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CHAPITRE PREMIER

Historique.

La Guadeloupe et dépendances appartiennent au groupe des Petites-Antilles ou Iles du Yent.

Leur situation géographique est entre 15° 57' et 16° 31' latit. N. ; entre 63° 32’ et 64° 9' long. O.

La distance qui sépare la Guadeloupe du port de Brest est évaluée à 1,250 lieues marines.

En novembre 1593, lors de son second voyage en Amérique, Christophe Colomb découvrit le groupe d’îles qui se compose de la Guadeloupe, de Marie-Galante, des Saintes et de la Désirade.

Plus d’un siècle s’écoula avant qu’on songeât à tirer parti de ces îles. On les abandonnait aux Caraïbes. Enfin, en 1635, Charles Lyénard, sieur de l’Olive, lieutenant du gouverneur de Saint-Christophe, et Jean Duplessis, sieur d’Ossonville, représentant la Compagnie des îles d’Amérique, se rendirent à la Guadeloupe et en prirent possession.

Duplessis avait su se concilier les Caraïbes par son esprit de modération; mais il vint à mourir, et l’Olive, moins prudent, déclarala guerre aux indigènes. Elle dura jusqu’en 1660. A cette date, un traité de paix fut conclu entre les belligérants, et les Caraïbes se retirèrent, les uns à la Dominique, les au tres à Saint- Yincent.

En 1649, la Compagnie fut obligée de vendre ses possessions d’Am.érique. Le marquis de Boisseret et le gouverneur Houel, son beau-frère, achetèrent la Guadeloupe et dépendances pour 60,000 livres tournois, plus une redevance de 600 livres pesant

de sucre par an. Les acquéreurs devinrent donc à la fois propriétaires et seigneurs de ces îles qui, toutefois, ne cessèrent pas de faire partie de la Lieutenance générale des îles de FAmérique.

Cet état de choses dura quinze ans, après quoi Louis XIY, fatigué des plaintes et des désordres auxquels donnaient lieu les exactions des seigneurs propriétaires, racheta les îles, moyennant 425,000 livres tournois.

La Compagnie des Indes occidentales fut alors créée par Colbert; mais cette compagnie n’ayant pas mieux réussi que sa devancière, le roi prononça, en 1674, sa dissolution et réunit les îles au domaine de l’État.

Les progrès furent lents à la Guadeloupe. En 1669, elle avait été mise sous la dépendance de la Martinique, siège du gouvernement général des Antilles. Les bras, de préférence, se portèrent vers la Martinique.

Quoique les Anglais eussent échoué, en 1691, dans leur tentative contre la colonie, ils avaient causé des désastres dont on eut quelque peine à se remettre. Leur seconde tentative contre la Guadeloupe, inutile comme la première, eut aussi des résultats fâcheux.

Ce ne fut donc guère qu’à partir de la paix d’Utrecht (1713), que la colonie put prendre son essor.

La prospérité laissait peu à désirer quand, en 1744, la guerre entre l’Angleterre et la France vint de nouveau mettre en question l’existence de la colonie. Après une résistance héroïque, après un siège de quatre mois, la garnison française, trop inférieure aux assiégeants, dut se rendre, et la domination anglaise commença.

Elle dura un peu plus de quatre années.

Le traité du 3 novembre 1762 rendit à la France ses possessions auxquelles, dès lors, on donna une administration indépendante de celle de la Martinique, Quelques années après, en 1769, sous le gouvernement du général comte de Malartic, on réunit de nouveau l’administration des deux îles, mais on les sépara, en 1775, époque à laquelle M. de Malartic quitta ce gouvernement pour celui des établissements français à l’est du cap de Bonne-Espérance. Il choisit, en 1792, Fîle de France, pour chef-lieu de son gouvernement, et rendit de si grands services à cette île et à Bourbon, qu’après sa mort les habitants lui élevèrent

un monument où on remarque cette inscription : Au sauveur de la Colonie,

En 1789, la Guadeloupe avait atteint un très-îiaut degré de prospérité. La révolution lui fut fatale. Aux désordres intérieurs vinrent s’ajouter les calamités de la guerre étrangère. Les Anglais se rendaient maîtres de l’île le 21 avril 1794.

Obligés delà rendre, après sept mois d’une lutte acharnée, au commissaire de la Convention, Victor Hugues, qui déploya dans ces circonstances une indomptable énergie, les Anglais devaient y revenir, deux fois encore, et la reprendre en 1810 et en 1815.

En 1801, la guerre civile éclata. Le capitaine général Lacrosse dut se retirer. Le général Richepance, envoyé de France avec 3,500 hommes, eut en un mois rétabli l’ordre, réintégré le contreamiral Lacrosse dans ses fonctions, et la loi du 30 floréal an X (20 mars 1802), qui maintenait l’esclavage dans les colonies, acheva la pacification.

Pendant la guerre qui suivit la rupture de la paix d’Amiens, la Guadeloupe arma des corsaires qui firent subir à l’Angleterre des pertes énormes et lui procurèrent des ressources inespérées en esclaves, en denrées et en argent. Malheureusement, en 1810, le vice-amiral Goclirane et le lieutenant général Beckwith, à la tête de 5,000 hommes, purent s’emparer de la Guadeloupe, qui ne fut rendue à la France que quatre ans après, lors du traité de Paris (30 mai 1814).

Pendant les Cent-jours, l’émotion fut grande dans la colonie. Hans la crainte de retomber sous la domination anglaise, elle se rallia au régime impérial. C’était courir au-devant de la catastrophe que l’on voulait éviter. Les Anglais, en effet, se rappelant tous les désastres que la colonie leur avait fait subir autrefois, profitèrent de ce que la garnison ne se composait que de 475 hommes et débarquèrent au nombre de 700. Il fallut se rendre,

La chute définitive de Napoléon amena la remise de la colonie au nouveau gouvernement français (24 juillet 1816).

Gouverneurs.

1635. De l’Olive et Duplessis, gouverneurs, au nom des seigneurs delà Compagnie des îles de l’Amérique.

1635. De l’Olive, seul, après la mort de Duplessis.

1637. De l’Olive, capitaine général.

1640. Aubert, gouverneur pour la Compagnie.

1643. Houel, gouverneur et sénéchal.

1644. Marivet, gouverneur intérimaire.

4645. Houel, gouverneur^ devenu, par acquisition de la colonie avec le marquis de Boisseret, seigneur de la Guadeloupe, de la Désirade, de Marie-Galante, des Saintes. 1664. Ducoudray, gouverneur intérimaire pour la nouvelle compagnie, la Compagnie des Indes occidentales. 1664. Dulion, gouverneur.

1669. Réunion du gouvernement de la Guadeloupe à celui de la Martinique.

1674. Réunion des îles au domaine de TÉtat.

1677. Hincelin, gouverneur, sous l’autorité du gouverneur général des îles et terre-ferme de l’Amérique.

1695. Auger.

1703. DeBoisfermé, gouverneur intérimaire .

1704. De la Malmaison, gouverneur.

1717. Lagarrigue de Savigny, gouverneur intérimaire.

1719. De Moyencourt, gouv.

1728. Giraut du Poyet, gouv.

1734. De Lamage, gouv.

1737. De Clieu, gouv.

1749. De Lafond, gouv. intér.

1750. De Clieu, gouv.

1752. De Lafond, gouv. intér.

1753. Mirabeau (le chevalier de), gouv.

1757. Nadau du Treil, gouv.

1759. Prise de la colonie par les Anglais.

1759. Krumpt (le colonel), gouv. anglais.

1761. Campbell Dalrymple, gouv. anglais.

1763. De Bourlamarque, gouverneur général.

1764. Copley (le baron), gouv. intér.

1765. De Nolivas (le comte), gouv. génér.

1768. De Malartic, gouv. génér.

1769. De Bouillé, gouv. de la Guadeloupe.

1771. Dion (le chevalier).

1773. Tilly (le comte de^ gouv. intér.

1775. D’Arbaud (le comte), lieutenant général, gouverneur. 1782. De Damas (le vicomte), id.

1784. Beaumé de Sauîais, gouv. intér.

1786. Micoud (le comte de), id.

1792. D’Arrot (le vicomte), id,

1793. Lacrosse, gouverneur.

1793. Collot.

1794. Hugues (Victor), commissaire délégué par la Convention

nationale.

1793. Hugues, Goyrand etLebas, id.

1796. Hugues et Lebas, id.

1797. Hugues, seul,

1798. Desfourneaux (le général), agent particulier du Direc-

toire.

1799. Pâris (le général), Danan et Rocbe-Rupez, membres du

gouvernement provisoire.

1800. Jeannet, Baco et Lavaux, agents particuliers.

1800. Bresseau, Jeannet, Baco, id.

1800. Jeannet et Bresseau, etc.

1801. Lacrosse, capitaine général.

1801. Pélage, Prasans, Danois et Corneille, membres du gou-

vernement provisoire .

1802, Richepance, général en chef de l’expédition destinée à

réintégrer le général Lacrosse.

1802. Lacrosse, capitaine général.

1803. Ernouf, id.

1810. Sir Georges Beckwith, gouv. anglais.

1810. Sir Hugh Lyle Carmichael, id.

1810. Sir Cocbraiie, id.

1813. Sir John Shinner, id.

1816. De Lardenoy (comte), gouverneur général.

1823. Jacob (le contre-amiral), id.

1826. Vatable (baron), gouv. intér.

1826. Angot des Retours (baron), gouverneur.

1830. Vatable (baron), id.

1831. Arnous-Dessaulsay, id.

1837. Jubelin, id.

1841. Goubeyre, id.

1845. Varlet, id. intérim.

1845. Layrle, id.

1848. Gatine, commissaire général de la République.

1848. Fiéron (le colonel), gouverneur.

1849. Fabvre, capitaine de vaisseau, gouverneur , sous l’auto-

rité du gouv. général des Antilles.

1849. Fiéron, (colonel), gouverneur.

1851. Chaumont (le colonel), id.

1851. Aubry-Bailleul, capitaine de vaisseau, gouverneur. 1853. Aubry-Bailleul, id.

1853. Guillet, commissaire général, gouverneur intérim.

1854. Bonüls, capitaine de vaisseau, gouverneur.

1856. Guillet, comm. général, gouv. intér.

j857. Toucliard, capitaine de vaisseau, gouverneur.

1859. Bontemps, gouv. intérim.

1860. Frébault, gouverneur.

1862. De Formel, gouv. intér.

1862. Frébault, gouv.

1864. Desmazes, ordonnateur, gouv. intér.

1864. De Formel, gouverneur.

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