CHAPITRE Vili
Culte. — Diocèse de Saint-Denis. — Séminaire du Saint-Esprit (à Paris). — Mission de Zanzibar. — Mission de Madagascar. — Communautés religieuses. Bureau de bienfaisance. — Société de Saint-Vincent de Paul. — Société de persévérance et de secours mutuels. — Autres sociétés chrétiennes et charitables. Hôpitaux, léproserie, hospice, lazaret, police sanitaire.
La religion catholique est celle de la presque unanimité des habitants de la Réunion. On n’y compte qu’un petit nombre de protestants, mais les immigrants sont, pour la plupart, idolâtres.
Diocèse de Saint-Denis (suffragant de l’archevêché de Bordeaux). Évêché (depuis 1860).
Deux archidiaconés (Saint-Denis et Saint-Paul) .
Neuf cantons.
Cinquante-quatre paroisses.
Évêque.
LA RÉUNION
Deux vicaires généraux agréés.
Un certain nombre de vicaires généraux honoraires.
76 prêtres.
7 communautés religieuses.
Séminaire du Saint-Esprit (à Paris).
Le personnel du clergé de la Réunion se recrute des élèves formés au séminaire du Saint-Esprit, à Paris, et des ecclésiastiques appartenant aux diocèses de France qu’agrée Tévêque ou le supérieur général de la congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie.
Le passage est gratuit pour les ecclésiastiques agréés. Les indemnités de trousseau et autres fixées par les règlements leur sont aussi allouées.
Mission de Zanzibar.
Cette mission, qui s’étend du cap Delgado à l’Équateur, sur une profondeur inconnue, date de quelques années seulement. Placée sous 1-a protection spéciale de Mgr Tévêque de la Réunion, elle a pour directeur un des grands vicaires de celui-ci. Son siège est à Zanzibar. Le monastère, établi dans la ville, renferme un hôpital, un hospice et des ateliers. L’hospice est affecté aux pauvres indigènes ; l’hôpital, aux malades européens. Les enfants apprennent des métiers dans les ateliers.
Mission de Madagascar .
Elle a son siège à la Réunion, et pour directeur, un préfet apostolique qui d’ordinaire réside à Saint-Denis. En 4860, le préfet était le R. P. Jouen, jésuite^ supérieur de la communauté.
Communautés religieuses.
1° Communauté' des RR. PP. jésuites, établis dans le diocèse en 1844. Le collège diocésain de Sainte-Marie et l’établissement malgache de Notre-Dame de la Ressource sont sous leur direction. Leur résidence est Saint-Jacques (Saint-Denis), et ils sont au nombre de 30.
2° Communauté des religieux du Saint-Esprit et du Saint- Cœur de Marie, établis en 1843. Rs dirigent à Saint-Denis l’établissement de la Providence, qui comprend une école agricole et professionnelle, un pénitencier pour les jeunes détenus, un
hospice de vieillards et d’infirmes. La léproserie est desservie par eux. En 1860, le R. P. Duboin était le supérieur de cette communauté.
3° Les RR. PP. Lazaristes, dont l’arrivée dans la colonie date de 1667. Ils l’ont quittée en 1841 et y sont revenus en 1861.
4° Les Frères des Écoles chrétiennes, établis en 1817. Ils avaient, en 1860, pour visiteur provincial le frère Jean de Matha, et comptent 66 frères et 8 novices. Ils dirigent, 18 établissements. Leurs services pendant le choléra de 1859, ainsi que ceux des RR. PP. jésuites, leur ont conquis tous les cœurs dans la colonie. On peut, du reste, en dire autant des autres communautés.
Les sœurs de Saint-Joseph de Gluny, établies en 1816. Supérieure principale: sœur Aimée de Jésus de Poulpiquet (1860); 117 religieuses professes, 15 novices, 21 établissements (pensionnats, écoles gratuites, ouvroirs, salles d’asile). Les hôpitaux de la colonie sont desservis par ces religieuses.
6° Les Filles de Marie, congrégation fondée dans le diocèse en 1848 ; 62 religieuses professes, 9 novices et 10 postulantes ; 6 établissements (orphelinats, ouvroirs); l’hospice des vieillards et infirmes, ainsi que la léproserie, sont desservis par ces religieuses et celles du Saint-Esprit.
7° Les sœurs de Saint-Vincent de Paul, au nombre de quatre. Elles résident à Sainte-Suzanne. Elles sont attachées aux hôpitaux des exploitations de madame la vicomtesse Jurien de la Gravière. Leur établissement dans la colonie date de 1860.
Bureau de bienfaisance.
Sa gestion est entre les mains du maire de Saint-Denis. Ses revenus sont exclusivement affectés à l’entretien de l’hospice de la Providence [vieillards et infirmes). Un projet de réorganisation est à l’étude.
Les autres institutions de bienfaisance sont les suivantes :
Société de Saint- Vincent de Paul.
Fondée en 1854. — 1 conseil supérieur et 1 conseil particulier à Saint-Denis, 16 conférences; — 200 membres titulaires et hO' noraires.
Société de persévérance et de secours mutuels.
Son but est de venir en aide à la classe ouvrière. Pour les hommes, elle est sous le patronage de saint Fançois-Xavier, et
LA RÉUNION
compte 4,000 membres. Pour les femmes, elle est sous celui de Notre-Dame de Bon-Secours, et compte environ 3,000 membres.
Société des dames de charité.
Son but est l’entretien d’une maison de refuge à Saint-Denis pour les jeunes filles pauvres. Elle doit son origine à madame Cuvillier.
Société des Mères chrétiennes.
Elle a son siège à Saint-Denis.
Société ouvrière et industrielle.
Elle est sous le patronage de Saint-François d’Assise. Elle a été fondée en 1848 par les ouvriers de Saint-Denis. Son siège est à Saint-Pierre. Elle compte plus de 150 membres. Son but est de venir en aide aux sociétaires malades et estropiés, aux veuves des sociétaires défunts, aux orphelins. Elle a une caisse de secours, alimentée par des cotisations mensuelles.
Caisse de secours ecclésiastiques.
Son but est de venir en aide aux prêtres âgés et infirmes. Elle a été autorisée par un arrêté local du 18 octobre 1858.
Association des anciens élèves du Lycée.
Elle a pour but de venir en aide aux jeunes gens peu aisés ; elle paye des bourses.
Association de prévoyance et de secours mutuels des médecins de la
Réunion.
Cette association est agrégée à l’Association générale des médecins de France. Elle a le même but que celle-ci. Son président est nommé par l’Empereur.
OEuvres de la propagation de la Foi et de la Sainte- Enfance.
Les aumônes recueillies par elles, en 1861, ont atteint le chiffre de 23,641 francs.
Œuvre apostolique.'
Sous le patronage des saintes femmes de l’Évangile. Établie en 1861, pour venir en aide aux missions et aux églises pauvres.
Hôpitaux,
Deux hôpitaux militaires : Fun à Saint-Denis, Tautre à Saint- Paul.
Deux hôpitaux civils : l’un à Saint-Denis, l’autre à Saint- Pierre.
Un hôpital thermal, à Salazie.
Une léproserie, à Saint-Denis (67 malades).
Un hospice pour la vieillesse (300 vieillards). Il fait partie de rétablissement de la Pr(>vidence.
Succursale de l’hôpital de Saint-Denis (convalescents), à Saint- François, dans le haut de la ville.
Un lazaret, à la Grande-Chaloupe, près Saint-Denis.
La police sanitaire de la colonie est confiée à un conseil de 17 membres. Le service du lazaret, la surveillance des quarantaines, rentrent dans ses attributions.