CHAPITRE VII
Industrie. — Sucre. — Forêts. — Gisements aurifères. — Vers à soie. — Briqueteries. — Pêche. — Commerce. — Régime commercial. — Statistique commerciale entre la Guyane et la France, de 1865 à 1863. — Importations. — Exportations. — Objets importés. — Objets exportés. — Réexportations. — Entrepôt. — Navigation. — Douanes.
La production et la préparation des produits du pays, l’industrie de la Guyane ne sort guère de là.
Elle possède quatorze sucreries ; mais les procédés dont on use sont arriérés ; la cuite s’y fait encore à feu nu.
Les forêts de la Guyane, disent les Notices du ministère de la marine^ offrent des ressources inépuisables aux constructions navales, à l’ébénisterie, au charronnage et aux chemins de fer. Déjà, en i82o, 1834 et 1832, d’heureux essais ont été faits pour notre marine; mais c’est surtout dans ces dernières années, que l’industrie forestière a commencé à se développer avec l’aide de la transportation. Indépendamment des chantiers établis par le service pénitentiaire, on comptait, en 1862, 24 chantiers particuliers, occupant 413 ouvriers dont 173 transportés.
On compte 76 principales espèces de bois. Les meilleures pour les constructions navales sont : l’angélique, le coupi, le bois de rose mâle, le wacapou, legrignon, le courbaril, le taoul, lebalata, le cèdre noir, etc.
La plupart de ces bois sont supérieurs, comme l’ont démontré des expériences récemment faites dans nos arsenaux, aux chênes de France et aux bois de Teck, sous le triple rapport de la duréej de la solidité et de l’élasticité.
La sève de balata fournit une gutta-percha supérieure à celle de l’Inde.
L’arbre à caoutchouc est également abondant à la Guyane, mais on ne le trouve en famille que sur la partie contestée, entre l’Amazone et l’Oyapock. On trouve encore sur une espèce de
figuier, très-abondant dans le pays, une gomme qui possède des qualités analogues à la gutta-percha.
Le palétuvier est très-commun sur le bord de tous les fleuves. Il contient 5 à7 fois plus de tannin que Técorce de chêne.
Les gisements aurifères de la Guyane méritent toute Tattention possible. Pour les exploiter, il ne faut que des bras, qui manquent encore. Outre la grande exploitation de la compagnie concessionnaire de l’Approuague, on en compte 21 autres, situées dans le quartier de Roura.
A la fin de 1862 le nombre des travailleurs occupés auxplacers était de. 369.
On a trouvé des pépites de 60, 93, 97, 188 et même de 335 grammes.
L'analyse de divers échantillons a donné, sur 100 parties :
Or. 90 à 94 parties.
Argent 4 à 10
Depuis 1860, la production de l’or natif a suivi cette progression :
1860 90,651 grammes.
L’élève des vers à soie est susceptible d’une grande prospérité à la Guyane.
En 1858, un habitant du pays, M. Michély, a entrepris des essais d’éducation à l’air libre qui ont parfaitement réussi.
Les éclosions sont échelonnées de manière à obtenir une montée tous les dix à douze jours. Le cocon est confectionné en 36 heures ; le papillon donne de 550 à 590 œufs. La nourriture de cette larve est une espèce de mûrier qui peut produire quatre récoltes de feuilles par an.
On a calculé qu’un hectare planté en mûriers pouvait donner, en quatre récoltes de feuilles, au moins 35,000 kilogr. de cocons, lesquels, à 5 fr. le kilogr., représenteraient une valeur de 175,000 fr.
Les cocons envoyés à Paris par M. Michély ont été reconnus supérieurs, pour la qualité de leur matière soyeuse, à- la plupart de ceux que l’on obtient, en France et en Italie, depuis l’invasion de l’épidémie sur les vers à soie.
GUYANE
Des sept briqueteries qui fonctionnaient en 1836, il n’en restait plus que 3 à la fin de i 863. C’est une industrie en pleine décadence.
Les rivières et les côtes de la Guyane sont très-poissonneuses. Le produit delà pèche est consommé sur place. Les lacs de l’intérieur possèdent le pirarocou ou curi^ très-abondant, dont la chair desséchée est à la fois délicate et d’une conservation longue et facile.
On èn pourrait faire un article d’exportation, comme aussi de machoiran, dont les vessies natatoires, sous le nom d’ichthyocolle, sont depuis longtemps exportées.
La colle de Machoiran, employée en Hollande et en Angleterre, à la clarification de la bière, rend moins que la colle d’esturgeon de Russie, mais elle ne coûte que 3 fr. le Idlogr.
Le régime commercial de la Guyane est soumis au décret du 24 décembre 1864.
Le port de Cayenne est ouvert aux bâtiments français et étrangers.
Les marchandises et denrées de toute nature et de toute provenance y sont admises par tous pavillons au droit de 3 p. 100. Importées par navires étrangers, elles acquittent, en outre, une surtaxe de pavillon:
10 ff. par tonneau d’affrètement, pour navires venant des pays d’Europe, et des pays non européens situés sur la Méditerranée.
10 fr. id. pour navires venant des pays situés sur l’océan Atlantique, y compris la ville du Cap et son territoire.
20 fr. id. pour navires venant d'ailleurs.
Une taxe de 10 fr. est perçue, par tonneau d’affrètement, quand le transport des produits de la colonie ou des objets importés est eftectué sous pavillon étranger, pour France, Algérie, Martinique et Guadeloupe ; de 20 fr. pour la Réunion.
L’introduction dans la colonie du poisson salé par les pêcheurs indigènes donne droit à une prime de 15 fr. par 100 kilogr.
Pour tenir lieu de l’impôt foncier, les denrées qui suivent payent des droits de douane à la sortie :
Sucre brut ou terré, les 100 kil. . .
Navire français.
0 fr. 70 c.
• Navii-e étranger.
I fr. 30 c.
Café.
Coton
Rocou
Girofle —
Griffes de girofle. . . —
Tafia, les 100 litres
Cacao, les 100 kil
Mélasse, les 1,000 kil....
Peaux de bœufs, la pièce
Le commerce de la Guyane avec la France, de 1855 à 4863, présente les chiffres suivants :
Exportations, 1,004,886
Total 5,167,141 fr”
Importations 4,725,215 fr.
Exportations • 1,471,408
Total 6,197,168 fr.
Importations 4,571,240 fr.
Exportations 1,133,690
Total 5,704,930 fr.
Importations 5,494,516 fr.
Exportations 1,081,515
Total 6,576,031 fr.
Importations 4,920,480 fr.
Exportations é ^ 4 . 469,992
Total..... 6,380,472 fr.
Pendant les mêmes années, le commerce de la Guyane avec les autres colonies françaises et l’étranger, a été comme suit :
Exportations,... 269,969
Total 7,798,605 fr.
GUYANE
Importations 1,789,327 fr.
Exportations 420,130
Total 2,209,457 fi”
Importations... 2,606,851 fr.
Exportations....» 165,726
Total 2,672,577 fr.'
Importations 3,494,998 fr.
Exportations 352,621
Total 3,847,619 fr.
Importations 3,140,800 fr.
Exportations 276,383
En d863, le commerce général de la colonie s’est élevé à
Importations.
Marchandises françaises venant de France 5,653,806 fr.
— des colonies françaises 4,052
Marchandises étrangères par navires français. . . 553,085
— — par navires étrangers. 2,583,664
Total 8,794,607 fr.'
■ Exportations.
Denrées du cru de j la France 694,564 fr.
la colonie exportées j les colonies françaises. 50,893
pour ( l’étranger 160,991
Marchandises prove- | françaises 50,188
nant des importât, l étrangères 14,312
Total 970,948 fr.
Il y a eu, en 1863, une diminution de 178,172 fr. sur 1862.
Les principales denrées et marchandises composant les importations, ont été :
Bœufs vivants (3,736 têtes).. 762,026 fr.
Mules et mulets (24 têtes) 20,100
Autres animaux vivants 30,490
Viandes salées (501,100 kil.) 747,708
Viandes apprêtées [bœuf bouilli] (192,170 kil.). 456,708
Beurres et saindoux (136,145 kil.) 317,728
Fromages (69,937 kil.) 64,763
Poissons de mer (451,790 kil.) 225,873
Farine de froment (1 ,826,340 kil.) 1;,0I0,950
Riz (428,779 kiL) 186,554
Légumes secs (407,264 kil.) 203,632
Huiles de graines et d’olives (93,149 kil.) 207,523
Tabac en feuilles (41,301 kil.) 150,972
Houille (4,165,175 kil.).. 249,916
Métaux divers (109,759 kil.) 95,834
Savons blancs (97,594 kil.) 97,594
Bougies et chandelles (29,837 kil.) 85,192
Sucre raffiné (59,400 kil.) 65,340
Vins français (1,806,076 lit.) 1,025,326
Eaux-de-vie (92,947 lit.) 105,269
Vitrifications diverses 76,180
Tissus de lin et de chanvre 309,307
— de laine 87,377
— de coton 283,648
Chaussures 132,204
Cordages en chanvre (52,887 kil.) 86,752
Machines, ouvrages en métaux divers 163,746
Mercerie, modes et articles de Paris.. 127,206
Linge et habillements 280,548
Objets divers 1,138,142
Les denrées et marchandises du cru exportées en 1863 sont
Peaux brutes (3,283 kil.) 37,351
Vessies natatoires desséchées (3,030 kil.) 12,119
Sucre brut (237,932 kil.) 97,466
Cacao brut (24,762 kil.) 28,331
Café (1,392 kil.) 3,063
Coton (1,974 kil.) 5,156
Girofle [clous et griffes] (4,522 kil.) 4,838
Muscades et vanille (73,041 kil.) 902
Bois de construction (1,225 stères) 95,771
Bois d’ébénisterie (498,096 kil.) 46,563
Rocou (167,949 kil.) 165,315
Tafia (1,387 lit.) 1,182
Citrons en saumure (432 lit.) 4,293
Graines de carapa (15,000 lit.) 4,500
Or natif (131 tii,911) 395,733
Objets divers 3,865
La réexportation a présenté, en outre, une valeur de 64,500 fr. Le décret du24 décembre 1864 a porté à un an la durée de l’entrepôt. Cayenne a un entrepôt fictif.
Les douanes ont perçu, en 1863:
Droits d’entrée 140,832 fr.
— fixes de sortie 15,184
— de pilotage 14,704
— de magasinage et d’entrepôt 1,307
Total 172,027 fr.
GUYANE
Depuis le décret du 24 décembre i864, la navigation française est seulement protégée par une surtaxe d’affrètement qui varie, on l’a vu précédemment, suivant les distances.
Le droit de francisation est de 60 fr. pour bâtiments de tOO tonneaux et au-dessous; au-dessus de 300 tonneaux, il est de 45 fr. en sus par 100 tonneaux.
Le droit de congé est de 20 fr. pour un bâtiment au long cours et de 15 fr. pour un caboteur.
Le droit de pilotage, à l’entrée comme à la sortie, est de306fr. pour les bâtiments au-dessous de 50 tonneaux; il augmente de 10 fr. par 50 tonneaux jusqu’aux navires de 200 tonneaux, et de 15 fr. par 100 tonneaux au delà de ce tonnage.
En 1863, le mouvement général de la navigation a été comme suit :
A rentrée : 114 navires ; tonnage 23,000.
A la sortie : 109 navires ; tonnage 21,784.
La France a fourni, à l’entrée : 47 bâtiments jaugeant
12,124 tonneaux ; et à la sortie : 44 bâtiments jaugeant 11,314 tonneaux.
L’étranger a offert, à l’entrée: 67 bâtiments jaugeant 10,876 tonneaux; et à la sortie : 65 bâtiments jaugeant 10,470 tonneaux.