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CHAPITRE VI

Agriculture. — Nombre d'hectares affectés à chaque culture. — Sucre, café, cacao, etc. — Animaux de trait. — Bétail. — Statistique de la canne à sucre. — Caféier. — Coton. — Vivres. — Chambres d'agriculture. — Comices.

L'agriculture, à la Guadeloupe, embrasse à peu près les mêmes objets qu'à la Martinique : canne à sucre, café, coton, cacao, manioc, vivres (bananes, patates, ignames, malangas, madères, pois, couscous, maïs, etc.).

En 1863, la quantité d'hectares affectés à chaque culture, la quantité des produits, etc., ont présenté les chiffres suivants :

Sucre (sirops, mélasse, tafia).

Hectares cultivés ' 18,333 hect.

Quantités exportées :

— Sucre 30,265,936 kil.

— Sirops et mélasse 257,696 lit.

— Tafia 1,423,237 —

Quantités consommées :

— Sucre 4,323,705 kil.

— Sirops et mélasse 1,587,024 lit.

— Tafia 1,343,843 —

Café.

Hectares cultivés . 1,962

Quantités exportées 409,059 kil.

— consommées 818,118 —

Coton.

Hectares cultivés 678

Quantités exportées 32,502 kil.

— consommées 10,834 —

Cacao.

Hectares cultivés 478

Quantités exportées 67,925 kil.

— consommées 33,962 —

Girofle et poivre, vanille.

Hectares cultivés 8

Vanille exportée 22 kil. 690

Girofle et poivre consommés 248 —

Vanille consommée 350 —

Tabac.

Hectares cultivés 31

Quantité consommée 5,745 kil.

Rocou.

Hectares cultivés 161

Quantités exportées 124,400 kil.

Casse,

Quantités exportées 129 kil.

Vivres.

Hectares cultivés 4,343

Manioc.

Hectares cultivés 3,796

Quantités consommées 2,838,588 kil.

Campêche.

Quantités exportées 822,027 kil.

Fécule de dictame.

Quantités consommées 3,860 lit.

Sel.

Quantités exportées 3,600,000 kil.

Valeur brute des produits ci-dessus : 23,126,195 francs. Le chiffre des principales habitations rurales à la fin de d863 était comme il suit :

1° Sucreries.

Plantations avec usines à vapeur — 76

— — à eau 133

— — à vent 191

— — à bêtes 6

Usines centrales sans plantations H

Plantations sans usines 45

2° Caféières 323

3° Gotonneries 1 58

4° Vivrières....'. 4,967

5o Cacaoyères 58

65,036 travailleurs étaient employés, à la fin de 1863, à ces diverses cultures.

Le nombre et la valeur des animaux de trait et de bétail existant à la Guadeloupe à la fin de 1863, étaient ainsi estimés :

Chevaux 2,768

Anes 466

Mulets 5,343

Taureaux et bœufs 9,141

Vaches et buffles 3,576

Béliers et moutons. 8,425

Boucs et chèvres 8,491

Cochons 17 ,68 1

On estimait approximativement à 8,074,870 francs les animaux de trait et de bétail ci-dessus.

Valeur des terres employées aux cultures 44,595,600 fr.

— des bâtiments et du matériel d'exploita-

tion 36,344,725

— des animaux de trait et du bétail 8,074,870

Tel était, en 1863, le montant des capitaux engagés dans la culture. On ne l'évaluait, en 1862, qu'à 81,790,927 francs. Cette différence tient à ce que la valeur des terres a été augmentée parle développement des cultures, l'introduction des machines perfectionnées, etc.

C'est en 1644 que la canne fut mise en plantation réglée à la Guadeloupe. La canne de Taïti', supérieure aux cannes créole et

de Batavia, fut introduite en 1790 et supplanta ses devancières.

Depuis 1835, la canne à sucre a subi des maxima et des minima de production.

En 1855, par exemple, 14,491 hectares seulement ont été cultivés; mais, en 1862, il y en a eu 18,656, et en 1863, 18,333.

Voici, au reste, de. 1835 à 1863, quel a été l'état des choses :

Nombre d'hectares cultivés 24,809

Sucre 36,335,241 kil.

Sirops et mélasses 6,500,129 lit.

Tafia 2,158,015 —

Hectares cultivés 23,502

Sucre 30,722,041 kil.

Sirops et mélasses 5,338,088 lit.

Tafia 2,857,056 —

Hectares cultivés 22,998

Sucre 33,788,488 kil.

Sirops et mélasses 4,802,036 lit.

Tafia 2,013,889 —

Hectares cultivés 15,335

Sucre 13,719,918 kil.

Sirops et mélasses 2,5*26,224 lit.

Tafia 630,783 —

Hectares cultivés 14,491

Sucre 27,772,239 kil.

Sirops et mélasses 3,584,224 lit.

Tafia 2,766,786 —

Hectares cultivés 17,892

Sucre 32,903,019 kil.

Sirops et mélasses 1,086,258 lit.

Tafia 3,877,930 —

Hectares cultivés 17,968

Sucre 31,219,226 kil.

Sirops et mélasses 1,724,717 lit.

Tafia 3,664 ,809 —

Hectares cultivés 18,656

Sucre 35,643,069 kil.

Sirops et mélasses 1,982, 0G9 lit.

Taûa 4,703,039 —

Hectares cultivés . . , 18,333

Sucre 34,588,041 kil.

Sirops et mélasses 1 ,,84 i, 720 lit.

Tafia 2,767,080 —

Le produit des terres cultivées en cannes varie considérablement, disent les Notices de la marine ; selon le plus ou moins de fertilité du sol, et surtout selon les conditions atmosphériques.

Les années pluvieuses sont toujours les plus abondantes.

Le rapport annuel d'un hectare est, en moyenne, de 1,800 à 2,000 kilogrammes.

La récolte de la canne a lieu du mois de février au mois de juin ; une faible partie de la récolte se fait aussi à l'arrière-saison, en octobre et en novembre.

Depuis 1730, date de son introduction à la Guadeloupe, la culture du café a, tour à tour, été en progrès et en décadence. En 1860, il n'y avait plus que 1,591 hectares cultivés, au lieu de 8,174, comme en 1790. En 1863, la culture a atteint le chiffre de 1,950 hectares.

Le caféier est un arbuste délicat, qui croît dans les mornes et dans les terrains à pente rapide. Il ne donne son fruit qu'au bout de trois ans, et n'est en plein rapport qu'à la cinquième ou à la sixième année. La récolte commence en août et finit ordinairement à la fin de décembre. Dans les terrains qui sont à une élévation de 500 et 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, la récolte commence un mois plus tard et se prolonge quelquefois jusqu'en mars.

Le produit annuel d'un hectare de terre planté en caféiers est, en moyenne, de 600 kilogrammes de café nettoyé et bon à livrer à la vente.

Le coton longue-soie est indigène aux Antilles. En 1789, on cultivait 8,878 hectares; en 1860, 316 hectares seulement. En 1863, on est remonté au chiffre de 678.

Le produit annuel d'un hectare de terre ensemencé en coton (avec 2 mètres entre deux pieds) est évalué à 250 kilogrammes.

On récolte de mars à juin.

Le prix du kilogramme de coton, récolté à la Guadeloupe, varie entre 3 et 10 francs.

On sait l'origine du coton longue-soie, dit Sea-Island, de la Caroline du Sud (États-Unis); il a été importé par quelques émigrants de Bahama qui avaient, en passant, pris des semences à la Guadeloupe.

Le cacaoyer est rare et peu cultivé. Il commence à produire à six ans, et n'est en plein rapport qu'à huit ans.

Deux récoltes par an : en avril et mai, en octobre et novembre.

On peut planter 950 cacaoyers par hectare. Produit : 500 à 570 kilogrammes.

La Guadeloupe n'a plus aujourd'hui que fort peu de plantes à épices. On cultive pourtant encore un peu le giroflier et le vanillon (sorte de vanille inférieure).

Le cassier ou canéficier, qui produit la casse officinale, est très-commun.

Le tabac, comme le coton, est une culture fort déchue. Toutefois, les encouragements de l'administration tendent à lui rendre quelque vigueur.

Le rocouyer, arbrisseau de l'Amérique du Sud, après avoir été très-cultivé, est à peu près abandonné.

A la Guadeloupe et dépendances, on cultive, sous le nom de vivres du pays, un certain nombre de plantes telles que le manioc, la patate, l'igname, la banane, le couscous, le malanga, le toloman, le madère, le maïs, les pois.

La racine du manioc fournit une farine substantielle et rafraîchissante. C'est le principal aliment des noirs. -

Un hectare de manioc donne 3,120 litres de farine et 120 litres de moussache, sorte de fécule très-belle qu'on emploie pour amidonner.

L'igname, la patate, le couscous, le malanga, sont des racines. On les mange bouillies, rôties, cuites au four.

Le madère et le toloman sont des plantes à tubercules. On en fait une fécule.

La banane, fruit du bananier, se mange crue ou cuite.

L'arbre à pain, très-commun, offre, deux fois par an, des fruits comestibles, ressource précieuse pour le pauvre.

On cultive deux espèces de céréales : le riz de Malanga et le maïs; quelques légumes : haricots rouges et blancs, plusieurs espèces de pois.

On ne cultive, dans toute la colonie, qu'un seul fourrage, l'herbe de Guinée.

Par un arrêté local en date du 3 novembre 1852, il a été établi trois chambres d'agriculture et des arts et manufactures agricoles.

Le siège de ces chambres est à la Gapesterre (pour la Guadeloupe), au Moule (pour la Grande-Terre), au Grand-Bourg (pour Marie-Galante et autres dépendances). — Chaque chambre se compose de six membres, présidés ou par le directeur de l'intérieur ou par le maire de la commune où siège la chambre.

Un arrêté du gouverneur en date du 16 janvier 1852 a autorisé une société, dite Société d'agriculture de la Pointe-à-Pitre. — Elle se compose de 100 membres titulaires. — La présidence d'honneur appartient au gouverneur.

Dans les communes du district sous le vent, du canton de la Basse-Terre, etc., on compte plusieurs comices agricoles, dépendant de la Société d'agriculture.

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