‹ Les Colonies Familiales d'AliénésChapitre 62 sur 70 · SYSTÈME ECOSSAIS · texte numérisé non relu

SYSTÈME ECOSSAIS

L'assistance familiale des aliénés pratiquée: en: Ecosse depuis 1860 repose: sur: uw: système très

JSK —

différent: de: celui que nous avons: vu en Belgique: et en France:

C’est en: Ecosse que de tout: temps: les malades mentaux ont: été traités avec le plus de hiberté ; c'est: là qu'on: & presque en: même: temps qu’en France, hbéré de leurs chaînes les aliénés et bien avant-nous-supprimé la camisole de-force et pratiqué: le système de l’opendoor. |

Dans ce paysi.ce qur fait l'originalité: du placement

familial, c’est que: les: malades sont répartis: sur: toute: l'Écosse: et: ne: forment nulle part: des agglomérations: pousunt étre considérées comme de véritables colonies: senvhlables: à: Gheel'ou à Dun:. Le rapport des: commissionners. fait remarquer les inconvénients qui résultent des agglomérations de malades:au-dessus du chaffre 30 dans: certaines localités. Un grand nombre d’aliénés sur um même: point présente les mêmes inconvénrents: que: l’asile:

Il n'existe: pas d’infirmerie: centrale. Quand un malade s’excrte; il est réintégré à l’asile : le nourricier va vom l'inspecteur des pauvres qui envoie: um médecin: pour faire um certificat. Ces: formalités me: durent: pas plus: d’un jour.

Les Ecossais soutiennent:que la: présence-de: médecins spécialistes rappellerait: trop l'asile et que le: but: poursuivi au: contraire: dans l’applicatiom du système: familial, esti de: placer l’ahiéné dans un mieux familiab qui ne rappelle en rien l’organisation de l'asile:

Les colonies sont mixtes, mais on n’autorise:pas un:

nourricier à avoir simultanément comme pensionnaires chez lui des hommes et des femmes.

Le nombre des malades dans une maison particulière et sous la garde d’un nourricier ne doit pas dépasser quatre et ce n’est qu'après une enquête spéciale qu’il en est accordé plus de deux. Un malade placé dans un private dwelling est un mineur et son tuteur est l'inspecteur des pauvres.

Les nourriciers reçoivent un livret de visite. Le travail du malade est au profit du nourricier, mais il n’est pas obligatoire. S'il est considérable, l’inspecteur des pauvres diminue le salaire du nourricier. Dans aucun cas l’aliéné n’est rémunéré par le nourricier, mais 1l peut travailler dans le village et gagner quelque argent.

Les malades sont placés de préférence dans les districts ruraux et chez les petits cultivateurs ; mais lorsqu'ils ont un métier, on les place volontiers chez un nourricier qui exerce la même profession, sachant bien qu’ils ont d'autant plus de chances d’être bien traités qu’ils sont plus utiles.

A fin de faire comprendre le fonctionnement administratif et médical des colonies écossaises, nous donnerons quelques renseignements sur la législation des indigents et des aliénés dans ce pays. |

Tout indigent est mis à la charge de la paroisse dans laquelle il réside. Il est sous l’autorité du contrôle général, du Local Gouvernment board, qui assure l’exécution de la loi des pauvres sur tout le territoire.

L’'indigent est en outre placé sous l’administration locale du Conseil de paroisse qui perçoit l'impôt des pauvres. Ce conseil a un inspecteur des pauvres, fonctionnaire payé qui s’occupe de tous les indigents incapables de subvenir à leurs besoins.

Si lindigent est aliéné, il tombe sous le contrôle du Général board of Lunacy, lequel assure l'exécution de la loi sur les aliénés dans toute l’Ecosse et du District Lunacy board pour l’administration locale. C’est le Général board of commissionners in Lunacy qui a la surveillance de tous les malades placés dans les établissements ou dans les familles. Le District Lunacy board ne s’occupe que de l’administration des asiles du district dont les dépenses sont à la charge des contribuables du district et soldées par le Conseil de Paroisse. L’examen de droit aux secours publics d’un indigent sain ou aliéné appar- (tient au Local Gouvernment board. La manière dont il doit être assisté, si l’assisté est aliéné est fixé par le Général board of Lunacy. Si le malade est envoyé dans un asile, il est placé sous l’administration du District board of Lunacy, sous le contrôle du Général board. Avant d’être envoyé dans un asile et après sa sortie, s’il est encore aliéné, et, par exemple, s’il est envoyé dans un placement familial, il est sous l’administration du Conseil de paroisse et le contrôle du Général board of Lunacy.

Un aliéné indigent peut entrer dans un privaie dwelling de deux manières. La première, c’est lorsque les autorités paroissiales trouvent inutile

de: l'envoyer: dans un. asile, et la, seconde. c’est lorsque après. avoir été interné quelque. temps: dans un asile, on-le considère assez rétabli pour ne pas y rester plus longtemps.

Dans le premier cas, l’Inspecteur des: pauvres. fait au Général Board. of Lunacy un rapport détaillé, auquel. sont joints deux certificats de médecin indiquant la manaère- dont le malade doit être. traité et que l’envoi dans un private dswelling lui est avan: tageux. S1 le. rapport. et. les certificats sont consrdérés: suffisants par le Général Board. of Lunacy, l’arrangement est sanctionné.

Chacun de ces malades ainsi placés, est examiné deux fois par an par le commissionner médecin du Général Board. of Lunacy, dont le service spécial. consiste à visiter les. aliénés, dans. les établissements particuliers.

Is doivent aussi recevoir, en cas de nécessité, des soins d’un médecin de la localité qui fait les visites. annuelles. et deux. visites par an de l’inspec-teur des pauvres. À chacune de. ces visites, ces. der:-niers: inscrivent, sur le carnet. du nourricier. leurs observations concernant la. façon dont le: malade est soigné eb la mamière. dont le- nourricier remplit. ses. devoirs.

Ce-carnet est montré au-commissionner en. tournée, lequel fait. un. rapport. séparé. sur chaque: malade: qu’'il'envoie au Général. board.of Lunaey. Les commissionners. sont au nombre. de deux. et. font généralement une:visite-par an:et: plusieurs: dans. certains cas

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Ees-rapports: des: commissionners traitent: dé tous. les détails et notamment de l’état mental et phy: sique du malade, si l’assistance du private: diwelling lut convient; de là façon dont 1l est nourri, habillé, du caractère: du nourrieier et: comment ce dernier remplit ses devoirs. Il s’informe si la somme allouée par le: Conseil de paroisse: est suffisante.

Après avoir reçu le rapport du commissionner: sur un de ces cas, le: Général bourd'of Lunacy dévcidesil doit faire droit aux réclamations présentées. pour améliorer:le sort de ce malade, en demandant uw changement dans le traitement, une augmentation: de confortable, le changement de résidence: et dé nourricier. Quand le transfert dans un: asile est demandé, il est ordonné par le Général board, Il est rare de rencontrer une difficulté pour obtenir ce que le Général board of Lunacy exige ; il suflit généralement, pour cela, d’une lettre adressé à l’inspecteur des pauvres. Parmi les moyens d’action que le: Général board: à sur les: conseils de paroisse, il faut indiquer la faculté qu'il à de retenir: le versement de læ contribution de l’état (égale à la: moitié de: là dépense de lindigent). Cet argent n'est pas donné au Conseil de paroisse, si, d’après: le: Général! board: of Lunacy, le malade: n’est pas convenablement traité.

Suivant les différents auteurs qui ont étudié le système écossais, d’après: les rapports: des: Ecossais aux congrès: d'assistance, ce-:mode d'assistance familiale caractérisé par là grande dissémmation des

placements sans surveillance spécialisée, donne entière satisfaction.

Vingt pour cent des aliénés en Ecosse sont assistés dans les private dwellings sous le contrôle du Général board of Lunacy ou Conseil des Inspecteurs Gouvernementaux des aliénés.

Pour terminer, nous indiquerons comment est constitué ce Général board. 1] est formé par un président et deux commissaires légaux qui ne sont pas payés, deux commissaires médecins inspecteurs payés. En plus, il y a deux médecins vice-commissaires qui ne sont pas membres du Général Board, et dont la mission spéciale est de visiter les aliénés dans les habitations privées qui leur sont assignées, afin de rapporter au Général Board leurs conditions.

Autres pays

En ANGLETERRE, le placement familial des aliénés a été âprement combattu par les profanes et par les professionnels et en général est très peu développé. Il faut signaler cependant que dès avant 1893, au voisinage d’un certain nombre d’asiles fermés, 1l existait des colonies où les malades étaient soignés dans des familles de cultivateurs dont ils partageaient le régime et les travaux.

De même qu’en Ecosse, les aliénés traités dans des maisons particulières sont soumis à l'inspection des commissionners ir Lunacy.

En ALLEMAGNE, l'assistance familiale proprement dite a été pratiquée pour la première fois à la fin du xvine siècle, à Ellen, aux environs de l’asile privé de Rockwinkel, près Brême, par le DT Engelken, directeur de cet établissement. Le choix des malades était fait à l’asile où ils devaient être observés au moins 15 jours. On les y réintégrait s’il y avait lieu.

L’inspection des malades ainsi placés était assurée par la commission administrative tous les trois mois.

En 1878, le D' Wahrendorff fonde une colonie autour de l’asile privé de Ilten (Hanovre).

En 1885 des essais de colonisation sont faits par l’asile de Dalldorf à Berlin.

En 1886, l'asile de Bunzlau (Silésie) place un certain nombre de malades chez des nourriciers du village de Looswitz.

En 1890, des essais analogues sont tentés dans la Prusse orientale autour des asiles de Kortau et d’Allenbergh. Le placement familial ne dépasse pas les environs immédiats de l’asile auquel le malade reste attaché.

L'Allemagne a apporté à l'assistance familiale une conception nouvelle en plaçant des malades dans desménages d’infirmiers. La colonie de Wilhelmseich est un village tout artificiel. Des cottages adossés deux à deux, au nombre de 14, logent

chacun un ménage d’infirmiers éprouvés, chargés d’un groupe de 6 malades chroniques, en moyenne. La culture maraîchère «et des menus soins courants constituent l’occupation de cette population.

Plusieurs autres ‘établissements désignés aussi sous Je nomde colonie, constituent les asiles colenies et les colomes agricoles. Il nous faut en dire un mot ‘à cause de leur grand développement «et de la place considérable qui leur a été donnée dans l'assistance des aliénés dans ce pays.

En 1876, le système de l’open-door æt -de :la colomisation des aliénés reçurent grâce à Koeppe et surtout à Paetz le développement qu'ils méritarent. L'établissement d’Alt-Scherbitz, perfectionné :par Paetz qui appliqua rigoureusement VOffen-T'hür- System, représente l’asile colonie type.

La caractéristique de ce système est l’umion antime d’un ‘petit établissement central et d’une

grande colonie libre. Dans la partie œéservée à Ja colonie, les malades vont et viennent quand bon il leur semble, en dehors des heures de travail.

Cette vaste «colonie libre renferme dans ses villas ouvertes près-des deux tiers dela population totale de Fétablissement. On y a adjoint un hôpital pourvu d’une série de pavillons distincts pour le traitement des «malades atteints de psychoses aiguës, pour : Pisolement «et la surveillance de «eeux auxquels leur $tat mental ne permet ;pas da vie.en Jiberté.

Les villas ‘de la colonie sont de véritables :cotiages idisséminés dans ‘un parce.

À Nuetlèben, à Galkhausen, à Langenhorn, des “asikes ‘colonies furent ‘créés ‘sur le modèle d’Att- Scherlitz. La colonie de Langenhorn est située à une heure de l’asile de Friedrichsberg non loin de Ham- “bourg. Ni murs, ni barrières, l’open-door est systématiquement pratiqué : son laisse aux malades complète liberté d’allure. [ls ont le droit de:se proraener à deur guise, voire même d'aller jusqu'à la ville voisine.

Deux asiles colonies sont spécialement réservés aux épileptiques : l'établissement berlinois ‘d’épideptiques ‘de Wuhlgarien près Biesdorf et Vasile colonie de Hochweitzsohen ‘en Saxe.

Enfin en Westphalie, la colonie de Bielefeld est une véritable ville dont la population dépasse 9:000 : âmes ‘et qui ‘possède plus de 150 maisons réparties ‘sur un ‘vaste territoire ‘de 450 hectares ‘environ. Cette grande ‘agglomération :comprend en -particuher une ‘colonie “d’épileptiques avec ses 1.500 ‘malades, une colonie d’rdiots, des ‘’hospices “d'enfants ainfirmes, “des ‘établissements ‘d’aliénés, “des “colonies de vagabonds, de ‘buveurs, des ‘hôpitaux pour maladies contagieuses, etc.

Les colomes ‘agricoles se rapprochent beaucoup des fermes ‘asiles c’est-à-dire du système qu'avaient mis «en application les Frères Labitte à Clermont.

En 1859 l’asileprivé de Christophbad, à Goepingen {Wurtemberg) fonde le premier une colonie agrieole d’aliénés :à Æreihof. À partir de 1868, :sous Propulsion de Griesmger, de mombreux rasiles sui-

virent le mouvement et créèrent des colonies agricoles. Femmes et hommes sont placés en des colonies . distinctes et sont employés à des travaux pare

Aux ETATS-UNIS d'Amérique le placement Lo.

hal des aliénés a été introduit en août 1885, à la suite d’un rapport favorable du D' Srerman (1884).

De nombreux malades du Massachussets sont assistés dans des maisons privées (Système. écossais). Ils sont placés soit par l'Etat, soit par la ville, soit par des particuliers. Les prix de pension sont réglés suivant la bonne volonté et les aptitudes des malades à assister les familles dans leurs travaux.

En ITALIE, lassistance familiale est pratiquée autour de l’asile ; là encore on ne trouve. pas de colonie analogue à celles de Dun-sur-Auron .ou de Gheel. Ce: mode d’assistance a été commencé en 1898 autour de l'établissement de Reggio-Emilia. Le petit nombre de malades qui en bénéficient sont confiés aux familles d’infirmiers ou d’anciens infr- . miers qui habitent auprès de l'asile. Il en est de même autour des asiles de Siena et d’ Arezzo.

L’asile de Lucca a inauguré l'assistance hétérofamiliale à la fin de 1899. La surveillance médicale est assurée par les médecins de l'asile qui vont visiter régulièrement les malades dans leurs placements.

Les, nourriciers sont de préférence les infirmiers et leur famille. Lorsque, dit le Professeur Cristiani, je dois. confier un aliéné, à .des personnes qui: n’ont

Y HT à SAT \ RE Sa

eu auparavant aucun rapport avec l’asile, j’envoie plusieurs jours l’aliéné avec son infirmier passer des heures et même des journées dans la nouvelle famille, de façon que les membres de la famille commencent à comprendre ce que c’est qu’un aliéné, en voyant comment agit avec lui le garde-malade ; d'un autre côté on observe comment le malade s’accoutume à la nouvelle famille. Selon Cristian: il ne convient pas de confier deux malades à chaque nourricier, car bientôt surgissent entre les ‘deux des discussions dues à des préférences imaginaires de l’infirmier pour l’un ou l’autre. Un seul malade doit être placé dans chaque famille. |

A propos de l’organisation actuelle de l’Assistance familiale en Italie, nous devons à l’obligeance du Docteur Carlo Berlucchi de Pavie, les renseignements intéressants suivants :

L'assistance familiale, qu'il s’agisse de l’asistance dans la famille de l’aliéné ou dans une famille étrangère, ne se pratique pas beaucoup en Îtahe, et on peut dire que dans ce pays, il n’existe pas de colonies dans ce but. Par ailleurs l’assistance familiale est visée dans la loi sur les asiles, et même, est pratiquée dans une certaine mesure. L’article 14 du règlement, précise les démarches que doit faire celui qui désire assister des aliénés étrangers à sa propre famille ainsi que les conditions d'hygiène dans lesquelles doivent se trouver les assistés, les travaux qu’ils sont susceptibles de faire, les soins qu’il faut leur donner.

L'article 13, prévoit que le nombre des aliénés

Thèse Bobé. 20

dans une famille étrangère, ne doit pas être supérieur à deux. En cas de rechute impliquant lobligation de retourner à l'asile, le malade peut être admis de nouveau par le Directeur sans autres formalités, et à la seule condition, d’aviser le Parquet et la Sûreté.

Les administrations provinciales — dont en Itahe les asiles dépendent toujours — peuvent allouer aux assistants une certaine somme qui est toujours inférieure à celle qui est perçue par l'asile.

Tout ce qui vient d’être dit, concerne l'assistance dans une fanulle étrangère, pratique qui reçoit une certaine application dans le cas de mésentente ou d’incompatibilité d'humeur entre l’aliéné et sa famille.

Enfin, une habitude qui n’est pas visée spécialement par le code, mais qui est assez fréquente, est celle qui consiste à confier à des ouvriers, à des . familles, et mêmes à des ateliers, les aliénés, pour une ou plusieurs journées de travail à effectuer. Le malade est rétribué directement par son employeur pour les besognes qu'il a faites.

Dans les PAYS-BAS à l’époque du Congrès de Milan 1907, l'assistance familiale était très peu développée. En vue de la création de colonies familiales des projets de loi et règlement général très complets étaient à l'étude. Il ne nous a pas été possible d’obtenir des renseignements sur l’état actuel de la question.

En RUSSIE avant la révolution soviétique, quatorze pour cent des aliénés étaient placés dans les familles. D’après de nombreux auteurs, ce mode d'assistance était appelé à connaître une grande prospérité. En 1913, le DT Stoupine écrivait dans sa thèse : « La pauvreté et la tolérance du paysan russé, ne sont pas les seules causes du développement du patronage en Russie ; mais 1l y a d’aurtes causes parmi lesquelles le facteur moral ne joue pas le dernier rôle (bonté, attachement, habitudes ete.). Les qualités du peuple russe sont le gage du succès . du patronage dans l’avenir. »

Les premiers placements furent établis en Russie en 1888 à Riga, puis en 1893 à Ekatérinoslas, en 1898 à Niyni-Novgorod, en 1899 à Vorontey. Les patronages de Moscou fonctionnèrent à partir de 1900. Tous les autres ont été fondées plus tard. |

La colonie familiale de l’asile de Moscou, était située à environ deux kilmètres de l’asile, à Semenovskoié. Elle fut fondée par le DT Bagenoff, ancien interne de l’asile Sainte-Anne à Paris. Chaque nourricier avait en général deux pensionnaires, quelquefois trois. Les colons étaient choisis à l'exclusion des gâteux, parmi les aliénés chroniques tranquilles des deux sexes. [Il se trouvait même des malades à peu près guéris, mais qui étaient sans famille ou dont les parents ne pouvaient s'occuper.

Un surveillant habitait le village, et en cas de besoin allait chercher le médecin, à l'asile, Celui-ci venait d’ailleurs une fois par semaine visiter les colons.

En plus de ces placements aux énvirons de Moscou, 1LiVA avait dans la villé même, un patronage urbain, où étaient placés plus de 400 malades. ce

. À Ekaterinoslas, asile n’était qu’une dépendance de l’hôpital général. Ce fut aux vieillards de l’hospice général qu’on commença à appliquer le traitement familial et ce ne fut que par extension de ce procédé, que l’on conçut la colonisation familiale des ahénés. :

Les nourriciers venaient choisir leurs pensionnaires à l’asile. Les choses se passaient ordinairement de la manière suivante. Les dimanches dans ane cour de quartier des aliénés, de grand matin, il y avait foule : les paysannes dominaient car les maris étaient à la foire. Les nourriciers demandaient principalement des vieux et des vieilles ; ces derniers leur inspiraient plus de confiance, et le prix de pension en était plus élevé, vu leur inaptitude au travail. Chaque nourricier présentait un papier signé par le surveillant du patronage et un aide-médecin, avec détails sur la famille du nourrieier, nombre des membres de la famille, fortune, profession, moralité, dimension de la maison etc...

Les malades désignés pour le patronage étaient aussi dans la cour, ils faisaient connaissance avec les nourriciers et pouvaient s'arranger avec eux. Des surveillants donnaient des détails sur les habitudes et les manières des malades. L'accord fait, le uourricier recevait un bon, signé du médecin du. quartier, portait ce bon au bureau de l'Hôpital,

où après les formalités accomplies on lui remettait un livret à l’aide duquel ARR Les les pan ments. AREAS CE

D'une façon générale, les pensionnaires au début de leur placement ne faisaient rien. Peu à peu, ils s’habituaient aux travaux des champs, du ménage, etc., d’autres cherchaient du travail dans le pays, ou encore dans les ateliers.

Chaque colonie était munie d’une infirmerie. Les médecins n’habitaient les patronages qu'à Nijni- Novgorod et Ekatérinoslav. Partout il y avait des surveillants ét des gardiens pour les infirmeries. Surveillants et gardiens visitaient les malades deux fois par semaine, sauf urgence. joe A

Toute cette étude n’est valable que pour jusqu’en 1917. Depuis, avec les remaniements profonds qu’à subi l’organisation sociale de la Russie, nous ne savons ce qu'est devenue cette vaste organisation.

D’après les quelques indications que nous avons pu recueillir il semble qu’actuellement en U.R.S.S, des efforts considérables soient faits dans le sens de la prophylaxie mentale.

Comme institution privée, l’assistance farmihiale des aliénés existait en SUÈDE depuis longtemps. Un pasteur nommé Ponten avait formé dans sa paroisse une petite colonie familiale, à Korsberga. Dans une petite ville, nommée Vadstena, au voisinage d’un

grand asile, on pratiquait également l'assistance familiale, mais elle ne fut organisée par l’état qu’en

Un inspecteur de l'Etat pour l’assistance aux aliénés, proposa au Conseil de Santé de profiter de l'habitude de soigner les aliénés qu'avait la population de Korsberga et de Vadstena pour organiser en ces endroits une assistance familiale contrôlée par l'Etat. Le Conseil de Santé accepta d’organiser à Korsberga une assistance familiale des aliénés. Les malades qui y seraient placés continueraient d’appartenir à l’asile de Vexio situé à environ 60 km. Une infirmerie de 6 lits fut construite.

La direction de la colome était assumée par le médecin-directeur de l'asile de Vezxio. Le Médecin- Chef de l'asile était chargé de visiter les pensionnaires placés chez les nourriciers, au moins une fois par mois et plus souvent s'il le fallait.

Le nombre de malades par placement était fixé à trois.

Au fur et à mesure que s’orgamsait l’assistance familiale, on prit l’habitude de transférer des malades des divers asiles du pays à l'asile de Vexio et après un certain temps d'observation ces malades étaient envoyés à Korsberga.

A côté de cette assistance familiale type Gheel, il existe une autre forme, à la petite colonie de l’asile de Kristine-Hauen, dont on trouve le modèle en Allemagne et en Italie. Des infirmiers mariés habitant près de l'établissement, reçoivent des malades

qui peuvent avantageusement être traités chez un nourricier. Îl en est de même près des asiles de Pitea, de Upsala, et de Süter et de divers autres établissements d’aliénés du pays.

Les malades ainsi assistés sont pour la plupart des chroniques dont un grand nombre de déments précoces. |

En SUISSE, le placement des malades dans des familles étrangères revêt un caractère assez spécial. À cause de l’importance donnée ici au patronage des aliénés, 1l nous faut en dire un mot. Chaque asile est pourvu d’une société de patronage dont le rôle est de ;

10 Venir en aide aux aliénés sortis guéris ou améhorés des asiles en leur procurant du travail, en leur donnant des secours, des soins médicaux gratuits, faciliter l’internement des sujets atteints dé maladie mentale en temps opportun, dès le début de l’affection. :

29 Faciliter aux personnes peu fortunées, mais non reconnues indigentes, le paiement des frais de séjour.

30 Répandre des idées exactes sur la nature des maladies mentales sur les mesures qu’elles exigent, détruire les préjugés populaires par des écrits, des conférences.

49 Développer l'assistance des aliénés dans son acception la plus large. Les membres de la société versent une cotisation annuelle.

Ce sont les patronages qui sont chargés de recruter des nourriciers et de leur confier des aliénés chroniques tranquilles ou convalescents. Le patronage se charge de la surveillance des pensionnaires et les fait visiter de temps en temps par un médecinspécialiste.

Les premiers essais de placement familial ainsi organisé furent fait en 1901 par la Société de patronage des aliénés du canton de Vaud.

Enfin, pour en terminer avec cette étude sur l’organisation de l’assistance familiale dans divers pays étrangers, nous citerons l'URUGUAY qui tout récemment créa une colonie familiale, où en janvier 1930, 328 alhénés étaient assistés.

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