XXVII. Bourrellerie et sellerie
La sellerie et le harnachement se fabriquent dans les principales villes, à l’exception des corps de selle (e/ adam) qui se préparent dans certaines tribus dont ils sont la spécialité.
Les cuirs employés pour la sellerie indigène sont de deux qualités. Les plus belles selles sont fort souvent recouvertes de broderies en soie, en or ou en argent qui se font en plusieurs endroits, notamment à M’sila, province de Gonstantine.
Une selle sans broderies, ordinaire, avec sa bride, monte à 150 francs. Une selle et une bride brodées très-simplement vont à 250 francs. Une selle et une brides brodées et ornementées montent jusqu’à 450 francs. Les selles en velours ou cuir, complètement brodées en or et en argent {kerbsoun) s’élèvent jusqu’à 4 ou 5,000 francs ; mais il en est peu de fabriquées aujourd’hui.
XXYIII. Céréales et autres produits farineux et comestibles.
1® Blé dur. Recherché et préféré pour la préparation des pâtes alimentaires et pour la panification. Il a un poids plus élevé que les blés tendres. Il pèse souvent 86 kil. à l’hectolitre; la moyenne est de 79 à 80 kil. La farine, moins blanche que celle du blé tendre, a plus de gluten et par suite plus de qualités nutritives; elle donne aussi un rendement plus considérable en pain (140 kil. de pain pour 100 kil. de farine). On sème en novembre pour récolter dans la seconde quinzaine de mai.
2® Blé tendre. On préfère en Algérie la variété à barbes ; elle résiste mieux aux influences atmosphériques et s’égrène plus difficilement que les autres sortes.
3® Seigle. On le cultive dans les rares contrées où le sol est pauvre : 5 à 600 hectares cultivés par an.
4® Orge. Production de première nécessité en Algérie; elle remplace l’avoine dans Talimentation des chevaux, et, dans les années de disette, les indigènes en font leur principal aliment. — Tandis que les indigènes ne récoltent par hectare que 12 à 15 hectolitres, les Européens récoltent 20 à 25 hectolitres. — L’hectolitre pèse en moyenne 60 kilogr. ■ — On récolte par an 10 à 15 millions d’hectolitres.
5® Avoine. En Afrique, l’avoine doit être donnée avec ménagement aux animaux; elle les surexcite trop. Aussi Forge Fy remplace-t-elle à peu près partout.
6° Riz. Culture à peu près abandonnée pour cause d’insalubrité.
7“ Maïs. Culture en bonne voie.
8^ Millet. Cultivé surtout par les indigènes.
90 Sorgho. Culture remplie d’avenir, si l’on ne se laisse pas décourager par les quelques échecs subis. Le rendement est de 800 quintaux métriques à l’hectare. Les cannes donnent 15 p. 0/0 de sucre non raffiné, ou 50 p. 0/0 de sucre raffiné. On récolte aussi 30 quintaux de graines dont on obtient 600 litres d’alcool d’une valeur égale au 3/6 du commerce; somme toute, les résultats équivalent à ceux des meilleures cultures.
10° Farine. Depuis l’occupation française, la fabrication des farines a lieu au moyen des moulins à vent, à eau et même à vapeur. — A la mouture d’après les procédés français, les blés rendent en farine, par quintal , savoir : pour le blé dur, 78 à 80 kil. et môme 86 kil. ; pour le blé tendre, 70 à 72 kil. ; pour l’orge, environ 60 kil. par quintal.
11° Semoules, pâtes, etc. Fabrication très-prospère.