‹ Les colonies françaisesChapitre 136 sur 315 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Agriculture. — Productions naturelles. — Constitution de la propriété. — Exploitations de canne à sucre. — Produits sucriers. — Café. — Petite culture.

— Mouvement commercial. — Articles d’importation. — Articles d’exportation.

— Mouvement maritime. — Régime commercial.

L’île de Mayotte a une superficie qui dépasse 30,000 hectares, on l’a vu.

Son sol peut fournir, dans ses parties cultivables, les différentes productions coloniales qui viennent à la Réunion et à Madagascar.

La partie S. et S. -O. est pleine de cocotiers et de bananiers qui poussent sans soins; les orangers, les citronniers, les tamariniers, les goyaviers et les autres fruits, abondent à l’état sauvage; la canne à sucre, le coton, le café, le tabac, croissent spon-

tanément. Le riz, la patate douce, le maïs, le miel, l’igname, l’ananas, le melon d’eau, le gingembre et le pourpier, viennent très-bien. On recueille dans l’île de la cire et du miel. On y trouve de la gomme copal, une espèce de résine blanche et parfumée, et diverses essences de bois propres à l’ébénisterie et aux constructions navales . , ' r

La partie O. et S. -O. de Mayotte, ainsi que l’îlot Pamanz}^, fournissent d’excellents pâturages.

Les terres sont cultivées en vertu de concessions accordées suivant les conditions spécifiées dans un décret du 5 mars 1856, et dont le principe est la taxe progressive qui, partant de 5 francs par hectare au-dessous de 100 hectares, a pour limite 25 francs par hectare pour les concessions de 500 hectares.

Aux termes de ce décret, les concessions sont faites à titre définitif, avec cette réserve que le concessionnaire ne pourra aliéner son terrain qu’après sa complète mise en valeur.

La constitution de la propriété a permis d’organiser le régime hypothécaire dans la colonie et un bureau 'd’hypothèques a été créé à Mayotte par un décret du 17 mai 1862.

Au 1®‘‘ janvier 1863, sur les 30,000 hectares qui forment la superficie de Mayotte, il en avait été concédé à divers colons 18,483 hectares.

La canne à sucre occupait 936 hectares. Il existait également quelques plantations de café, de vanille, de girofle, de cacao, de riz et de plantes alimentaires.

On comptait dans la colonie 18 exploitations de canne à sucre; dont 11 pourvues de machines à fabriquer le sucre. Trois de ces usines avaient une distillerie.

Les dépenses de premier établissement pour ces dix-huit exploitations avaient dépassé 5 millions de francs. La valeur des propriétés atteignait, par suite, le chiffre de 5,840,000 francs.

Nombre des travailleurs au commencement de 1863 : 1,805.

Produit des cultures pendant 1862 :

Sucre brut 1,958,000 kilogrammes.

Sirops et mélasses 60,000 litres.

Rhum n,000 —

Café 1,100 kilogrammes.

La principale culture de l’île est celle de la canne à sucre. Avant peu, l’île de Mayotte pourra être classée parmi les colonies

ILE MAYOTTE.

productives de la France. Déjà plusieurs expéditions de sucre ont été faites en Australie.

Telle est la richesse du sol, dans les vallées de Mayotte, qu’il n’a pas besoin de recevoir des cultures différentes pour se renouveler. La canne peut occuper le même terrain pendant huit à dix ans et donner à peu près le même résultat.

Le borer, cet insecte qui causa tant de ravages à Maurice et à la Réunion, a paru aussi à Mayotte en 1858. On a employé le feu pour le détruire et on a réussi.

La culture du café n’a pas tenu les promesses qu’elle avait données d’abord. Les jeunes plants poussent vite; à la troisième année, ils se couvrent de fleurs et de fruits; mais, au moment de récolter, les arbres périssent, ou bien ils ne présentent que des enveloppes coriaces sans baies.

La petite culture, c’est-à-dire celle du riz, du maïs, du manicc, etc., ne reçoit aucun encouragement des colons qui portent tous leurs soins et ceux de leurs travailleurs sur la culture de la canne. On fait venir du dehors les substances alimentaires. Les indigènes seuls se livrent à la petite culture, mais ne produisent pas au delà de leurs besoins personnels.

Le mouvement commercial de Mayotte n’est pas encore trèsconsidérable. Depuis 1852, toutefois, il va en progressant. Les chiffres suivants en font foi.

Importations

Exportations. . ......

Importations

Importations

Exportations

188,622 fr.

Importations

Exportations

Importations

Importations

Exportations

Importations .

Exportations..

327,537 fr.

Importations .

Exportations.

Importations, , Exportations. .

529,982 fr.

Ainsi, le mouvement commercial de Mayotte qui, en 1852, n’a donné qu’un chiffre de 343,345 francs, s’est élevé en neuf ans à 1,787,161 francs. Encore la valeur des marchandises réexportées invendues, montant à 136,863 francs, n’est-elle pas comprise dans ces 1,787,161 francs.

Le commerce par navires français est compris dans le mouvement de 1861 pour une valeur de 1,616,408 francs, et par navires étrangers pour une valeur de 170,753 francs.

Articles dHmportation.

Le riz, les bœufs, venant de la côte orientale d’Afrique, de Madagascar, des Comores;

Les moulins et machines à sucre, le fer, les vins, les spiritueux, les briques, les fruits et la poudre de traite, les faïences, les étoffes de coton, les ustensiles de ménage, etc., venant de France et de la Réunion ;

Le charbon, venant d’Angleterre, etc.

Articles 6! exportation.

Sucre, cocos, huile de coco, noix d’arec, rhum, curiosités du pays, etc.

De 1852 à 1861, le mouvement de la navigation s’est présenté comme suit :

Entrée,

74 navires, 3,513 tonneaux.

96 navires, 4,365 tonneaux.

ILE MAYOTTE.

97 navires, 3,340 tonneaux.

97 navires, 3,423 tonneaux.

i06 navires, 5,948 tonneaux.

iOO navires, 6,936 tonneaux.

88 navires, 8,034 tonneaux.

117 navires, 6,589 tonneaux.

154 navires, 8,113 tonneaux.

Sortie.

71 navires, 3,317 tonneaux.

100 navires, 3,713 tonneaux.

97 navires, 3,040 tonneaux.

73 navires, 4,327 tonneaux.

108 navires, 5,640 tonneaux.

102 navires, 6,901 tonneaux.

82 navires, 7,538 tonneaux.

1860 (moins le 3® trimestre).

79 navires, 5,063 tonneaux.

144 navires, 7,740 tonneaux.

Le mouvement maritime de 1861 se décompose ainsi.

Entrées.

Navires français au long cours, venant de France ou de

la Re'union 13

— Hommes d’éqnipage 190

Boutres ou caboteurs du pays. 36

— Tonnage 1,009

— Hommes d’équipage... 629

Boutres ou caboteurs étrangers 105

— Tonnage 3,459

— Hommes d’équipage .... 1,760

Sorties.

Navires français au long cours, allant h Nantes et à Marseille 12

— Tonnage 3,414

— Hommes. 175

Boutres ou caboteurs du pays 38

— Tonnage 1,014

— Hommes 547

Boutres ou caboteurs étrangers 94

— Tonnage 3,310

— Hommes 1,652

A Mayotte et dépendances, le régime commercial jouit d’une franchise entière. Toutefois, par mesure de police, le commandant supérieur peut restreindre l’introduction des spiritueux.

Les cafés, sucres et autres denrées coloniales, accompagnés de certificats attestant leur origine, sont admis en France aux droits spéciaux accordés aux produits de la Réunion.

Page 1