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CHAPITRE PREMIER

Coup d’œil historique.

Nos-Bé, ou, suivant la prononciation des indigènes, Nossi-Bé, est la plus grande des îles de la côte N. -O. de Madagascar. On l’appelle aussi Variou-Bé, c’est-à-dire grande île.

Elle est située par 13° 10' 44'' et 13°24'46" de latitude méridionale, et par 46° 04' 32" et 43° 53' 47" de longitude orientale.

Cette île, ainsi que les autres petites îles environnantes, reconnaissait autrefois l’autorité des rois Sakalaves de la côte N. -O. de Madagascar. Elle appartenait au territoire d’Ankara, presqu'île N. -O. de Madagascar, et c’est par le roi d’Ankara, Tsimiare, et par la reine des Sakalaves, Tsioumeik, que Nossi-Bé fut concédée à la France.

Les rois sakalaves, d’après les Notices de la marine^ dont la • famille était la plus an'cienne de la grande île, ont régné sur la moitié de Madagascar. Yiliiny, l’une des reines de cette race, avait conquis toute la côte ouest, et plusieurs provinces de l’est et de l’intérieur étaient ses tributaires ; elle mourut en 1811.

Andrian-Souli, dont nous avons déjà parlé à propos de Mayotte, était son petit-fils.

Lorsque, battu par les Hovas, il se réfugia à Mayotte, en 1832, il céda ses droits à sa sœur, Ouantitzi, qui mourut elle-même quatre ans après.

Sa nièce, la jeune princesse Tsioumeik, alors âgée de huit ans, seul rejeton de la famille régnante, fut proclamée reine des Sakalaves, le 5 avril 1836.

Les hostilités recommencèrent bientôt entre les Hovas et les Sakalaves, et ceux-ci demandèrent des secours à l’iman de Mas-

ILE DE NOSSI-BÉ

cate, qui leur envoya 150 hommes de troupes pour tenir garnison à Bavatoubé. Mais la division s’étant mise parmi les chefs arabes, ces troupes se rembarquèrent pour Mascate.

Réduits à leurs seules forces, les Sakalaves se décidèrent à quitter la grande terre où ils ne se sentaient pas en sûreté, et se réfugièrent en masse, avec leur reine, à Nossi-Bé, dont la population fut ainsi augmentée de 5,000 à 6,000 âmes. Le mouvevement s’opéra dans les premiers jours de mai 1839.

Les arrivants se portèrent sur divers points de l’île, principalement au sud et à l’est, et de nombreux villages s’élevèrent.

Peu de temps après, le 29 septembre 1839, le brick de guerre français, le Colibri, mouilla dans les eaux de Nossi-Bé. Ce navire avait à bord M. Passot, capitaine d’infanterie de marine, qui était chargé d’explorer cette île.

La reine Tsioumeik et les chefs sakalaves, craignant un retour offensif des Hovas, prièrent M. Passot de faire connaître au gouverneur de Bourbon leur désir de se mettre sous la protection de la France et de le supplier de leur envoyer promptement les renforts nécessaires.

En 1840, M. Passot, après avoir fait agréer au gouverneur de Bourbon (Réunion), M. de Hell, les propositions de la reine Tsioumeik, revient à Nossi-Bé. Une convention fut signée, par laquelle la reine céda à la France tous ses droits de souveraineté sur le Bouéni (province de la côte N. -O. de Madagascar) et les îles dépendantes (Nossi-Cumba, Nossi-Faly, Nossi-Mitsiou).

M. F. Gouhot, capitaine d’artillerie de marine, fut, l’année suivante, nommé commandant particulier de Nossi-Bé par le gouverneur de Bourbon.

De 1842 à 1849, des colons européens se rendirent de Maurice et de Bourbon (Réunion) à Nossi-Bé. Ils y commencèrent l’œuvre de colonisation.

En 1849, l’île fut attaquée par des pirates et des insulaires de Madagascar. Mais la résistance fut énergique ; les assaillants furent repoussés par la garnison. Des travaux de fortification, promptement élevés, protègent efficacement aujourd’hui la colonie. — Depuis lors, une tranquillité complète n’a cessé d’y régner.

Commandants, de Nossi-Bé.

1841 . Gouhot (F.), capitaine d’artillerie de marine, commandant particulier.

1843. Rang (P.-G.-A.-L.), capitaine de corvette, commandant

supérieur de Nossi-Bé et dépendances. ,

1844. Morel (G. -A. -J.), capitaine adjudant-major d’infanterie

de marine, commandant particulier.

1845. Lamy (H.-M.), capitaine d’infanterie de marine, id.

1847. Sonolet (E.-H.), lieutenant de vaisseau, id.

1848. Lamy (H.-M.), capitaine d’infanterie de marine, id. 1848. Marchaisse (J.), capitaine d’infanterie de marine, id.

1850. Desbeaux (P. -J.), lieutenant d’infanterie de marine,

commandant particulier par intérim.

1850. Raoult (L.-J.-M.), aide-commissaire de la marine, commandant particulier par intérim.

1850. Berg (A.), enseigne de vaisseau, commandant particu-

lier.

1851. Lapeyrre-Bellair (J. -T.), capitaine d’artillerie de ma-

rine, id.

1852. Harmand (V.), lieutenant d’artillerie de marine, id.

1853. Brisset(A.), capitaine d’infanterie de marine, id.

1853. Dupuis (J.-T.), capitaine d’infanterie de marine, com-

mandant particulier par intérim. '■

1854. Arnoux (L.-A.-E.), capitaine d’artillerie de marine,

commandant particulier par intérim.

1855. Girard (H. -A.), aide-commissaire de la marine, com-

mandant particulier par intérim.

1855. Septans (M.), capitaine d’infanterie de marine, commandant particulier par intérim.

1855. Dupuis (J.-T.), capitaine d’infanterie de marine, commandant particulier, sous l’autorité du commandant supérieur de Mayotte et dépendances.

1860. Dérussat, commissaire de la marine, commandant particulier.

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