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CHAPITRE VI

Culte. — Grand séminaire, etc. — Clergé. — Communautés religieuses. — Bureaux de charité. — Ouvroir. — Hôpitaux militaires. — Hospices civils. — Maison coloniale de santé. — Instruction publique. — Petit séminaire. — Institution de Sainte-Marie. — Institut des sœurs de Saint-Joseph de Cluny. — Écoles primaires. — Écoles particulières et laïques. — Cours public. — Presse périodique.

La religion de la grande majorité des habitants de la Marti-

nique est le catholicisme. Par décret impérial du 8 décembre 1850, la colonie a été érigée en évêché.

A Saint-Pierre, siège du diocèse, il y a un séminaire où la co« Ionie entretient 16 boursiers. On y reçoit les jeunes gens qui se destinent à la carrière ecclésiastique.

Le clergé comprend : 1 évêque, deux vicaires généraux et 80 prêtres.

On compte 28 paroisses, plus une mission diocésaine.

Chaque paroisse a un conseil de fabrique, ainsi composé :

Pour les paroisses de 5,000 âmes et au-dessus, le conseil est formé de 9 membres, en dehors du maire et du curé, membres de droit ;

Pour les paroisses de moins de 5,000 âmes, le conseil est formé de 5 membres seulement.

Les communautés religieuses sont au nombre de quatre :

1® Les Pères du Saint-Esprit, qui dirigent le grand et le petit séminaire ;

2® Les Frères de l’institut de Ploermel, au nombre de 50, voués à l’instruction.

3® Les sœurs de Saint-Joseph de Gluny, au nombre de 86, vouées à l’instruction;

4® Les sœurs de Saint-Paul de Chartres, au nombre de 37, vouées au service des hôpitaux.

La colonie possède 27 bureaux de charité, surveillés par un conseil de surveillance.

Ce conseil se compose du président de la cour impériale, président, d’un vicaire général, du trésorier de la colonie, du premier médecin en chef de la marine, du chef du bureau des cultes, inspecteur de l’assistance publique, de deux membres du conseil général, de deux habitants notables.

Une dame charitable, madame Vaillant, a fondé à Port-de- France un ouvroir pour les jeunes filles. Il est dirigé par trois sœurs de Saint-Paul. Les orphelines y sont élevées et instruites gratuitement ; à leur sortie, elles reçoivent un trousseau et une somme d’argent. — L'ouvroir est placé sous le contrôle d’un comité de 30 dames.

La Martinique a deux hôpitaux militaires, une succursale, deux hospices civils, des établissements pour les convalescents, etc.

L’hôpital militaire de Fort-de-France contient 335 lits ; celui

de Saint-Pierre en renferme 223. La succursale de l’hôpital de Fort-de-France est située de l’autre côté de la rade, à la pointe du Bout.

Les hospices civils sont établis à la Trinité et au Marin; 34 lits y sont à la disposition de l’Administration pour les salariés de rÉlat.

Les malades ou les convalescents dont la santé réclame l’usage des eaux thermales sont dirigés par le gouvernement sur les établissements hospitaliers des Pitons.

Aux hôpitaux sont attachées dix-neuf sœurs de la congrégation de Saint-Paul de Chartres.

Fort-de-France est le siège d’un conseil de santé ; Saint- Pierre, d’une commission de santé, et chaque hôpital a une commission sanitaire.

Le service de santé comprend : 1 premier médecin en chef,

1 second médecin en chef, 3 chirurgiens de P® classe, 5 de 2® classe, 5 de 3® classe, 1 pharmacien de P® classe, 1 de 2® classe,

2 de 3® classe.

Les hospices civils reçoivent :

l®Les indigents, malades, les infirmes, les vieillards indigents, les enfants trouvés et abandonnés;

2® Les prisonniers malades et les aliénés dont l’état est encore indécis ;

3® Les individus qui demandent à y être traités à leurs frais ;

4® Les salariés de l’État (officiers, soldats ou assimilés), dans les localités où il n’y a point d’hôpital militaire.

On compte six de ces hospices : à Fort-de-France, à Saint- Pierre, à la Trinité, au Saint-Esprit, au Marin, à la Grande- Anse,

L’administration en est confiée à un conseil composé des maires, du curé de la paroisse, de trois habitants notables . Il est présidé par le maire de la commune où est établi l’hospice.

Ces divers établissements sont desservis par un chirurgien de la marine, 3 médecins civils, 2 aumôniers, et 13 sœurs de Saint- Paul de Chartres.

Les établissements thermaux situés aux Pitons du Garbet et au Prêcheur sont, en outre, très-fréquentés.

Les aliénés reçoivent des soins spéciaux dans la maison coloniale de santé, fondée en 1837 par M. Lemaire. On y compte une soixantaine d’incurables.

Les établissements d’instruction publique sont au nombre de 78. Sur ce chiffre, 38 sont consacrés aux garçons et 40 aux filles.

En outre, il existe 8 salles d’asile pour les garçons et 7 poulies filles.

Une commission, chargée de délivrer un certificat d’aptitude aux aspirants au baccalauréat ès lettres ou ès sciences, a été instituée en 1857. Les élèves, porteurs du brevet que la commission délivre gratuitement, peuvent prendre les quatre premières inscriptions près des Facultés de droit ou de médecine, avant d’avoir définitivement obtenu le diplôme de bachelier.

Quelques détails sur les divers établissements d’instruction de la colonie.

Le petit séminaire, fondé à Saint-Pierre, en 1851, par Mgr Le Herpeur, comptait, en 1862, 273 élèves, dont 116 pensionnaires, 109 demi-pensionnaires et 48 externes; on y suit exactement le programme de l’Université. Des cours d’instruction professionnelle y sont faits.

L’Institution de Sainte-Marie, à Fort-de-France, succursale du petit séminaire de Saint-Pierre, avait, en 1862, 179 élèves. L’enseignement littéraire ne va que jusqu’à la cinquième. L’enseignement commercial qu’on y donne en outre embrasse, avec la langue française, les éléments des mathématiques, de la physique, du droit commercial, de la tenue des livres, de l’histoire et delà géographie.

Vingt et une écoles primaires, dirigées par les frères de Ploërmel, sont entretenues aux frais du gouvernement dans les différentes communes; 2,092 garçons ont fréquenté ces écoles, pendant le premier semestre de 1863 ; 2,341 adultes ont assisté aux instructions du soir et du dimanche; 18,708 ont reçu l’instruction des frères catéchistes.

La rétribution scolaire est de 1 fr. à 10 fr. par mois.

Les sœurs de l’institut de Saint- Joseph de Gluny dirigent 22 établissements.

Leur pensionnat de Saint-Pierre est très-renommé. Les jeunes filles des meilleures familles de la Martinique y sont élevées pour la plupart. Le gouvernement y entretient des élèves boursières; 103 élèves y recevaient l’instruction au commencement de 1863.

Ce pensionnat a deux annexes: un externat et un orphelinat;

plus au centre de la ville, pour les enfants des parents peu aisés, une succursale-externat.

Les mêmes sœurs dirigent aussi, à Fort-de-France, un externat qui compte une centaine d’élèves; deux écoles primaires à Saint- Pierre, une à Fort-de-France, et 15 autres dans les diverses communes ; l,456jeunes filles derace noire ou de couleur ont fréquenté ces 18 écoles en 1863.

La colonie compte encore 14 écoles particulières et laïques pour les garçons, et 17 pour les filles: le collège Saint-Louis, une école dès arts et métiers, etc., à Fort-de-France,

En 1864, un cours public sur les sciences et leurs applications a été ouvert à Fort-de-France.

Trois journaux : le Messager^ journal officiel, le Propagateur et les paraissent deux fois la semaine. Le premier se

publie à Fort-de-France, les autres à Saint-Pierre.

V Annuaire de la colonie^ le Bulletin officiel des actes du gouvernement, complètent la publicité coloniale.

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