‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerceChapitre 244 sur 335 · STATISTIQUE JUDICIAIRE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE JUDICIAIRE

Tribunaux indigènes.

Jugements .rendus 689

Sur lesquels :

Jugements à mort 34

— à l'exil (6 ans et au-dessus) 365

— à la prison (2 ans et au-dessous) 290

Bureau judiciaire de Saigon.

Liquidation de successions d'Européens 14

Actes divers notariés 94

Jugements en matière civile 7

— en matière commerciale 18

Ordonnances sur requêtes 83

La religion de la plus grande partie de la population annamite est une sorte de bouddhisme très-relâché. On adore des génies ou esprits qui, pour la plupart, sont des femmes. Yoici quelquesuns de leurs noms :

Ba-chua-ngoc (ba signifie madame), Ba-chua-dong, Ba-haotinh, Ba-tuy-long; Gô-hong (cô signifie mademoiselle), Cô-hang.

« Cette influence en faveur des femmes est due à ce que, dans le Bat-Quai, et au signe Li, la meilleure place est occupée par le principe femelle. Le Bat-Quai n'est autre chose que le Pa-qua des Chinois, sorte de figure géométrique employée pour la divination. Cette figure comporte huit divisions auxquelles correspondent des signes particuliers que tous les peuples de la Chine supposent doués de nombreuses influences. Chaque signe du Bat-Quai est composé de trois lignes hoiizontales, tantôt pleines (mâles), tantôt brisées (femelles) ; le signe Li est représenté par une ligne brisée entre deux lignes pleines.

« Les Annamites vénèrent l'esprit du foyer, et cet esprit est représenté sous la forme de trois personnes, une femme placée entre deux hommes ; cela n'est autre chose que la représentation de la figure Li.

COGHINCHINE. 535

« Les pagodes annamites sont construites avec beaucoup de luxe, et sont situées généralement au milieu des bois les plus touffus. Beaucoup de familles ont dans leurs cases un petit autel qui symbolise, la plupart du temps, leur seul culte extérieur; l'on y voit quelques statuettes de Bouddba et de Kouanine, déesse de la miséricorde. » (Notices, etc.)

Depuis le commencement du dix-septième siècle, époque de son introduction, le christianisme a subi bien des vicissitudes en Cochinchine. Les Annales de la propagation de la foi en donneront une idée.

Aujourd'hui, voici la situation:

Les trois provinces comptent environ 22,000 Annamites chrétiens, ainsi répartis: Saigon, 10,000; Bien-hoa, 7,000; Mitho, 5,000.

Dix-sept missionnaires sont, sous la direction de l'évoque, chargés de l'administration spirituelle de ces chrétiens.

Un séminaire a été établi à Saigon.

Les trois provinces ont quatre couvents de religieuses annamites. On compte, en outre, un couventde religieuses carmélites.

Saigon possède une belle église. Plusieurs autres ont été relevées ou fondées dans les villages des trois provinces.

Tous les hôpitaux, l'Orphelinat de la Sainte-Enfance, une école de filles sont dirigés par 30 sœurs de Saint-Paul de Chartres.

Les hôpitaux sont au nombre de cinq : l'un (hôpital militaire) à Saigon; l'autre (hôpital annamite), à Ghoquan ; les autres (hôpitaux militaires) à Mitho, Bien-hoa et Baria.

La plupart des postes ont une infirmerie.

Ces divers établissements hospitaliers sont desservis par 43 chirurgiens et 6 pharmaciens de marine, non compris les chirurgiens embarqués sur les bâtiments delà station navale.

L'instruction publique, en Cochinchine, n'est pas restée en arrière dans les préoccupations du gouvernement français.

« Le corps des lettrés et des fonctionnaires, comme cela existe en Chine, formait, avant notre arrivée dans le pays, une caste qui devait tout son prestige à sa connaissance de la langue chinoise, la seule qui fût écrite et qui fût employée pour les actes de l'autorité. On sait les difficultés qu'exige l'étude de cette langue, le lettré chinois passe au moins la moitié de sa vie à acquérir, non des connaissances, mais l'instrument même de ces

connaissances, c'est-à-dire les signes idéologiques de la langue chinoise.

« Pour affranchir les indigènes, en même temps que nousmêmes, de ces intermédiaires orgueilleux, il suffisait donc d'enseigner aux Annamites, avec les vingt-quatre lettres de notre alphabet, le moyen de lire et d'écrire leur propre langue. Les missionnaires sont les premiers qui aient tenté cette réforme radicale ; mais avec le peu de ressources dont ils disposaient avant l'expédition française, il n'y a pas lieu de s'étonner que leurs progrès dans cette voie n'aient été qu'insignifiants. Depuis notre établissement dans le pays, tous nos efforts ont eu pour but la diffusion de la langue et de notre alphabet. » [Notices y etc.)

Pour arriver à cet important résultat, nous avons fondé en Cochinchine : un Collège des interprètes français, un Collège des lettrés, une école dite École de l'évêque d'Adran, des Écoles primaires, l'Œuvre de la Sainte-Enfance ; on ne s'arrêtera pas dans cette grande et belle voie.

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