas toujours fondées. Les habitants savent que.la direction de la colonie ne badine pas, dans ces circonstances, et soustrait immédiatement le malade au placement familial, alors il arrive que de telles dénonciations tendent .simplement à nuire à des nourriciers vivant en .mauvaise intelligence avec certains voisins. Il suffit alors qu’un malade urine sur le bord de la route pour qu’il puisse être accusé de se masturber en publie.

A la colonie de femmes, des faits de grossesse sont pratiquement inexistants. La bienveillance des habitants envers les pensionnaires ne va jamais jusqu’à se permettre certaines privautés. Trois cas de grossesse ont été notés à Dun depuis l’existence de la colonie, en voici un exemple :

Une imbécile gardant une vache dans un champ voisin de son placement, à la campagne, fut mise enceinte, probablement par un chemineau. ,

Trois cas de viol ont été commis par des malandrins.

À la colonie d’Ainay, il n’y a eu que trois malades soupçonnés d’avoir des relations sexuelles avec des habitantes, deux tentatives de viol sur des fillettes et enfin deux cas de propositions faites à

des pensionnaires, l’une d’onanisme mutuel, l’autre de sodomie.

Il découle de cette étude que, sans doute possible, les populations qui consentent à accueillir des aliénés en liberté, retirent du système familial, à côté d’inconvénients d’importance beaucoup moindre qu’on pouraït le croire a priori, une somme notable d'avantages des plus positifs.

Inconvénients pour l'Administration

Départementale

Les adversaires de l'assistance familiale ne voulaient voir dans ce système, aucun avantage pour les malades, rien que des inconvénients pour les habitants des pays qui seraient obligés de tolérer des aliénés, et une source de dépenses pour lAdministration. Nous avons réfuté les deux premiers arguments, nous allons voir ce qu'il faut penser du troisième.

Cet argument qui semblait capital, est un reproche d’ordre économique. « Les colonies familiales font sortir des asiles, a-t-on dit, des malades travailleurs ». Ces malades travailleurs, surtout les hommes, si utiles à l'établissement dans lequel ils sont internés, ne trouvent pas toujours à s'occuper dans les petits pays où ils sont envoyés à cause de l’absence de main-d'œuvre. En même temps que le désœuvrement

peut être nuisible au malade, il en résulte une perte pour le budget de l'asile. GA

19 À cause de la diminution des D értEl cet à tirer du travail des alénés. |

‘20 à cause de l'obligation de pete ces Hébes par des ouvriers du dehors. :

En ce qui concerne les bonnes ouvrière bn enlevées aux asiles pour être placées à Dun, il y aurait une solution proposée par le docteur Rodiet. « Pourquoi, dit-il, la confection de certaines pièces de lingerie destinées aux malades des asiles, ne seraient-elles pas confiées aux pensionnaires de la colonie, sous le contrôle de la surveillante du vestaire ? Tout le monde y trouverait son compte.

19 Les malades, qui pourraient toutes travailler et toucheraient un pécule régulier ;

20 Le département, qui paierait moins cher qu'aux ouvrières du dehors ou aux fournisseurs qui servent d’intermédiaires, les chemises, mouchoirs, jupons, etc. Les services rendus par les malades seraient donc les mêmes à la colonie qu’à l’asile.

À cet argument de la soustraction à l'asile des malades travailleurs, le Docteur Coroley a répondu qu'il y avait là un cercle vicieux. « Les aliénés en travaillant pour lAsile lui épargnent des frais, mais ces frais deviennent plus lourds à cause du nombre excessif des aliénés ». Quoiqu'il fasse, le meilleur travailleur, ne fournira jamais une somme quotidienne de travail qui compensera ses frais d'entretien pendant son séjour à l'asile. Plus il y

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aura de malades, plus l’asile aura de lourdes charges.

C’est là un raisonnement facile à comprendre. | Le Docteur Olof -Kilberg, rapporteur pour la Suède au Congrès de Milan en 1907, a fait très justement remarquer que da sortie des travailleurs des asiles serait une sollicitation pour les médecins de faire travailler un plus grand nombre d’aliénés. En effet, ils sont nombreux à l’asile les malades non adaptables à la colonie familiale qui pourraient rendre d’appréciables services. Ils ne le font pas, soit que les ateliers complets ne leur offrent pas de place, soit par mauvaise volonté. Oisifs, ils restent en hiver dans les salles de réunion où ils sont cause de désordre, en été, ils errent dans les cours souvent à la recherche d’un moyen possible de s'évader. C’est la foule des hallucinés, des persécutés, des dégénérés plus ou moins supérieurs, débiles mentaux, épileptiques, déséquilibrés et enfin le vaste contingent des alcooliques chroniques.

Mieux organisé, le travail des aliénés internés permettrait de tirer parti, plus qu’on ne le fait actuellement, des capacités d’un plus grand nombre d’entre eux. HAE Quoiqu'il en soit, jusqu’à présent, un transfert à la colonie familiale n’a jamais privé un asile de ses malades travailleurs, et si, par hasard, quelquesuns s’en vont, ils sont bien vite remplacés : le budget d’un asile n’a jamais eu à souffrir du fonctionnement des colonies familiales. Le budget départemental, au contraire, n’en a tiré que des bénéfices.

Nous avons essayé de montrer que le système des Colonies d’aliénés présente surtout des avantages. L'institution de l’Assistance familiale aux aliénés a même dépassé de beaucoup le cadre de sa destination première, car non seulement elle désencombre les asiles, de ceux des malades qui, étant inoffensifs, ne peuvent être soignés dans leur propre famille, non seulement elle accorde aux malades une vie plus libre et plus heureuse, mais encore elle est devenue un facteur économique important dans l'existence de toute une région.

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