CHAPITRE IV
GouverDement. — Services divers. — Contrôle colonial. — Effectif militaire. —
Station locale. — Justice. — Culte. — Assistance publique. — Instruction publique.
Le gouvernement local est composé d’un gouverneur, d’un conseil privé, d’un conseil général, de trois chefs d’administration et d’un contrôle colonial.
Un délégué, élu pour trois ans par le conseil général^ représente la colonie près du comité consultatif à Paris.
Nous avons vu précédemment, en parlant de la Martinique, quelles sont les attributions du gouvernement de cette colonie; le gouvernement de la Guadeloupe a des attributions identiques.
Au commencement de 1864, le personnel de l’administration de la marine était ainsi composé :
1 commissaire de la marine, ordonnateur;
3 commissaires adjoints; 10 sous-commissaires; 9 aides commissaires et 10 commis de marine.
Ces 33 fonctionnaires et employés formaient le secrétariat de l’ordonnateur et cinq bureaux, siégeant à la Basse-Terre.
A la Pointe-à-Pître, à Marie-Galante, aux Saintes et à Saint- Martin, il y avait, en outre, quatre chefs de service de la marine.
Le service des ports comprend :
1 capitaine et 1 maître de port à la Pointe-à-Pître;
1 lieutenant de port au Moule;
1 lieutenant de port à Marie-Galante ;
1 maître de port à Saint-Martin ;
8 pilotes, 24 canotiers, 1 gardien, 10 gardiens-allumeurs des phares et fanaux.
Le service du Trésor public comprend :
1 trésorier payeur; 1 chef de comptabilité; 1 caissier (à la Basse-Terre) ; 1 trésorier particulier et 1 caissier (à la Pointe-à- Pître).
Le service de santé, outre les sœurs hospitalières, comprend :
1 premier médecin en chef, 1 second médecin en chef, 3 chirurgiens de U® classe, 4 de 2® classe, 6 de 3® classe ; un pharmacien de U® classe, 1 de 2® et 1 de 3®.
La direction de l’intérieur a son personnel ainsi composé :
1 directeur, 1 secrétaire général, 4 chefs de bureau, 5 souschefs, 10 commis; un certain nombre d’écrivains.
Ce personnel forme un secrétariat et quatre bureaux.
Le service de l’enregistrement, des domaines, du timbre et de la curatelle aux successions vacantes est dévolu à :
1 inspecteur, chef du service; 2 vérificateurs; 11 receveursconservateurs; 5 commis-receveurs; 7 agents divers.
Chacun des trois arrondissements de la colonie a un conseil de curatelle.
Le service des douanes emploie :
1 inspecteur de 3® classe, directeur provisoire ; 2 sous-inspecteurs, 1 contrôleur; 2 commis de direction, 10 vérificateurs, 1 commis général, 6 commis. — Dans le service actif, on compte : 1 lieutenant, 6 brigadiers, 5 sous-brigadiers, 40 préposés à terre, 1 patron de canot, 1 sous-patron, 24 canotiers et 10 préposés matelots .
Le service des contributions comprend, outre le trésorier payeur et le trésorier particulier :
1 inspecteur de 2® classe, chef du service ; 2 sous-inspecteurs; 1 contrôleur principal, 8 contrôleurs, 7 commis principaux, 28 commis, 19 surnuméraires, 2 vérificateurs des poids et mesures.
Le personnel de la poste comprend :
1 receveur comptable du bureau central (Basse-Terre);
1 receveur particulier (Pointe -à-Pître) ;
1 receveur (au Moule) ;
1 id. (Marie-Galante);
Plus, 2 commis, 28 buralistes, 7 facteurs.
Le personnel des ponts et chaussées comprend :
1 ingénieur colonial, chef du service ;
1 ingénieur colonial, 1 sous-ingénieur colonial ;
1 conducteur principal ; 11 conducteurs;
[ 1 chef de comptabilité; 1 dessinateur, 2 commis.
Le personnel de la police comprend :
2 commissaires de police de P® classe ;
2 id. de 2® classe ;
6 id. de classe ;
2 commissaires de police adjoints et 3 commissaires de police provisoires.
Les prisons, maisons de correction, etc., sont au nombre de treize, savoir :
A la Pointe-à-Pître : 4 pénitencier flottant.
A la Pointe-à-Pître et au Grand-Bourg (Marie-Galante) : une maison de correction et de discipline pour les individus condamnés à moins d’un an de prison et les disciplinaires ;
A la Basse-Terre : 4 maison de correction et de discipline pour les femmes condamnées à moins d’un an d’emprisonnement et pour les disciplinaires;
A rilet-à-Gabrit (Saintes) : 4 maison centrale de force et de correction pour les hommes et les femmes condamnés à plus d’an an d’emprisonnement;
A l’île Saint-Martin : dans la maison de police municipale, un quartier de correction et de discipline ;
Aux Abymes : 4 maison d’éducation correctionnelle ;
A la Capesterre, au Port-Louis, au Moule, à la Pointe-Noire, à Saint-François, au Lamentin, six prisons cantonales.
Le personnel de ces divers établissements comprend :
3 régisseurs, 3 gardiens-chefs, 40 surveillants et guichetiers, i écrivain, 3 aumôniers, 5 chirurgiens, 4 infirmiers.
L’^imprimerie du gouvernement comprend :
4 chef, i sous-chef, 4 chef ouvrier, 8 compositeurs, 5 imprimeurs, 4 relieurs, 4 lithographe, 8 apprentis.
Le personnel du contrôle colonial comprend :
4 commissaire de la marine, contrôleur colonial ;
4 sous-commissaire, chef du bureau central ;
2 aides sous-commissaires, 4 commis, 2 écrivains de marine. Le décret colonial du 20 sept. 4837, modifié par le sénatusconsulte du 5 mai 48o4, règle l’organisation municipale à la Guadeloupe.
L’administration de chacune des 32 communes de la colonie se compose d’un maire, d’un ou de deux adjoints, et de huit à vingt conseillers municipaux.
L’effectif militaire comprend 4849 hommes, non compris les milices, dont le maximum est' de 5,700 hommes (4,500 à pied et 4,200 à cheval).
La station locale comprend un aviso à vapeur et une goélette à voiles. L’effectif de ces deux bâtiments est de 430 hommes (étalmajor et équipage).
La Guadeloupe est sous l’empire des codes métropolitains.
La justice est rendue par dix tribunaux de paix, deux tribu-
naux de première instance, une Cour impériale;, deux Cours d’assises.
Tribunaux de paix .'Basse-Terre, la Capesterre, la Pointe-Noire, le Marigot, dans l’arrondissement de la Basse-Terre;
— La Pointe-à-Pître, le Lamentin, le Port-Louis, le Moule et Saint-François (arrondissement de la Pointe-à- Pitre).
— Le Grand-Bourg (arrondissement de Marie-Galante).
Tribunaux de première instance : Pointe-à-Pître et Marie-Galante.
Cour impériale : Basse-Terre.
Cour d’assises : Basse-Terre et Pointe-à-Pître.
Le nombre des officiers ministériels est de : 30 avocats et avoués, 21 huissiers, 19 notaires.
La statistique judiciaire pour la période triennale 1859-1861, offrait les résultats suivants, en moyenne et par an :
Jugements en matières civile et commerciale 1,198
Décisions en matière de simple police 8,565
Jugements en matière correctionnelle 740
— de cour d’assises 116
Le personnel du clergé catholique comprend :
1 évêque (Basse-Terre) ;
61 prêtres (Guadeloupe);
7 id. (Marie-Galante) ;
2 id. (La Désirade) ;
3 id. (aux Saintes);
2 id. (A Saint-Barthélemy, île en dehors de la colonie, mais dépendant de l’évêché) ;
2 id. (île Saint-Martin).
La Basse-Terre, la Pointe-à-Pître et Marie-Galante ont le rang d’archiprêtrés.
La Guadeloupe comprend 29 paroisses; Marie-Galante, 3; la Désirade ; 1 ; les Saintes, 2; l’île Saint-Barthélemy, 2; l’île Saint- Martin, 2.
Un pasteur méthodiste est établi à Saint-Martin ; la population de l’île appartient en partie à ce culte.
Un consistoire israélite a été aussi autorisé par décision du il mars 1852.
On compte quatre congrégations religieuses :
Les Pères du Saint-Esprit, au nombre de 47 ; ils dirigent le petit séminaire ;
Les Frères de l’instruction chrétienne ou de Ploërmel, au nombre de 58;
Les sœurs hospitalières de Saint-Paul de Chartres, au nombre de 42 ;
Les Sœurs institutrices de Saint-Joseph de Gluny, au nombre de 86.
Les Dominicains, les Capucins, les Jésuites et les Carmes ont tour à tour ou simultanément, autrefois, administré les secours de la religion catholique, à la Guadeloupe. Aujourd’hui, le clergé est presque complètement séculier.
Chacune des 32 communes possède un bureau de bienfaisance. Les bureaux ont reçu, en 1863, une somme de 174,470 francs en ont distribué une de 171,333 francs.
Un ouvroir, dirigé par les sœurs de Saint-Joseph de Cluny, reçoit les petites filles pauvres et orphelines. En 1860, une crèche a été créée.
Un jury médical, trois conseils d’hygiène publique, etc., sont établis.
La Guadeloupe a 6 hôpitaux militaires, Marie-Galante un, Saint- Martin un. — On compte, en outre, un hospice de lépreux, à la Désirade, et un hospice d’aliénés, à Sainte-Claude, cinq hospices civils, etc.
L’instruction publique est donnée dans 75 établissements.
Trente-sept de ces établissements sont consacrés aux garçons, trente-quatre aux filles, et quatre aux enfants des deux sexes.
On compte 30 écoles libres.
Écoles secondaires libres (garçons) : le petit séminaire, collège de la Basse-Terre, créé en 1852 par Mgr. Lacarrière ; deux autres institutions libres à la Point e-à-Pître.
Écoles primaires libres (garçons) : 1 externat à la Pointe-à-Pître, dirigé par les Frères; 1 externat au Moule, dirigé par les mêmes; 9 écoles primaires dirigées par des laïques.
Écoles primaires communales (garçons) : il y en a 23.
École secondaire libre (filles) : le pensionnat de Versailles, à la Basse-Terre ; école gratuite annexée au pensionnat.
Écoles primaires libres (filles) : il y en a 1 1.
Ecoles primaires communales (filles) : on en compte 22.
Ecoles primaires mixtes : 4.
Comme à la Martinique, une commission est chargée d’examiner les candidats aux brevets de capacité ès lettres etès sciences.
GUADELOUPE. ~ MARIE-GALANTE. — LES SAINTES, ETC. 419 Un cours de mathématiques usuelles est fait publiquement au Moule. La commune l’entretient à ses frais.
La presse périodique a trois organes : la Gazette officielle de la Guadeloupe, V Avenir y\Q Uommercio:/; ceux-ci paraissent à la Basse- Terre, celui-là paraît à la Pointe-à-Pître.
Un Annuaire et un Bulletin officiel des actes du gouvernement sont publiés par l’administration.