V. — ETABLISSEMENT DANS LA MER ROUGE
C'est sous l'Empire qu'eut lieu notre établissement dans la mer Rouge.
Notre a^ent consulaire à Aden en 1857, Henri Lambert, qui avait noué des relations avec les chefs d'Hodéidah, de Tadjourah et de Zeilah, avait obtenu du contre-amiral Méquet une intervention qui fut heureuse, en faveur d'un chef de Tadjourah, Aboubeker Ibrahim, emprisonné depuis plus d'une année : l'amiral Méquet fit remettre Ibrahim en liberté et lui fit restituer une somme assez importante. En témoignage de reconnaissance Ibrahim proposa aux Français la cession de Ras-Ali et d'Ouano.
Le gouvernement français qui se préoccupait comme l'Angleterre des conséquences de l'ouverture du canal de Suez écouta ces propositions et décida l'envoi du capitaine de frégate Russel pour étudier la valeur de la côte qui nous était offerte. L'assassinat de Lambert, le i juin 1859, par les matelots d'un boutre, précipita les
résolutions du gouvernement. Le commandant Fleuriot de Langle intervint énergiquement, arrêta et fît punir les assassins et ramena avec lui en France un ami de Lambert, Dini Ahmet Aboubeker, cousin du sultan de Tadjourah.
Une convention fut conclue le 11 mars 1862 à Paris entre Dini Ahmet et M. Thouvenel, ministre des affaires étrangères.
Aux termes de ce traité, la possession des port, rade et mouillage d'Obock nous était cédée moyennant la somme de dix mille thalaris (50.000 fr.), avec le territoire qui s'étend depuis le ras Domneirah au nord jusqu'au ras Ali au sud. Les chef danakil s'engageaient aussi à ne jamais accepter aucune suzeraineté étrangère (1).
La prise de possession eut lieu le 20 mai 1862. Mais aucun développement politique ou commercial ne fut donné à ce nouvel établissement.