‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 14 sur 163 · I. — LA POLITIQUE COLONIALE DE LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

I. — LA POLITIQUE COLONIALE DE LA RESTAURATION

Dès les premières discussions du Parlement le mouvement de réaction contre l'extension maritime et coloniale se prononça. Les « agrariens » qui demandaient la diminution de l'impôt foncier au moyen d'économies budgétaires étendues ne cessaient de répéter. comme le comte de Rongé (1), que « les propriétaires et les fermiers sont les deux classes qui ont le plus souffert des calamités que deux invasions consécutives ont fait peser sur notre patrie», ou, comme M. de Puymaurin (2) que « l'on veut absolument faire de la France un pays manufacturier et elle est essentiellement agricole, l'agriculture est sans bras et l'industrie en a trop ». Cet état d'esprit inspira dès 4817 la commission du budget, qui, dans son rapport, propo-

(1) Chambre des députes, 14 mars 1816.

(2) C. D.,7 mars 1817.

sait, par l'organe de Roy, la réduction à 44 millions du budget de la marine et des colonies qui s'élevait à <»(> millions en 1787, à 48.800.000 IV. en 1790, à 42.268.000 fr. en 1815, à 46.000.000 en 1816 et pour lequel le ministre de la marine, comte Dubouchage, demandait 50 millions et demi. La discussion des crédits révéla l'opinion de la Chambre sur l'expansion de laFrance au début de la Restauration.

Le rapport de Roy invoquait principalement la situation générale des finances pour justifier la réduction proposée. En voici le principal passage :

Il serait sans doute facile de justifier l'utilité d'un budget de 50 et même 70 millions pour la marine. Mais il faut toujours examiner, avant tout si cette utilité balance le tçrave inconvénient d'augmenter la charge successive des impôts; or, il n'est pas douteux que la possibilité d'une guerre maritime ne se présente heureusement que dans un avenir fort éloigné ; que tous les sacrifices qu'on pourrait faire aujourd'hui auraient une bien légère influence sur les résultats d'une pareille lutte; qu'il vaut mieux ne pas avoir un corps nombreux d'officiers ; laisser aux colonies qui, quoique peuplées de Français, sont affrancbiesdu poids éaorme de l'arriéré et des impôts de guerre, le soin de pourvoir, au moins jusqu'à des temps plus heureux, à une partie des dépenses de leur administration et de leurs garnisons, que de frapper encore davantage la propriété ou l'industrie.

La propriété, c'est-à-dire l'agriculture. Dès ce moment apparaît dans le Parlement l'hostilité apparente entre les intérêts de l'agriculture et l'expansion outre-mer que les adversaires de la colonisalion ne cesseront d'entretenir. Elle fut vivement relevée par les partisans de la colonisation.

A la séance du 4 février 1817, Garnier-Dufougerav combat en ces termes la réduction proposée par la commission du budget :

On fait remarquer (pie l'état précaire de nos colonies ne permet pas île les abandonner à leurs propres moyens : car si elles ont donné des preuves de fidélité, il n'en est pas moins vrai que par leur nature elles tendent à l'indépendance ; et si la métropole devenait indifférente à leur sort, elles auraient un puissant motif pour cbercher un nouveau protecteur, si elles ne pouvaient se suffire à elles-mêmes; calculez alors la perte qui en résulterait pour le commerce, obligé de s'approvisionner dans des marchés étrangers où il subirait des conditions d'autant plus onéreuses que nos besoins sont multipliés.

Ces considérations ont sans doute échappé à votre commission qui n'a pu avoir pour but de détruire la marine et de porter un coup mortel au commerce; conséquences cependant immédiates de l'application des économies qu'elle vous propose ; déjà une trop funeste expérience vous a prouvé le danger de ces systèmes anti-coloniaux et si elle ne suffisait pas, que l'exemple de la prospérité d'une nation voisine vienne vous fixer.

Du bouchage, ministre de la marine, justifie le crédit qu'il a demandé en invoquant l'impossibilité où sont les colonies de se suffire à elles-mêmes et il ajoute (1) :

« Les colonies sont aux villes maritimes ce que les manufactures sont aux provinces de l'intérieur: c'est là que s'exerce leur industrie, que se dirigent leurs spéculations. Leur rendre ce commerce impossible, c'est les priver de tous les avantages de leur position, c'est nuire aux intérêts du trésor autant qu'aux intérêts locaux.

Divers députés combattent la réduction, le comte d'Augier, Duvergier de Hauranne, Bégouen, Néel-Lavigne, M. de Cotton qui justifie en ces termes l'expansion coloniale (2) :

Il faut des colonies à la France. Il en faut pour lui procurer des denrées qui sont devenues aujourd'hui des objets de première nécessité et ne pas la rendre tributaire des étrangers. Il en faut pour y importer les produits de notre sol et de notre industrie, car avec le système prohi bitif qui s'introduit dans tous les états de l'Europe, avec le progrès que chacun d'eux fait dans lesartsetles manufactures, bientôt les différents peuples n'auront rien à se fournir les uns aux autres. Le commerce extérieur sera tué par les progrès mêmes du commerce et de l'industrie. Il faut enfin des colonies parce qu'une population toujours croissante a besoin d'un écoulement continuel, parce qu'il faut ouvrir une carrière à ces esprits inquiets et aventureux pour qui le repos estune fatigue et dont l'agglomération dans notre sein compromettrait toujours la tranquillité publique.

La commission du budget doit s'émouvoir de ces critiques etRoy remonte à la tribune, afin de protester au nom de la commission de son « ardent amour pour le bien public » ; il reconnaît que la

(1) C. D., 10 février 1817.

(2) C. D., 1er mars 1817.

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France a besoin « de colonies, dé vaisseaux, d'approvisionnements, de marins », mais il ajoute :

« Nos roules en France sont dégradées, nos édifices commencés ne peuvent s'achever et se détériorent chaque jour ; et alors que la fortune publique et que la publique misère ne nous permettent pas d'accorder les fonds nécessaires pour ces dépenses si urgentes efsi indispensables, les sommes demandées pour les colonies ne pourraient-elles éprouver quelque réduction ?

Et il obtient gain de cause. La Chambre rejette le chiffre de 18 millions et adopte celui de 44, proposé parla commission : quatre millions seulement étaient applicables aux colonies dont la reprise s'opérait à ce moment.

En 1818, nouvelle économie proposée parla commission du budget qui ne veut donner que 42 millions etdemi. Cette réduction est combattue avec plus de vivacité encore que celle de 1817 et un député va jusqu'à proclamer que « l'agriculture ne peut devenir plus productive et que la seule espérance de la France est dans la restauration du commerce maritime et colonial » (1).

Malgré l'éloquente intervention de Mole la commission obtint encore g'ain de cause en 1818 et le crédit réduit fut voté. « Dans ses calculs, avait dit Roy, le ministre de la marine n'a vu que son département et nous, nous avons été obligés de voir la France. »

Avec Portai qui arrive au ministère en 1819, le développement de la marine devient plus rapide. A ce moment la flotte comprenait 203 bâtiments, dont 59 vaisseaux (48 à flot et 11 en construction), 33 frégates, dont 4 en construction, 16 corvettes, 25 bricks, 15 flûtes et 1 15 petits bâtiments. Dès ses premiers discours, Portai annonce qu'il est résolu à accroître la marine. Le 21 mai 1819 il dità propos de crédits supplémentaires exigés par les missions envoyées au Sénégal : « Pour nous dédommager des colonies que nous avons perdues, il faut tâcher de tirer le plus grand parti possible de celles qui nous restent. » Au cours de la discussion du budg-et de 1819, il proteste de l'insuffisance du crédit de 45 millions qui lui est alloué, il manque, dit-il, de bateaux et d'officierset il eng-age la Chambre à « se préparer dès à présent à des sacrifices qui, sans nuire aux

(1) Ganilh, député du Cantal, C. D.. i avril 1818.

ANNEXES llM

autres parties du service public, conservent à la France le rang qu'elle doit occuper entre les puissances maritimes» (1). En 1820 le budget est porté à 50 millions, Portai propose un plan de réfection de la flotte et il parle plus impérieusement de la nécessité d'aboutir :

L'existence môme du ministère de la marine dépendait de l'entier affranchissement du territoire. 11 a dû céder le pas aux services qui pouvaient hâter ce moment heureux. Aujourd'hui revendiquer sa place ou en d'autres termes, les moyens d'être utile à l'Etat, n'est pas seulement un droit pour la marine, c'est un devoir pour le ministre.

Ce serait une grande erreur de croire que la marine, rendue à l'état de paix, ne présente d'autre intérêt que celui de sa conservation. Elle parcourt les mers pour chercher à nos productions et à notre industrie de nouveaux consommateurs ; elle appuie par la manifestation de la protection royale nos spéculations maritimes et donne delà consistance à notre considération dans les ports étrangers ; placée1 au centre des grandes pêcheries, elle contient la jalousie des nations rivales et procure à ce genre d'opérations une sécurité indispensable; c'esl elle qui défend nos colonies contre l'audace des pirates, et, tout en servanl à l'entretien d'une communication soutenue entre elles et la métropole, elle concourt au progrès des sciences physiques et des procédés industriels (2).

Mais c'est au cours de la discussion du budget de 1821 que la bataille s'engagea avec le plus d'ardeur entre partisans et adversaires de l'expansion. La commission du budgetaccorde au ministre les 53 millions qu'il demande, mais Portai déclare qu'il aura besoin déplus larges crédits, (\o 65 millions environ, et il établit que le pays entier est intéressé à la prospérité de la marine et des colonies (3) :

Ce qui doit nous occuper essentiellement aujourd'hui, dit-il, c'est de préparer l'avenir de la marine, de. protéger la navigation de nos côtes et celle de notre commerce avec nos colonies et sur toutes les mers; d'ouvrir, s'il est possible, de nouvelles sources de prospérité, et de mettre ainsi en action l'activité de nos négociants, de nos cultivateurs et de nos manufacturiers.

(1) C. D.,-ijuin 1819.

(2) C. D., 23 juin 1820.

(3) CD., 25 juin 1821.

l->^ LA RESTAURATION 1815-1830

Divers orateurs appuient le chiffre de 65 millions : de Chantereyne qui reproche à l'Empire de n'avoir pas su défendre les côtes de France, le général Foy, Villemain, hostile aux colonies, à cause de « l'anéantissement du commerce et de la misère progressive de son département », mais confiant dans le grand rôle de la France maritime en présence des «événements qui cernent l'Atlantique et la Méditerranée, soulevés d'un rivage à l'autre et qui semblent faire entendre le fameux sed motos prestat componere fluctus (1) ».

L'expansion est combattue par M. Ternaux :

Je pense qu'au lieu de vous demander 53 millions pour lesquels on ne vous donne d'autre motif que celui de satisfaire une vanité sans objet, M. le Ministre pourra se contenter de 30 ou 35 : vous aurez, au lieu d'une augmentation de 12 millions, une économie annuelle de 20 millions qui, cumulés pendant vingt ans, avec les intérêts des intérêts, ou avec les bénéfices que peut produire un tel capital, s'il est laissé à l'agriculture et à l'industrie, représenteront une valeur de 800 à 900 m illions, avec lesquels on pourrait, s'il le fallait, faire à l'Angleterre une guerre plus vigoureuse, qu'on ne le pourra jamais avec les 40 vaisseaux de ligne, les iO frégates que l'on vous propose d'entretenir dans nos ports.

Laîné, ministre secrétaire d'Etat, répond par des déclarations très nettes, le 25 juin 1821 ; le 27 du même mois, il revient à la charge avec une nouvelle énergie :

Quel que soit le régime à suivre pour les colonies, qu'il doive être plus ou moins modifié d'après l'état du monde, selon les nouveaux intérêts qui se sont créés entre les vieux Etats et les nouvelles puissances qui se sont élevées ou qui essayent de se former selon les nouveaux rapports de commerce, de culture ou d'industrie; quel que soit, dis-je, le régime à suivre, la France ne doit rien néo-lig-er pour rendre les colonies plus prospères. Quand elle n'y trouverait que l'honneur de conserver la langue et la religion de la France sur quelques points du globe ; quand, pour descendre, à de moindres intérêts, elle n'y verrait que l'avantage d'avoir des stations pour ses vaisseaux et des relâches pour

(1) Villemain était favorable à la marine pour une autre raison : « On remarque avec plaisir, dit-il, lés avantages importants qui résulteront pour notre commerce et notre agriculture autant que pour notre marine du succès éprouvé et de l'adoption de notre fromage indigène dans les vivres de campagne... »

ses navigateurs, elle ne doit pas compter les sacrifices. Les colonies sont indispensables, je ne cesserai de le dire, à la conservation et aux progrès de notre marine ; par là elles peuvent servir à la sûreté et à la défense de l'Etat, dont la marine doit protéger les frontières maritimes, plus étendues et plus vulnérables peut-être que les frontières de terre.

En 1822, l'attaque contre la marine et les colonies est conduite par le général Sébastiani qui précise la théorie des partisans de la « concentration » :

Combien les dépenses surabondâmes que nous faisions pour la marine, dans le. but de protéger notre commerce extérieur, ne seraient-elles pas plus utilement employées pour améliorer notre agriculture, rendre plus actif notre commerce intérieur et développer notre industrie!... Pour écouler les produits de votre sol et de votre industrie, il faut que vous produisiez plus que vos voisins, mieux que vos voisins et que vous ayez assez de capitaux pour vendre à vos acheteurs à des prix plus modérés et avec des crédits qui facilitent les transactions. Tant que vos manufacturiers ne seront pas assez riches pour accorder ces crédits, les manufacturiers anglais auront la préférence...

Ayons une marine proportionnée à nos intérêts politiques et commerciaux, mais ne dépassons pas les bornes que ces intérêts unt posées. Il est facile d'obtenir une marine matérielle ; jetons dès aujourd'hui les bases de la marine militante : elles sont dans le développement de notre commerce extérieur, il est vrai, mais le commerce extérieur n'existe que par la richesse du commerce intérieur, par le développement de l'industrie et la prospérité de l'agriculture (1).

Le marquis de Glermont-Tonnerre, ministre de la 'marine, n'est pas moins résolu que ses prédécesseurs et il répond par un argument topique emprunté, comme celui du général, à la situation intérieure de la France :

Si vous voulez jeter un coup d'œil sur ce qui se rattache aux colonies, vous verrez que le commerce qui se fait avec elles produit annuellement un mouvement de fonds d'environ 100 millions, tandis que ces colonies ne nous coûtent que 5 à 6 millions : si donc vous ajoutez ici les 30 millions que leurs produits fournissent aux douanes de France, vous verrez que le sacrifice est plus que contrebalancé par les avantages qu'il procure. Si, d'ailleurs, vous retranchiez des produits de vos départements.

(1) C. D., loi- avril 1822.

ce que coùtenl 1rs dépenses qui s'y font pour leur administration ou pour leur défense, croyez-vous qu'il s'en trouvât beaucoup qui présentassent les mêmes avantages que nos colonies, que ces provinces françaises.

Cependant le développement de la marine se poursuit méthodiquement, le plan tracé par Portai est appliqué dans ses grandes lignes, le budget est porté à 60 millions, il est voté sans opposition, de nombreux orateurs proposent même de le renforcer, « c'est ici, dit l'un d'eux en 1824, qu'une sage prodigalité est une véritable économie », « si on ne peut faire des économies suffisantes sur les services publics, dit un autre, il faut augmenter l'impôt dans la proportion strictement nécessaire pour procurer à la marine l'essor qu'elle doit avoir (1) ».

A partir de 1823, les attaques contre le développement maritime et l'expansion coloniale deviennent plus rares. Les discussions de cet ordre portent principalement sur la traite des noirs contre laquelle Benjamin Constant ne cesse de s'élever et sur l'organisation des colonies. On s'occupe de régler l'administration de nos possessions, de leur donner la législation promise par l'art. 73 de la charte, d'y restaurer l'ordre et la bonne gestion financière : « Ces nouvelles dispositions, dit le comte de Chabrol, ministre de la marine, qui remplissaient les vues les plus justes et les plus raisonnables des colonies ont été accueillies par elles avec l'expression de la plus profonde reconnaissance parce qu'elles leur ont donné un avenir et un intérêt d'administration qu'elles n'avaient pas et qu'elles ne pouvaient avoir (2) ».

La discussion sur la meilleure formule d'administration coloniale continua dans la discussion des budgets des années 1827, 1828, 1829: on verra plus loin le système auquel s'était arrêté le gouvernement de Charles X. Mais l'hostilité contre la marine et les colonies ne désarmait, point complètement et le 2G juillet 1828, le général Sébastiani affirmait de nouveau l'inutilité de nos colonies." Hyde de Neuville, ministre de la marine, répéta comme ses prédécesseurs : « Point de marine sans colonies. »

En 1829, nouvelle attaque d'un député de la Dordogne, M. Bessières :

(1) Regnouf de Vains, C. D., 1<> mai 1825.

(2) Chambre des Pairs, 5 juillet 1826.

Il faut des colonies pour avoir une marine, il faut avoir nue marine pour avoir des colonies. Tel est le cercle vicieux où l'on nous retient toujours. Pour moi qui suis convaincu que pour ce que nos colonies nous valent et nous coûtent, nous gagnerions beaucoup à ne pas le-, avoir et que le système colonial, fût-il avantageux, n'est plus praticable, je dis qu'il a incontestablement cessé d'être nécessaire.

Cette hostilité se manifesta jusque dans la commission du budget de 1830, qui proposait des réductions sur le budget de la marine et les justifiait ainsi :

En 178!),- la France qui possédait alors de nombreuses colonies et exploitait un commerce maritime très étendu avait en mer 36 bâtiments de tous rangs. Aujourd'hui qu'il ne lui reste de sa richesse coloniale que quelques débris, et que son commerce maritime est très restreint, les préparatifs sont faits pour que nous ayons, au 1er janvier 1830, une Hotte de 280 bâtiments dont 128 seront armés. C'est bien du luxe, messieurs, et il semble qu'on ait déjà oublié les suites funestes qu'entraîne le prestige d'une fausse grandeur.

Mais la marine et les colonies avaient cause gagnée, la gloire de Navarin et la tension des rapports avec Alger suffisaient à justifier les crédits demandés et Hyde de Neuville pouvait déclarer le 30 juin 1829 :

Personne ne pourrait dire que la marine est sans dignité, que le commerce est sans protection, que nos colonies s'administrent elles-mêmes et ne reconnaissent aucune règle, que nos établissements de mer ne présentent que des ruines ; et qu'enfin la marine militaire de France marche à sa décadence, à sa mort. Ce qu'on lui reproche, c'est une surabondance de force et de vie. »

La marine était en effet reconstituée. En 1814, elle comptait 73 vaisseaux et 42 frégates; en 1823, 61 vaisseaux et 45 frégates. En 1830, conformément au plan de Portai qui voulait, avec la Chambre, plus de frégates que de vaisseaux, elle avait 52 vaisseaux, 63 frégates et 165 autres bâtiments, en tout 280 bâtiments, à flot "ii en construction, sous les ordres de 33 officiers généraux et de 1 330 officiers ou élèves officiers.

A la mémo date, il est vrai, l'Angleterre comptait 504 bâtiments,

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don! 333 à vapeur (1) et elle en avait 171 en armement. Mais le développement de la marine française n'en était pas moins remarquable. Il avait fallu vaincre l'hostilité de la majorité du Parlement qui avait pour le développement maritime et les entreprises coloniales la même défiance.

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