CHAPITRE XVI
Service postal. — Personnel. — Transport et tarif des lettres à l’intérieur. — Ligne anglaise {viâ Suez). — Ligne française. — Prix du passage de France à la Réunion. — Taxe des lettres.
' Les Notices de la marine et des colonies fournissent les renseignements suivants :
Le personnel comprend :
1 receveur comptable; | ^
1 controleur; (
Des receveurs, dans les autres communes.
Ces agents sont placés sous les ordres du chef du service des contributions.
Dans l’intérieur de la colonie, le transport des lettres se fait par les messageries publiques et par des courriers à pied ou à cheval.
Depuis longtemps, la Réunion s’est efforcée d’établir des communications rapides et régulières avec la France par la voie de Suez, et elle n’a pas reculé devant de grands sacrifices pour atteindre à ce but. Mais, jusqu’en 1858, ses efforts furent infructueux; la plupart des lignes projetées ne purent se fonder; celles qui furent établies ne purent se maintenir.
A cette époque, une ligne anglaise, la Compagnie péninsulaire et orientale {Peninsular and Oriental S team-navigation Company), qui faisait déjà le service de l’Inde et de la Chine avec l’Europe, ayant pris la succession de la ligne australienne, le gouvernement de Maurice fit une convention avec cette Société pour l’ouverture d’un service entre l’île Maurice et Aden. L’administration de la Réunion profita de cette circonstance pour sortir de la mauvaise situation que lui avaient faite ses précédents insuccès et elle passa, le 5 juin 1858, par l’intermédiaire de M. Imhaus, plus tard délégué de la Réunion, un traité avec la Compagnie péninsulaire.
Aux termes de ce marché (qui expirait au mois de mars 1864) les paquebots-poste de la Compagnie, allant de Maurice à Aden, devaient toucher à Saint-Denis pour y prendre voyageurs et correspondance ; ceux venant d’Aden pouvaient se rendre directement à Maurice, mais, dans ce cas, les voyageurs et les lettres pour la Réunion étaient dirigés immédiatement à destination, soit sur le paquebot même, soit sur un autre bateau à vapeur d’une vitesse suffisante pour arriver à Saint-Denis dans la matinée du lendemain.
Une subvention annuelle de 300,000 francs, payable par trimestre, était accordée à la Compagnie par la colonie.
Les relations avec l’Europe ont été rendues plus fréquentes encore par suite de l’ouverture de la ligne française de l’Indo-Chine qui a eu lieu dans le courant de l’année 1863.
Voie anglaise {via Suez).
Le paquebot, partant de Marseille le 28 au matin de chaque mois, arrive à Alexandrie le 3 du mois suivant;
Celui qui part de Suez le 5, arrive à la Réunion le 24.
Total : 26 à 27 jours.
Pour le retour, le paquebot partant de Maurice le 6 de chaque mois, touche le 7 à la Réunion et arrive à Suez le 26 ;
Celui qui part d’Alexandrie le 27 arrive à Marseille le 3 du mois suivant.
Prix du passage : 95 livres sterling (2,375 francs) pour une place dans une cabine commune de plusieurs lits, et 245 livres sterling (6,125 francs) pour une cabine, réservée.
Les voyageurs ont, en outre, à leur charge le prix du transit en chemin de fer entre ^Alexandrie et Suez : P® classe, 7 livres
LA RÉUNION. 267
sterling (175 francs); 2® classe, 3 livres sterling 10 shillings (87 francs).
Les conditions d’échange des correspondances entre la Réunion et la France, ainsi que les pays étrangers auxquels la France sert d’intermédiaire, ont été réglées par les décrets des 26 novembre 1856, 19 mai et !3 novembre 1859, à la suite d’une convention passée entre le gouvernement français et celui d’Angleterre.
Taxe des lettres.
Lettres affranchies pesant 7 grammes 1/2 : 0 fr. 50 c.
Lettres non affranchies : 0 fr. 60 c.
Les lettres chargées payent double taxe.
L’envoi des mandats n’est pas encore autorisé, sauf pour les militaires et marins servant dans la colonie à qui l’on peut envoyer de France des bons sur la poste.
Pour l’affranchissement des lettres expédiées de la Réunion en France, on se sert de timbres-poste coloniaux spéciaux à nos colonies. En 1858, on a créé des timbres-poste de 40 et de 10 centimes. Ces timbres sont de couleurs semblables à celles des correspondants de France. Ils en diffèrent par la forme ; ils sont rectangulaires, et, au lieu de l’effigie de l’empereur, ils portent une aigle impériale avec cet exergue : Colonies de l’empire français. En 1861, on a créé des timbres de 1 et de 5 centimes.
En dehors de la voie rapide, des communications sont établies avec la Réunion par la voie des navires de commerce qui doublent le cap de Bonne-Espérance. — La moyenne de la traversée par cette voie est d’environ 90 jours de France à la Réunion et de 100 jours de la colonie en France. — Le prix du passage, calculé d’après cette moyenne, est en général de 1 ,200 francs, pour l’aller, de 1,500 francs pour le retour.
Les lettres expédiées par les navires du commerce sont taxées à 0 fr. 30 c. par 10 grammes, si elles sont affranchies, et, dans le cas contraire, à 0 fr. 40 c. ; sur le produit de cette taxe, 0 fr. 10 c. par lettre sont payés au capitaine du navire qui a effectué le transport.
Les communications entre la Réunion et l’Inde, et en général les pays pour lesquels la France ne sert pas d’intermédiaire, sont subordonnées aux convenances du commerce. Les navires qui partent de la Réunion pour ces pays emportent les correspon-
dances qui sont affranchies jusqu’au port du pays de destination.
Le prix de ces lettres est de 0 fr. 30 sur lesquels 0 fr. 40 c. appartiennent au capitaine du navire. Des règlements obligent ce dernier, dès son arrivée au bureau de poste du port de débarquement, à déposer le sac des correspondances qu’il a pris au lieu d’origine et dans les escales intermédiaires; de même il est tenu d’emporter à son départ les lettres qui lui sont confiées pour les pays de destination de son voyage.