CONCLUSIONS
10 Gheel est la première colonie familiale connue er dans le monde. Il faut remonter vers la fin du vie. siècle pour retrouver son origine dans une légende religieuse. (Martyr de Sainte-Dymphne).
En France, en 1890 le Conseil Général de la Seine proposait un essai d'assistance familiale aux aliénés. La colonie de Dun-sur-Auron (pensionnaires femmes) | fut créée en 1892, celle d’Ainay-le Château (pensionnaires hommes) en 1900.
20 En mai 1932, la population cubale de la ue familiale de Dun-sur-Auron était de : 1213 femmes ; en juin 4932 celle d’Ainay-le-Château s'élevait a 423 hommes ;
39 La loi du 30 juin 1838 ne prévoit pas le placement des aliénés en colonie familiale. Toutefois, en vertu d’une décision ministérielle du 28 février 1896, les colonies familiales ont été assimilées à des asiles publics. La reconnaissance légale prochaine de ces institutions paraît nécessaire. D'ailleurs, depuis 1892, les projets successifs de révision de la loi du 30 juin 1838, et particulièrement le dernier projet Strauss, comportent tous un texte reconnaissant l'existence légale des colonies familiales.
40 Le recrutement des pensionnaires présente de nombreuses difficultés. La collaboration du médecin traitant et d’un médecin de la colonie familiale est indispensable pour assurer une sélection judicieuse.
59 Le médecin, après avoir examiné individuelle-
ment les malades au point de vue de leur aptitude à bénéficier de ce régime spécial, sera surtout guidé dans son choix par leur degré de sociabilité. - Actuellement, les pensionnaires appartiennent surtout au vaste groupe des chroniques calmes et inoffensifs, souvent affaiblis intellectuellement mais conservant encore un jugement suffisant pour apprécier le retour à la liberté et ne pas en abuser.
60 Le placement familial présente des inconvénients et des avantages.
Les inconvénients peuvent être divisés en deux catégories ;
a) Inconvénients pour les malades : suicides, évasions, fugues, grossesse, exploitation de leur travail, ivresse, nourriture insuffisante, absence de contrôle de la correspondance, rareté des visites de leur famille. |
b) Inconvénients pour la population : réactions homicides, violences, attentats aux mœurs et à la pudeur, actes délictueux, vols, diffamations, extravagances, risques occasionnés par les maladies contagieuses, chômage amené par le travail des pensionnaires.
La plupart de ces inconvénients, en réalité,
n'existent pas. La rémtégration en asile fermé des inadaptables, une surveillance constante, un choix sévère, en suppriment la plupart. Les réactions violentes, les évasions, les suicides sont peu fréquents. Quant aux grossesses, homicides, ‘attentats aux. mœurs et à la pudeur, ils ne sont pour ainsi dire jamais constatés. La santé des malades ne souffre pas du régime familial, la mortalité est minime, la longévité est grande.
Les avantages sont de trois sortes :
a) Avantages pour les malades : Liberté, retour à la vie normale, recouvrement d’un foyer familial, bien-être consécutif à l’éloignement du milieu asilaire, réveil de l’affectivité, réadaptation progressive à la vie sociale, rééducation psychique, entraînement au travail, possibilité d'organiser leur existence à leur gré.
b) Avantages pour la population : amélioration de l’hygiène rurale (conseils médicaux, conférences aux nourriciers, création d'établissements de bains,
prophylaxie des maladies contagieuses, etc.) déve-
loppement de la vie économique du pays.
c) Avantages pour l’assistance départementale économie budgétaire, désencombrement des asiles.
Ces avantages sont importants, les heureux résul-
tats de la colohisation familiale le prouvent et montrent que ces institutions sont un complément indispensable de l’assistance aux aliénés. !
70 L'assistance familiale est actuellement réservée aux seuls aliénés de la Seine ; elle reste à organiser
At
pour ceux des autres départements (placement familial autour, de l'asile).
On pourrait, peut- -être tenter de faire bénéficier de ce système d’autres catégories de malades :
a) les convalescents,
b) les enfants arriérés, | . c) les malades riches, payants.
80 A l'étranger l'assistance familiale aux aliénés est conçue différemment suivant les pays. Les organisations les plus importantes semblent dériver de 4 méthodes :
a), Méthode belge : les malades sont en général reçus directement sans passer par un asile fermé dans les colonies de Gheel (mars 1932, 2063 indigents et 77 pensionnaires) et de Lierneux (520 indigents et 43 pensionnaires). A
b) Méthode écossaise : les malades sont répartis sur tout le territoire et ne forment nulle part des agglomérations pouvant être considérées comme de véritables colonies (20% des aliénés sont ainsi assistés).
c) Dans d’autres pays, en Allemagne par exemple, le placement familial, le plus souvent, ne dépasse pas les environs immédiats de l’asile auquel le malade reste attaché. On yÿ rencontre également l'asile colonie : la caractéristique de ce système est l’union intime d’un établissement central et d’une colonie hbre.
L'Allemagne a également apporté à l’assistance familiale une conception nouvelle en plaçant des malades dans des ménages d’infirmiers.
d) En Suisse, chaque asile est pourvu d’une s0ciété de patronage. Ces sociétés sont chargées de recruter les nourriciers, de leur confier des aliénés chroniques, tranquilles et convalescents, de les surveiller et d'organiser les visites médicales.
90 Les résultats des méthodes appliquées soit en France, soit à l'Etranger, font du placement familial un excellent système d'assistance PSychiatrique en dehors des As iLes |
Vo : Su Le Président de la Thèse, | Henri CLAUDE.
Vu :
Le Doyen.
BALTHAZARD,
Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :
Le Recteur de l’Académie de Paris CHARLÉT Y. |