‹ Les colonies françaisesChapitre 140 sur 315 · CHAPITRE ü · texte numérisé non relu

CHAPITRE ü

Configuration de Nossi-Be'. — Montagnes. — Sol. — Eaux. — Iles environnantes. — Anses. — Baies. — Climat. — Vents. — Pluie. — Marée. — Courants.

Nossi-Bé a la forme d’un quadrilatère irrégulier. La presqu’île de Navetch et le morne Loucoubé la prolongent, la première au nord, le second au sud.

ILE DE NOSSI-BÉ

De la pointe d’Ampourach à la pointe sud de Loucoubé, la plus grande longueur de l’île est de 22 kilomètres ; sa plus grande largeur d’Angouroukarani à Diamakaba, est de 15 kilomètres.

La totalité de Nossi-Bé présente une superficie de 19,500 hectares. Au chapitre relatif à l’agriculture, on verra qu’il n’a guère, jusqu’ici, été tiré parti que d’environ 6,000 hectares.

Trois groupes distincts composent le système des montagnes de Nossi-Bé :

Le groupe du centre, dont le plus haut sommet, le Tané- Latsak, s’élève à 500 mètres ;

Le groupe du nord, qui comprend les montagnes de Navetch et d’Ampourach ;

Le groupe du sud auquel appartient le morne Loucoubé, point culminant de l’île, haut de 600 mètres, découpé de ravines profondes, et dominant une belle forêt qui couvre toute la côte sud.

La constitution géologique de Nossi-Bé présente aussi trois séries distinctes, correspondant aux trois groupes de montagnes ci-dessus.

La série du centre, essentiellement volcanique, et comprenant les trois quarts de l’île, est formée d’épaisses coulées de laves basaltiques et trappéennes , recouvertes dans divers endroits par des couches de matières arénacées, de tufs et de rapillis vofbaniques.

La seconde, celle du nord, est formée de grès rouge ou jaune, traversés par des filons ou massifs de gneiss et de quartz.

La troisième, celle de Loucoubé, se compose de roches gra. nitiques, de gneiss, de micaschistes, de schiste ardoisé et d’argile plastique. {Notices, etc.)

Les principaux cours d’eau sont au nombre de trois; ce sont le Djabala, l’Andrian et l’Ankarankeni .

Le Djabala coule à l’ouest ; c’est le plus important de tous; il passe au pied du plateau de Hellville ; la mer le remonte jusqu’à trois kilomètres au delà de son embouchure et le rend navigable en canot, sur une certaine distance.

L'Andrian et l’Ankarankeni coulent à l’est.

En outre de ces cours d’eau, une foule de ruisseaux et torrents sillonnent les ravins sans nombre dont File est déchirée.

Toute l’année, l’eau de ces rivières et ruisseaux est potable.

Une source d’eau thermale sulfureuse se trouve sur la rive

gauche du Djabala. Sa température s’élève à 44® cent.; elle contient en dissolution de Tacide carbonique et de l’acide sulfhydrique.

Les cratères d’effondrement de quelques montagnes de l’île ont donné lieu à des lacs, de forme circulaire, au nombre de neuf. Pendant la saison sèche, leur niveau s’abaisse de 0“,70 à i mètre.

Les marais formés par les eaux de la mer sont plus nombreux que les marais formés par l’eau douce. Les marais de Youriki renferment des sangsues plus petites que les nôtres.

Quelques petites îles ou îlots environnent Nossi-Bé. Les principales sont Nossi-Gumba et Sakatia.

Nossi-Gumba, située au S.-E. de Nossi-Bé, en est séparée par un canal de 2,600 mètres. C’est un pâté de montagnes. L’un de ses deux sommets à une hauteur de 622 mètres. Dans les ravines, la végétation est magnifique; dans le S.-E., on remarque plusieurs grands villages.

Sakatia est un îlot séparé de Nossi-Bé par un kilomètre. Il est inhabité ; mais les propriétaires sakalaves de Nossi-Bé s’y rendent fréquemment ; ils y ont des plantations de manioc, de patates, etc.

Le meilleur mouillage de Nossi-Bé se trouve entre la partie méridionale de cette île, la côte N. -O. de Nossi-Gumba et la petite île de Tani-Kali. «

Les deux anses, celles d’Hellville et du plateau, sont bonnes, mais peu spacieuses.

Les autres anses et baies, où les bâtiments pourront trouver un abri, sont surtout celles de Vatou-Zavavi, de Linta, de Tendraka^ sur la côte E., et de Fontaka, au N. -O.

La température n’offre pas de variations très-grandes. Le thermomètre, pendant la belle saison, se tient entre J 9® et 26® ; pendant Lhivernage (de novembre à avril), il marque de 28® à 31°.

La moindre élévation du baromètre a lieu en janvier; il marque 0““,754. Sa plus grande a lieu en juillet; il marque 0'““,765.

c( A Nossi-Bé, les moussons de N.-O. et de S.-E., si constantes dans le canal de Mozambique, ne se font pas sentir d’une manière directe.

« De mai à novembre, les vents sont assez réguliers. Le matin, généralement, il règne une petite brise qui souffle quelquefois du N., mais bien plus souvent du S.-E. ou du S. -S.-E. Vers

ILE DE NOSSI-BÉ

40 heures, cette brise mollit considérablement, et il est rare qu’il n’y ait pas alors un moment de calme; si, au contraire, elle persiste, elle passe au S., puis au S. -O. pour s’établir d’une manière définitive à rO., vers midi ou une heure du soir. Cette brise du large, faible d’abord, ne tarde pas à devenir plus forte et souffle jusqu’à la nuit. Le calme qui lui succède dure très-souvent toute la nuit. D’autres fois, au contraire, une bonne brise de N. ou de N. -O. souffle jusqu’au matin. Telle est la marche ordinaire des vents pendant la belle saison.

« Pendant l’bivernage, il en est tout autrement ; on observe beaucoup moins de régularité dans les brises qui manquent fort souvent.

« Quelquefois, cependant, la brise du large (d’ouest) se lève vers 2 heures du soir, mais elle est bientôt remplacée par la bourrasque qui précède les grains journaliers de cette saison. » {Notices^ etc.)

La quantité de pluie tombant annuellement à Nossi-Bé est considérable. Elle a été, du 1®’’ juilltt 1855 au 30 juin 4856, de 3“,258. Le minimum a été de 0“,044 en mai, et le m.aximum de 0“,870 en janvier.

Pendant les mois de janvier, février et mars, l’île est traversée journellement par des nuages électriques. Beaucoup vont éclater sur le plateau d’Hell ville. ' '-318

Les marées ont une grande régularité. La dorée du flot et celle du jusant sont égales. A 4 b. 36 m., les jours de nouvelle et de pleine lune, la marée s’établit ; aux équinoxes, la mer marne de 4“,49.

La configuration des côtes fait varier les courants de direction et de vitesse. Généralement, le flot porte à l’E. et le jusant à l’O., avec une moyenne de 0“,5 à 4“,5, rarement au delà, sauf dans le chenal, entre Nossi-Cumba et la Grande-Terre, où, dans les grandes marées, le flot atteint jusqu’à 2 mètres et 2“,5.

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