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VII. Produits des exploitations et industries forestières

1° Martinique. — Elle compte environ 20,000 hectares de bois propres à la construction, à l’ébénisterie, au charronnage et à la teinture ; mais le manque de communications et l’escarpement des lieux boisés en rendent l’exploitation difficile ; de sorte que les meilleures essences sont chaque jour transformées en charbon, sans grand profit pour les propriétaires; il est hors de doute, cependant, que la colonie pourrait fournir en planches, bardeaux et madriers, de quoi suffire à sa consommation et à celle de quelques îles voisines.

2° Guadeloupe. — L’étendue de ses forêts est de 36,000 hectares environ, y compris les dépendances des Saintes, de la Désirade, de Saint-Martin et de Marie-Galante. L’ébène verte, le laurier-rose montagne, le noyer des Antilles, le campêche, y croissent en abondance, mais ne donnent lieu, faute de chemins, qu’à de faibles exploitations ; il en est de même des nombreuses essences propres à la charpente, à la tonnellerie, au charronnage et aux constructions maritimes.

3® Guyane. — D’après un rapport de M. de Lapparent, directeur des constructions navales, il y aurait lieu de donner une

APPENDICE. 631

grande extension à l’exploitation des immenses forêts de la Guyane* dont certaines essences annoncent des qualités exceptionnelles d’élasticité et de durée. Ainsi, tandis que le chêne de France présente une élasticité représentée par 1.000 et une résistance aussi représentée par 1.000; tandis que le Teck de l’Inde, qualité supérieure^ offre une élasticité représentée par 2.000 et une résistance représentée par 1.920 ; tandis que le hêtre injecté au sulfure de cuivre donne pour élasticité 1.420 et pour résistance 1.100, on voit que les bois de la Guyane donnent :

L'angélique 2.250 (élasticité). 1.830 (résistance).

Le coupi 1.760 — 1.660 —

Le bois violet 2.250 — 2.650 . —

Le wacapou 2.000 — 2.000 —

Le balata 3.325 — 3.150 —

Le courbarilo 4.000 — 2.825 —

Le taoub 2.008 — 2.000 —

Le Saint-Martin 2.000 — 2.325 —

Le cèdre noir 1.820 — 2.325 —

Après six mois de séjour en terre ou dans le fumier, la perte de force est, pour le chêne de France, de 30 1/2 pour 100, et pour le Teck supérieur, de 16 1/2. Elle est, pour les bois de la Guyane :

Angélique. ..

Coupi

Bois violet..

Wacapou . . .

Balata

Courbaril. . . .

Taoub

Saint-Martin Cèdre noir..

4° Sénégal et dépendances.

5° Gabon. — Les forêts du Gabon sont très-riches, mais peu exploitées. Le sandal et l’ébène sont seuls l’objet d’un commerce régulier. On évalue à 40,000 tonneaux par an environ, leur exploitation sous pavillons français, anglais et américain. — La famille des légumineuses est celle qui prédomine dans la composition des forêts de ce pays.

6° Madagascar.

7° NossûBé.

8® La Réunion. — Cette colonie française possède encore aujourd’hui 57,701 hectares de forêts occupant, à une hauteur de

4 à 500 mètres, l’espace circulaire compris entre le sommet des terres cultivées et la chaîne de montagnes qui partage l’île du nord au sud ; leur sol se compose de tuf, d’argile, de scories volcaniques et de détritus végétaux ; mais il manque généralement de profondeur. Aussi les arbres, quoique se développant avec une remarquable promptitude, n^y atteignent-ils pas une grande élévation. Les plus estimés sont le petit natte, le bois puant et le tamarin des hauts ; mais à part les derniers protégés par leur position au sommet de l’île, ces précieuses essences sont devenues assez rares, soit à cause de leur emploi spécial dans les constructions, soit par suite des déprédations des maraudeurs, des incendies ou de l’établissement d» nouvelles plantations. Suivant M. Imhaus, la valeur moyenne des espèces de première qualité est de 90 à 150 fr. le mètre cube, pour les bois durs de 0“,11 d’équarrissage, de 150 à 180 fr. pour ceux de 0“,11 à 0“,22, et de 300 à 600 fr. pour les beaux échantillons dépassant cette dimension. Les madriers de 4 mètres de long sur0“,25 de large et de 0“,13 d’épaisseur reviennent à 3 et 4 fr. la pièce. Les bois durs de deuxième qualité sont cotés un tiers de moins environ ; quant aux bois blancs, ils valent à peine le tiers du prix des bois de première qualité.

La Réunion possède de beaux bois d’ébénisterie, tels que le grand natte, le pêcher marron, l’olivier, le noir de l’Inde, le bassin, etc., etc. En charronnage, les espèces préférées sont le bois noir pour moyeux et jantes, le petit natte pour rayons et ridelles, le faux benjoin pour jantes, le takamabaca pour moyeux, jantes, brancards et flèches, le tan rouge pour moyeux, jantes et attelles, le cœur bleu pour moyeux, jantes et brancards, le lilas du pays pour brancards et flèches.

Le pays possède, en outre, quantité d’essences forestières utilisables, soit en médecine, soit en teinture, soit dans l’industrie.

9° Bois de VInde française. — Le territoire des établissements français, dans l’Inde, est trop bien cultivé et trop exigu pour offrir des ressources forestières considérables. Tout déboisé qu’il est, cependant, il présente une assez grande variété d’espèces dont l’étude ne manque pas d’intérêt.

10° Bois de la Cochinchine et du Cambodge. — Les bois constituent une des richesses de la Cochinchine. Les forêts les plus considérables se trouvent précisément dans la province française de Bien-Hoa ; les autres massifs ont moins d’importance, à part

ceux des environs de Tay-Ninh, composés en grande partie d’essences résineuses dont on tire du goudron et de l’huile. Mais c’est surtout dans les bois du Cambodge que le commerce doit trouver d’importantes ressources. Leur exploitation a lieu chaque année, du mois de mai au mois de décembre^ c’est-à-dire pendant la saison des grandes eaux favorables à leur transport ; mais elle est encore bien imparfaite ; il serait à désirer de voir substituer des scieries mécaniques aux moyens grossiers employés jusqu’à ce jour par les indigènes. Un établissement de ce genre situé à Rbnôm-Peub ou à Gompong-Luong, présenterait des avantages considérables. M. Petit a envoyé une collection de 120 espèces de bois.

11° Bois des îles du Protectorat français dans V Océanie. — Les bois des établissements de Tahiti et dépendances se réduisent à peu d’espèces. Le sandal, qui faisait autrefois leur richesse, ne s’y rencontre plus qu’en petite quantité, et les seules essences exploitées aujourd’hui sont le Tamanu et le Miro dont l’usage commence à se répandre en France et en Angleterre.

12° Bois de la Nouvelle-Calédonie , — Les ressources forestières de la Nouvelle-Calédonie sont assez étendues. Les arbres les plus communs sont les Niaoulis {Melaleuca leucodendron et viridifiora]^ dont le bois ne le cède en rien à aucun autre, comme force, élasticité et puissance de durée. Viennent ensuite les Acacia spirorhis^ les Blackburnia, le Casuarina ou bois de fer., le Thespesia populnea, le Pin à mâture, le Bancoulier, et enfin le Sandal odorant, dont on ne rencontre plus sur les côtes que des sujets de faible dimension. Ces belles forêts ont été longtemps dévastées par le commerce américain et anglais, et ce n’est plus que dans l’intérieur que se trouvent les arbres séculaires ; mais elles ne peuvent manquer de reprendre^ sous la protection française, leur ancienne célébrité.

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