CHAPITRE III
Étendue. — Montagnes. — • Sol. — Cours d’eau. — Caps. — Côtes^ ports, rades,
baies. — Iles dépendant de la Nouvelle-Calédonie : Lifou, Mare, üvea, Mouli et
Tika.
La Nouvelle-Calédonie occupe une superficie de 1,200 lieues carrées. Sa longueur moyenne est de 280 kilomètres et sa largeur moyenne de 55 kil.
Elle est entourée d’un récif madréporique qui se prolonge au N. et au S. d’environ 125 lieues marines.
On connaît fort peu encore la configuration géographique de l’intérieur de l’île.
Elle esttraversée du S,-E. au N.-O. par une chaîne de montagnes dont le sommet le plus élevé atteint 1,500 mètres. Les pentes en sont assez douces ; elles sont cultivables à plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer.
Ces montagnes, d’après le R. P. Montrouzier, sont formées dans le sud par des serpentines et autres silicates magnésiens qui s’étendent du cap de la Reine-Charlotte à Uaïlu, et dont les profondes échancrures forment les ports de Yaté, Port-Bouquet, Nakete, Kanala, Ruaua et Uaïlu.
Au nord de Uaïlu apparaissent les schistes argileux et ardoisés; ils occupent toute la côte jusqu’à Poébo, où ils sont remplacés insensiblement par les gneiss et les micaschistes, riches en grenats, qui composent presque exclusivement le versant N.-E. de Balade, jusqu’à l’embouchure du Diaot, les schistes ardoisés ne se montrant plus que de loin en loin, au pied des montagnes ou dans le fond des vallées.
Sur un seul point de la côte entre Yenguène et Touo, au-dessus des schistes argileux, apparaissent des calcaires grisâtres, cristallins, traversés par des filons de quartz et dont les couches sont plissées, comme satinées, presque verticales.
Malgré l’absence des fossiles, les caractères physiques, la position et les analogies avec les roches siluriennes de la Nouvelle- Hollande, permettent évidemment de les ranger dans cette formation. Ainsi, le versant N.-E. ne présente que des roches plutoniques ou de transition. Les côtes sont plus abruptes. Il n’existe pas d’autres plaines que les deltas souvent considérables formés par les torrents, dépôts absolument récents, dont la formation se continue sous nos yeux.
L’intérieur et la côte S.-O. sont moins connus et olfrent certainement plus d’intérêt. Après avoir quitté les micaschistes sur le versant S.-O. des montagnes de Balade, on trouve une deuxième série de schistes ardoisiers formant le bassin du Diaot. Ils sont traversés en tous sens, de même que les micaschistes, par des filons de quartz et de roches magnésiennes, surtout des stéatites. Plus loin se présentent des couches épaisses d’argiles blanchâtres, tachées d’ocre, des collines calcaires, des grès houillers avec trace de houille, et enfin deux séries de collines d’un calcaire dur, blanchâtre, non cristallin, entremêlé de filons de chaux spathique et de quartz blanc laiteux.
Au sud, à Yaté, au-dessus des serpentines qui forment la chaîne principale de la côte N.-E,, on trouve des argiles rouges, contenant en abondance du fer à l’état de limonite, des calcaires probablement métamorphiques, un bassin étendu des mêmes argiles rouges avec minerai de. fer, des argiles de couleurs diverses, traversées par des pegmatites, dont la décomposition forme un kaolin quelquefois pur, plus souvent taché par l’oxyde de fer. La serpentine apparaît de nouveau, formant le Mont-d’Or, et enfin les terrains houillers se montrent sur le rivage de Morari et dans les îlots voisins. Les calcaires reparaissent sur quelques points avancés, comme à l’extrémité du cap sur lequel est bâti Port-de- France.
La Nouvelle-Calédonie est sillonnée par de nombreux cours d’eau, dont le Diaot est le plus important.
Le Diaot a son embouchure au nord de l’île, dans la baie d’Harcourt en face de l’île Pam. Sa profondeur est de 2 à 3 mètres ; son cours de 40 milles. On peut la remonter jusqifà27 milles avec
NOUVELLE-CALÉDONIE
des embarcations et des chalands. Toute la vallée que traverse le Diaot présente une grande fertilité .
La Nouvelle-Calédonie compte, parmi ses principaux caps : le cap Golnett, le cap Tuo, les caps Baye, Bocage, Bégat, Dumoulin, Puareti ou Goronation, de la Reine-Charlotte, etc.
Parmi les principaux ports, rades ou haies de l’île, on doit signaler: le havre de Balade, sur la côte N. -E., qui, à cause de l’éloignement des récifs madréporiques qui entourent l’île, n’offre qu’un mouillage peu sûr; le port de Poébo, à quelques milles au sud de Balade, assez bien abrité et d’une largeur de 600 mètres ; le mouillage de Yenguène, à 26 milles au sud de Poébo ; la baie de Tiouaka, à 30 milles au sud de Yenguène ; la baie de la Bayonnaise ; le port de Bâ ; la baie de Uaïlu ; la baie de Kahala, un des plus vastes et des meilleurs mouillages de la colonie; la baie de Nakéti; la baie de Yaté; la baie du Sud ou du Prony, qui s’enfonce à 7 milles dans les terres ; la petite baie qui se trouve à l’extrémité du canal Woodin, à l’extrémité de l’île Uen, et qui offre un excellent mouillage ; les petites baies d’Uie et de Ngo ; la grande baie de Morari ou Boulari; la baie de Dumbéa; la baie de Saint-Vincent ; enfin la magnifique rade de Port-de-France, à l’entrée de la grande baie de Dumbéa, rade très-vaste, d’un accès facile et bien abritée .
Les îles qui dépendent de la Nouvelle-Calédonie, sont :
N°® 1, 2. L’île Huon et l’île de la Surprise, aux extrémités N. et S. des récifs d’Entrecasteaux.
N° 2. Le groupe Belep, formé des îlesPoot, Art etDau-Teama. — Terres hautes, peu fertiles; établissement de missionnaires.
N° 3. Le groupe de Nénéma, formé des îles Pauaba, Tanlo, landé, lenegéban, Néba, Pum, Tanlep. — Toutes sont habitées; leur richesse consiste surtout en cocotiers.
N°®4,5. L’île Pametl’îleBualabio. — La première est inhabitée; l’autre a 50 habitants.
N° 6. Groupe de la côte Est, comprenant de nombreux îlots inhabités, entre autres Fîle du Pin (elle ne possède qu’un seul arbre, un pin), importante pour la navigation, près du récif de Ti-Uaka.
N® 7. L’île des PinsouKunié, centre d’un groupe d’îlots boisés et couverts de pins. — Abord difficile ; sol ferrugineux; prairies étroites, mais très-fertiles. Autrefois centre des missions Néo- Calédoniennes,
N° 8. L’îlot Amède, où se trouve un phare de premier ordre.
N® 9. Lhle Nou ou Du Bouzet, qui, par sa situation à l’entrée de la rade de Port-de-France, contribue à former cette rade importante.
N®® 10,11,12. Les îles Hugon, DucosetLe Prédour.
N® 13. Groupe d’îlots insignifiants (Contrariété, Grimoult, Konié, etc.).
N® 14. Iles Loyalty. — Ces les, à 60 milles dans l’est, sont les plus considérables de celles qui dépendent de la Nouvelle-Calédonie. — Trois îles principales : Maré, Lifu et Uvéa, et nombreux îlots. — A Lifu, on trouve cocotiers, pins, coton, tabac, vigne, plantes rares et fleurs variées (importées), etc. La population est divisée en trois tribus, comprenant ensemble 7,500 individus. Poste militaire à Chépénébé, village principal. Sol formé d’un calcaire coquillier. — L’île Maré a son sol composé comme celui de Lifu, 4,300 habitants. — L’île Uvéa, aussi boisée que Lifou, possède plus de terres végétales et arables ; la culture y est plus avantageuse. Deux grandes tribus, comprenant ensemble 2,500 à 3,000 individus. Yaste église, construite au village de Saint-Joseph par les missionnaires. — Dans la partie sud de l’île Maré, le cannibalisme n’est pas encore entièrement détruit.